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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© Vincent Olivaud


Vendredi Ă  03 h 56 et 40 s (22 h 56 heure locale), Francis Joyon a franchi en quatriĂšme position la ligne d’arrivĂ©e Ă  Pointe-Ă -Pitre de la douziĂšme Ă©dition de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Son temps de course est de 8 jours, 13 heures, 41 minutes et 40 secondes. Il a effectuĂ© les 3542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-Ă -Pitre Ă  la vitesse de 17,22 noeuds sur l’orthodromie (route directe). Il a en rĂ©alitĂ© parcouru 4588 milles Ă  la vitesse moyenne de 22,31noeuds


Son écart au vainqueur Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) est de 1 jour 17 heures, 54 minutes et 15 secondes.


Au dĂ©part de Saint-Malo, Francis Joyon estimait avoir «10% de chances de l’emporter». Mais avec cinq bateaux volants nettement plus performants que son vĂ©nĂ©rable Idec Sport, cet exploit n’était possible qu’au terme d’une course par Ă©limination. Elle n’a pas eu lieu. Avec seulement trois bateaux devant lui Ă  Pointe-Ă )Pitre, Idec Sport signe nĂ©anmoins une trĂšs belle performance. Sa place au pied du podium mais Ă  1 jour et 17 heures du vainqueur est aussi le reflet d’une histoire en mouvement. En 2018, Francis avait appuyĂ© sur pause en hissant miraculeusement Ă  la premiĂšre place un bateau datant de 2006, dĂ©jĂ  double vainqueur de l’épreuve. Cette annĂ©e, son record a Ă©tĂ© battu de 19 heures et 47 minutes. Francis Joyon a donc fait sa course, un peu plus loin des leaders chaque jour, mais a trouvĂ© d’abord en Arthur Le Vaillant (Mieux), dĂ©crochĂ© aprĂšs le cap Finisterre puis d’Yves Le BlĂ©vec (Actual Ultim 3) de bons compagnons pour rĂ©gater. On le croyait dĂ©crochĂ© par Actual Ultim 3 Ă  l’entrĂ©e des alizĂ©s mais Joyon recroisait ce matin devant l’ex-Macif qu’il avait battu sur le fil en 2018. On ne sait pas encore si Yves Le BlĂ©vec a rencontrĂ© un problĂšme technique mais on peut ĂȘtre sĂ»r d’une chose : Francis Joyon aura menĂ© Ă  100% son Idec Sport du dĂ©but Ă  la fin, la seule façon de naviguer qui intĂ©resse cet inoxydable amoureux des multicoques. A 66 ans, c’était la huitiĂšme Route du Rhum - Destination Guadeloupe de Francis Joyon, une fidĂ©litĂ© et une longĂ©vitĂ© sans Ă©gale qui force le respect.


