- 8 nov. 2022
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Amelie Grassi.
Le stress qui revient, les fichiers qui sont scrutés plus que jamais et le scénario du départ qui est envisagé avec une sacrée concentration… Chez les skippers Class40, tous sont déjà focalisés sur les premières heures de course et les nombreuses incertitudes qui vont avec. Témoignages de skippers.
Corentin Douguet.
Corentin Douguet (Queginer – Innoveo) : « une problématique très classique » « On est quand même venu là pour faire la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Ça reste une météo engagée mais sans être non plus délirant comme ça l’était dimanche dernier. Si on était parti comme prévu, on aurait pris bien cher. Maintenant, on travaille sur le départ de demain et forcément on a envie d’y aller. En début de course, on aura du près et des fronts à bien négocier. Il y aura quand même des passages avec du vent soutenu. Il faudra trouver la bonne trajectoire entre le vent soutenu, les passages moins forts… Les fichiers montrent que l’anticyclone se remet à peu près en place pour la 2e semaine mais il y a du chemin pour aller sous l’anticyclone et faire du portant. C’est une problématique très classique mais ça ne veut pas dire que ce sera facile ! »
Amélie Grassi (La Boulangère Bio) : « il va falloir mettre du rythme direct ! » « C’était vraiment raisonnable de ne pas partir dimanche mais ça nous a un peu coupé l’herbe sous le pied. Là, je m’applique à faire remonter la pression doucement. Faire le briefing, entendre que ça part demain matin, ça fait plaisir et ça remobilise ! Le départ va être bien intense. On va mettre du temps à arriver au Cap Fréhel après 3 heures de croisement avec la flotte, ce que j’appréhende pour mon bateau. Après, on va attaquer le tour de la pointe Bretagne de nuit et c’est délicat avec les cailloux, les courants… Il faudra bien mesurer la prise de risque. À peine sortie de la Bretagne, il y aura plus de vent. Je pense que les 24 première heures, ça va être intense en termes d’engagement ! Ce sera dur physiquement, un casse-tête mentalement et en même temps c’est ça qui nous plait ! Je n’arrive pas à savoir s’il y aura des écarts, comment va réagir la flotte… Je me doute que les autres vont se ménager donc il va falloir mettre du rythme direct, sinon les écarts seront forts d’entrée ! »
Jean Galfione (SERENIS Consulting) : « essayer de faire les choses proprement » « Même si on a pu participer à davantage d’animations avec les partenaires, l’attente a été forcément un peu longue. Avec le public et les sollicitations, je finissais par devenir pas sympa ! (rires) Rapidement, on a pu remettre le nez dans les fichiers, faire un dernier ‘check’ sur le bateau. Comme tous les skippers, la décision du report nous a soulagé. Maintenant, on repense à la course, à aller vite et la tension de la course revient. En matière de météo, on aura 15 à 20 nœuds au près et on va tirer des bords jusqu’au Cap Fréhel. Ensuite, on sera plus sur un bord, le vent va tourner en longeant les côtes bretonnes. Après, il y aura des fronts à passer, c’est encore un peu instable et il y a plusieurs tendances qui se dégagent. Je vais essayer de faire les choses proprement, pas être en mode ‘fou furieux’ et préserver le bateau pour ne pas casser. Je vais être prudent au départ et essayer d’être dans le match au départ. Il ne me reste plus qu’à faire des achats de frais, des oranges et des pommes. Je sais que je ne vais pas bien dormir cette nuit mais c’est une bonne chose : ça montre que je suis concerné et déjà très concentré. »
Cédric Chateau (Sogestran – Seafrigo) : « là, on part vraiment en régate » « Je suis vraiment content qu’on s’élance demain. Certes, la météo est encore un peu engagée mais il parait que c’est ça la Route du Rhum-Destination Guadeloupe. On a quand même des conditions qui sont bien plus sympa que dimanche. En partant dimanche, on réfléchissait aux façons de s’abriter. Là, on part vraiment en régate, il va falloir trouver le bon dosage pour plus ou moins attaquer, savoir où mettre le curseur. Je ne suis pas quelqu’un de trop stressé et j’ai surtout hâte de partir. Au départ, il faudra veiller à ne pas cartonner un concurrent, à veiller à la première nuit près des côtes, la densité de la flotte, les casiers… Dès qu’on s’éloignera de la côte et qu’on sera en pleine mer, on pourra se focaliser sur la course. »
Simon Koster (Banque du Léman) : "la nervoristé remonte à nouveau" « Ça fait du bien de savoir que ça part ! La nervosité remonte à nouveau, les choix de voiles sont faits et on ne rate pas une sortie des fichiers météos. Demain, on va avoir du près en sortie de Manche, on aura deux fronts à passer dans l’ouest et après ça plonge au sud. Avec un peu de chance, on arrivera à se mettre au sud de l’anticyclone avant qu’il ne gonfle trop avant de finir au portant dans les Alizés ! »
