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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

Martin Le Pape (Fondation Stargardt) / © Martin Viezzer


C’est une nouvelle course qui débute ce jeudi, alors que les spis sont de sortie et fleurissent sur le plan d’eau. Dans des vents beaucoup plus favorables, les skippers lâchent les écoutes et ouvrent les voiles. Ils ne cachent pas leur satisfaction de goûter enfin aux plaisirs de la glisse. Un peu de douceur méritée après une première semaine de course d’une exigence de tous les instants. À Punta Delgada sur l’île de Sao Miguel aux Açores, terre d’escale pour les solitaires qui ont connu ou connaissent des grosses galères, des re-départs cèdent la place à des arrivées annoncées, dont celles d’Alexander Donald (Conscious Planet) et d’Hervé Thomas (Bleu Blanc).


À Punta Delgada…


Pour les autres, ceux qui ont pu réparer et s’assurer que leur bateau est apte à repartir, la course a repris ses droits. Aujourd’hui, ce nouveau départ a lieu dans des conditions plus clémentes et plus maniables. Ceux qui ont laissé Ponta Delgada et les Açores dans leur sillage progressent à présent dans du Nord-Ouest d’une quinzaine de nœuds. Pour le leader Yoann Richomme (Paprec Arkéa), et ses plus proches poursuivants, c’est encore mieux, puisque le vent commence à prendre la couleur et la saveur de l’alizé. « On a récupéré l’alizé. Cela fait du bien d’envoyer le gennaker, puis le spi, » confirme Martin Le Pape. Le skipper Fondation Stargardt ne fait pas mystère de l’immense satisfaction qu’il ressent sur l’océan, qui montre enfin un visage beaucoup plus conciliant. « Le bateau est à plat, ça glisse tout seul. Franchement, c’est la délivrance, le match peut commencer, » poursuit celui qui dispute sa toute première transat en solitaire et pointe aujourd’hui en 9e position, à 125 milles de la tête de flotte.


Sur l'eau, les scows accélèrent


Aux avant-postes, la régate promet désormais de se poursuivre de plus belle sur le mode d’une course de vitesse entre nouveaux scows, ces bateaux à l’étrave arrondie, capables d'atteindre des hautes vitesses aux allures portantes. « Cette nuit, ça a tartiné. Le bateau est très stable à cette allure, » se réjouit Emmanuel Le Roch (Edenred). « Il est magique ! » Mais gare aux excès de vitesse et aux sorties de route comme le rappelle Luke Berry, le skipper de Lamotte-Module Création. « Il ne faut pas oublier que les voiles c’est comme les enfants : petites voiles petits problèmes, grandes voiles gros problèmes, » remarque celui qui, comme ses prédécesseurs, s'apprête à passer aujourd’hui sous la barre des 50% du parcours restant à parcourir en route théorique pour rallier Pointe-à-Pitre. Des propos auxquels l’expérience du jour de Corentin Douguet - qui a vu son grand spi passer à l’eau en raison de la défaillance d’un bloqueur -, fait largement écho. « Le grand spi, paf dans l’eau ! 200m2 de chalut à remonter, grosse bataille, » raconte le skipper de Queguiner-Innoveo qui s’efforce de s’accrocher dans la roue du chef de file, pointé à 14,5 nœuds de vitesse ce jeudi après-midi. Mais derrière, dans la meute, les chasseurs ne baissent pas la garde et les attaques promettent de fuser de toutes parts. Un peu plus au Nord où pointe Xavier Macaire (Groupe SNEF), fidèle aux avant-postes, comme dans son sillage immédiat. Notons que, cet après-midi, l’Italien Ambrogio Beccaria (Alla Grande-Pirelli), 4e, passe à l’offensive en empannant pour mettre un peu de Sud dans sa route. Soulignons aussi, la belle course de Kito de Pavant (HBF-Refores’Action), légèrement plus Sud. En bordure de la barrière de calmes anticycloniques, il tire, en 11e position, le meilleur du premier « nez pointu » de la flotte. Mais gageons que les prochains jours seront malheureusement plus difficiles pour résister à la fulgurance des carènes plus récentes, qui fortes de leurs belles rondeurs, accélèrent à la moindre risée bien orientée.