Voici ses premiers mots arrivĂ© au ponton : « On affronte plein d’aventures sur le trajet en faisant des choses incroyables qu’on ne ferait pas dans la vie normale et arriver ici pour retrouver des gens que l’on a croisĂ© lors de prĂ©cĂ©dentes Ă©ditions fait le charme de la course. C’était une transat difficile, non pas Ă  cause du mauvais temps mais parce qu’il y a eu beaucoup plus de manoeuvres que d’habitude et Idec Sport est un bateau trĂšs difficile Ă  manoeuvrer. Pour moi, ça aurait presque Ă©tĂ© plus simple de partir le dimanche, d’aller Ă  l’ouest de l’Irlande pour repartir au Sud aprĂšs, plutĂŽt que de faire tous ces virements. Je suis trĂšs fatiguĂ©, mais c’est le jeu d’avoir Ă©tĂ© au contact avec Yves, c’est lĂ  que ça se jouait et il ne fallait pas lĂącher. Ces deux bateaux ont dĂ©jĂ  beaucoup rĂ©gatĂ© depuis The Bridge, et ces deux Route du Rhum. A la fin, j’ai pensĂ© qu’il avait une mĂ©moire et voulait prendre sa revanche. J’ai bien serrĂ© le passage pour que le bateau ne puisse pas faire ce que j’ai fait il y a quatre ans. Charles a fait une trĂšs belle course, les trois premiers d’ailleurs ont trĂšs bien naviguĂ©. J’avais une petite prĂ©fĂ©rence pour François qui a eu beaucoup de courage d’affronter toutes ces difficultĂ©s. Il a perdu un sponsor, en retrouvĂ© un autre, rĂ©ussi Ă  finir ce bateau Ă  moitiĂ© abandonnĂ© en cours de construction. Puis, il y a eu les difficultĂ©s contre ses concurrents. Je trouvais que François aurait fait un trĂšs trĂšs beau vainqueur.‹J’ai bien vu que les nouveaux bateaux dans les conditions de vent idĂ©ale, par 20 noeuds de vent, vont 10 noeuds plus vite que les bateaux traditionnels. Et le systĂšme mĂ©tĂ©o donnait l’avantage aux bateaux de devant qui naviguaient sur une mer plus plate et derriĂšre, on ne pouvait pas faire grand chose. Avec Yves et Arthur, on a passĂ© les fronts plus durement que les premiers avec plus de mer. J’avais des doutes sur ma capacitĂ© Ă  mener le bateau au dĂ©part, je n’en avais plus Ă  l’arrivĂ©e. J’ai fait des trucs que je ne me pensais plus capable de faire comme monter au premier tiers du mĂąt pour dĂ©mĂȘler une drisse dans une houle Ă©norme oĂč ça tapait dur. Il faut se dĂ©passer pour faire une transat sur ces bateaux. Est ce que je serai lĂ  dans 4 ans ? Dans 4 ans, dans 8 ans, dans 12 ans ! Ce n’était peut-ĂȘtre pas ma derniĂšre rasade de rhum. J’aime bien naviguer en solitaire. J’ai appris plein de choses encore sur cette Route du Rhum alors qu’on navigue sur le bateau depuis cinq ans dessus. Par exemple, je n’ai plus que la moitiĂ© des winches qui marchent, j’ai donc appris Ă  faire sans ! »


  • 18 nov. 2022
  • 4 min de lecture

© Vincent Olivaud


Vendredi Ă  03 h 56 et 40 s (22 h 56 heure locale), Francis Joyon a franchi en quatriĂšme position la ligne d’arrivĂ©e Ă  Pointe-Ă -Pitre de la douziĂšme Ă©dition de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Son temps de course est de 8 jours, 13 heures, 41 minutes et 40 secondes. Il a effectuĂ© les 3542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-Ă -Pitre Ă  la vitesse de 17,22 noeuds sur l’orthodromie (route directe). Il a en rĂ©alitĂ© parcouru 4588 milles Ă  la vitesse moyenne de 22,31noeuds


Son écart au vainqueur Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) est de 1 jour 17 heures, 54 minutes et 15 secondes.


Au dĂ©part de Saint-Malo, Francis Joyon estimait avoir «10% de chances de l’emporter». Mais avec cinq bateaux volants nettement plus performants que son vĂ©nĂ©rable Idec Sport, cet exploit n’était possible qu’au terme d’une course par Ă©limination. Elle n’a pas eu lieu. Avec seulement trois bateaux devant lui Ă  Pointe-Ă )Pitre, Idec Sport signe nĂ©anmoins une trĂšs belle performance. Sa place au pied du podium mais Ă  1 jour et 17 heures du vainqueur est aussi le reflet d’une histoire en mouvement. En 2018, Francis avait appuyĂ© sur pause en hissant miraculeusement Ă  la premiĂšre place un bateau datant de 2006, dĂ©jĂ  double vainqueur de l’épreuve. Cette annĂ©e, son record a Ă©tĂ© battu de 19 heures et 47 minutes. Francis Joyon a donc fait sa course, un peu plus loin des leaders chaque jour, mais a trouvĂ© d’abord en Arthur Le Vaillant (Mieux), dĂ©crochĂ© aprĂšs le cap Finisterre puis d’Yves Le BlĂ©vec (Actual Ultim 3) de bons compagnons pour rĂ©gater. On le croyait dĂ©crochĂ© par Actual Ultim 3 Ă  l’entrĂ©e des alizĂ©s mais Joyon recroisait ce matin devant l’ex-Macif qu’il avait battu sur le fil en 2018. On ne sait pas encore si Yves Le BlĂ©vec a rencontrĂ© un problĂšme technique mais on peut ĂȘtre sĂ»r d’une chose : Francis Joyon aura menĂ© Ă  100% son Idec Sport du dĂ©but Ă  la fin, la seule façon de naviguer qui intĂ©resse cet inoxydable amoureux des multicoques. A 66 ans, c’était la huitiĂšme Route du Rhum - Destination Guadeloupe de Francis Joyon, une fidĂ©litĂ© et une longĂ©vitĂ© sans Ă©gale qui force le respect.


Voici ses premiers mots arrivĂ© au ponton : « On affronte plein d’aventures sur le trajet en faisant des choses incroyables qu’on ne ferait pas dans la vie normale et arriver ici pour retrouver des gens que l’on a croisĂ© lors de prĂ©cĂ©dentes Ă©ditions fait le charme de la course. C’était une transat difficile, non pas Ă  cause du mauvais temps mais parce qu’il y a eu beaucoup plus de manoeuvres que d’habitude et Idec Sport est un bateau trĂšs difficile Ă  manoeuvrer. Pour moi, ça aurait presque Ă©tĂ© plus simple de partir le dimanche, d’aller Ă  l’ouest de l’Irlande pour repartir au Sud aprĂšs, plutĂŽt que de faire tous ces virements. Je suis trĂšs fatiguĂ©, mais c’est le jeu d’avoir Ă©tĂ© au contact avec Yves, c’est lĂ  que ça se jouait et il ne fallait pas lĂącher. Ces deux bateaux ont dĂ©jĂ  beaucoup rĂ©gatĂ© depuis The Bridge, et ces deux Route du Rhum. A la fin, j’ai pensĂ© qu’il avait une mĂ©moire et voulait prendre sa revanche. J’ai bien serrĂ© le passage pour que le bateau ne puisse pas faire ce que j’ai fait il y a quatre ans. Charles a fait une trĂšs belle course, les trois premiers d’ailleurs ont trĂšs bien naviguĂ©. J’avais une petite prĂ©fĂ©rence pour François qui a eu beaucoup de courage d’affronter toutes ces difficultĂ©s. Il a perdu un sponsor, en retrouvĂ© un autre, rĂ©ussi Ă  finir ce bateau Ă  moitiĂ© abandonnĂ© en cours de construction. Puis, il y a eu les difficultĂ©s contre ses concurrents. Je trouvais que François aurait fait un trĂšs trĂšs beau vainqueur.‹J’ai bien vu que les nouveaux bateaux dans les conditions de vent idĂ©ale, par 20 noeuds de vent, vont 10 noeuds plus vite que les bateaux traditionnels. Et le systĂšme mĂ©tĂ©o donnait l’avantage aux bateaux de devant qui naviguaient sur une mer plus plate et derriĂšre, on ne pouvait pas faire grand chose. Avec Yves et Arthur, on a passĂ© les fronts plus durement que les premiers avec plus de mer. J’avais des doutes sur ma capacitĂ© Ă  mener le bateau au dĂ©part, je n’en avais plus Ă  l’arrivĂ©e. J’ai fait des trucs que je ne me pensais plus capable de faire comme monter au premier tiers du mĂąt pour dĂ©mĂȘler une drisse dans une houle Ă©norme oĂč ça tapait dur. Il faut se dĂ©passer pour faire une transat sur ces bateaux. Est ce que je serai lĂ  dans 4 ans ? Dans 4 ans, dans 8 ans, dans 12 ans ! Ce n’était peut-ĂȘtre pas ma derniĂšre rasade de rhum. J’aime bien naviguer en solitaire. J’ai appris plein de choses encore sur cette Route du Rhum alors qu’on navigue sur le bateau depuis cinq ans dessus. Par exemple, je n’ai plus que la moitiĂ© des winches qui marchent, j’ai donc appris Ă  faire sans ! »


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