À la Corogne…


Pour ceux de l’arrière aussi, notamment ceux qui comptent parmi les partisans d’une route Sud, la course prend aussi une toute autre tournure. Stan Thuret (Everial) qui progresse à 175 milles dans le Nord-Ouest des Canaries plante le décor : « Je suis d’attaque pour attaquer le spi. Côté stratégie, je joue mon option. J’ai fait un choix il y a quelques jours et je préfère ne pas revenir en arrière. Dans quelques heures, je devrais commencer à bien glisser. Les autres seront plus rapides, mais la route est encore longue. Mais mon bateau est vraiment taillé pour le portant, c’est l’un des plus rapides à cette allure ; et j’espère me refaire un petit peu. » Pour tous, c’est le souffle de l’espoir de naviguer vers des jours meilleurs qui l’emporte ce jeudi. Un sentiment que Keni Piperol (Cap’tain Alternance) partagera bientôt. Le jeune Guadeloupéen, en escale technique pour réparer une voie d’eau, s’apprête à quitter les côtes espagnoles. La Corogne, c’est le port qu’ont rejoint depuis peu Amélie Grassi (La Boulangère Bio) et Aurélien Ducroz (Crosscall), tous deux victimes d’un démâtage le week-end dernier. Aujourd’hui, ils ont reçu le soutien de Mickael Mergui (Centrakor), lui-même en escale dans le port galicien, qui n’a pas hésité à venir à leur rencontre pour leur apporter du gasoil. Preuve que la solidarité entre marins solitaires reste une inoxydable valeur, sur les ports et les routes jalonnant la grande traversée entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre…


Les mots du large

Martin Le Pape (Fondation Stargardt), à la vacation : « Franchement, c’est la délivrance, le match peut commencer » « On a récupéré l’alizé, ça y est, on est au portant. Cela fait du bien d’envoyer le gennaker, puis le spi. La nuit a été un peu tonique, parce qu'il y avait des rafales un peu fortes, c’était un peu engagé. Maintenant, il n’y a plus qu’à tout faire pour rattraper le petit groupe de devant jusqu’à Pointe-à-Pitre. La première semaine de course a été très difficile. Je ne cache pas qu’il y a eu des moments durs avec le moral dans les chaussettes, mais je me sens en forme et prêt à attaquer une nouvelle partie de la course. Je suis vraiment heureux d’être là et de profiter des bons moments qui nous attendent jusqu’à Pointe-à-Pitre. Je suis là aussi où je voulais être, en pointe des adversaires directs avec une petite marge d’avance sur eux. Et je suis en mode attaque pour grappiller un peu sur ceux de devant. J’ai mangé mon pain noir pendant huit jours au près, une allure que mon bateau déteste. J’espère que je vais pouvoir m’exprimer un peu plus au portant, et pourquoi pas rattraper un peu ceux de devant. Le moral est au beau fixe parce que je me suis battu pour en arriver là. Le bateau est à plat, ça glisse tout seul. Franchement, c’est la délivrance, le match peut commencer. En termes de régate pure, on a toujours eu la tête dans le guidon pour gérer les problèmes techniques, avec notamment pour moi la réparation de mes varangues. D’en être là aujourd’hui, je ne peux être que content et ravi. Tout change aujourd’hui. Hier, on était encore en ciré à se faire tremper. Je n’ai pas encore enlevé les bottes, mais je suis en short, tee-shirt à présent. Quand ça va chauffer un peu, je vais pouvoir sortir la tête du bateau, regarder un peu dehors et profiter de passer un peu de temps sur le pont. Juste, je tenais à vous dire qu’on est tous traumatisés par le drame qui s’est passé à l’arrivée de Charles (Caudrelier), hier. J’ai une très grosse pensée pour toute l’organisation de la course et les familles des personnes concernées. »


Corentin Douguet (Queguiner-Innoveo), dans un message audio : « Cela pourrait être parfait… » « Nous sommes au portant après une semaine complète passée au près ! On glisse sur une mer presque plate. Il fait bon, tout ça est plutôt très agréable comme conditions de navigation pour l’instant. Ça pourrait être presque parfait. Ça avait bien commencé cette histoire de portant, j’avais un bon placement, on était au près et puis le vent a tourné un peu, on a mis les gennakers puis, après, on a mis les spis. J’avais un bon placement par rapport à Yoyo (Yoann. Richomme), je revenais un peu sur lui et le bloqueur de drisse de spi a décidé qu’il n’irait pas plus loin ! On va dire que ça tombe mal… Et donc le grand spi, paf dans l’eau ! 200m2 de chalut à remonter, grosse bataille (…) On est toujours 2-3ème avec Xavier Macaire qui est très décalé dans le Nord, un endroit où je ne voulais pas trop être, mais peut-être qu’il a raison… Il doit être bien bien proche du centre de l’anticyclone, et ça ne me faisait pas très envie. Voilà donc plutôt des bonnes nouvelles malgré cette petite boulette – belle boulette – mais surtout tout ça n’est pas bien grave au regard de ce qui passé hier à Point-à-Pitre. C’est très étrange pour nous d’apprendre ça comme ça, c’est d’une tristesse infinie pour les personnes concernées, leurs familles… Ça permet de relativiser nos problèmes stratégico-tactiques océaniques… »

  • 17 nov. 2022
  • 6 min de lecture

Martin Le Pape (Fondation Stargardt) / © Martin Viezzer


C’est une nouvelle course qui débute ce jeudi, alors que les spis sont de sortie et fleurissent sur le plan d’eau. Dans des vents beaucoup plus favorables, les skippers lâchent les écoutes et ouvrent les voiles. Ils ne cachent pas leur satisfaction de goûter enfin aux plaisirs de la glisse. Un peu de douceur méritée après une première semaine de course d’une exigence de tous les instants. À Punta Delgada sur l’île de Sao Miguel aux Açores, terre d’escale pour les solitaires qui ont connu ou connaissent des grosses galères, des re-départs cèdent la place à des arrivées annoncées, dont celles d’Alexander Donald (Conscious Planet) et d’Hervé Thomas (Bleu Blanc).


À Punta Delgada…


Pour les autres, ceux qui ont pu réparer et s’assurer que leur bateau est apte à repartir, la course a repris ses droits. Aujourd’hui, ce nouveau départ a lieu dans des conditions plus clémentes et plus maniables. Ceux qui ont laissé Ponta Delgada et les Açores dans leur sillage progressent à présent dans du Nord-Ouest d’une quinzaine de nœuds. Pour le leader Yoann Richomme (Paprec Arkéa), et ses plus proches poursuivants, c’est encore mieux, puisque le vent commence à prendre la couleur et la saveur de l’alizé. « On a récupéré l’alizé. Cela fait du bien d’envoyer le gennaker, puis le spi, » confirme Martin Le Pape. Le skipper Fondation Stargardt ne fait pas mystère de l’immense satisfaction qu’il ressent sur l’océan, qui montre enfin un visage beaucoup plus conciliant. « Le bateau est à plat, ça glisse tout seul. Franchement, c’est la délivrance, le match peut commencer, » poursuit celui qui dispute sa toute première transat en solitaire et pointe aujourd’hui en 9e position, à 125 milles de la tête de flotte.


Sur l'eau, les scows accélèrent


Aux avant-postes, la régate promet désormais de se poursuivre de plus belle sur le mode d’une course de vitesse entre nouveaux scows, ces bateaux à l’étrave arrondie, capables d'atteindre des hautes vitesses aux allures portantes. « Cette nuit, ça a tartiné. Le bateau est très stable à cette allure, » se réjouit Emmanuel Le Roch (Edenred). « Il est magique ! » Mais gare aux excès de vitesse et aux sorties de route comme le rappelle Luke Berry, le skipper de Lamotte-Module Création. « Il ne faut pas oublier que les voiles c’est comme les enfants : petites voiles petits problèmes, grandes voiles gros problèmes, » remarque celui qui, comme ses prédécesseurs, s'apprête à passer aujourd’hui sous la barre des 50% du parcours restant à parcourir en route théorique pour rallier Pointe-à-Pitre. Des propos auxquels l’expérience du jour de Corentin Douguet - qui a vu son grand spi passer à l’eau en raison de la défaillance d’un bloqueur -, fait largement écho. « Le grand spi, paf dans l’eau ! 200m2 de chalut à remonter, grosse bataille, » raconte le skipper de Queguiner-Innoveo qui s’efforce de s’accrocher dans la roue du chef de file, pointé à 14,5 nœuds de vitesse ce jeudi après-midi. Mais derrière, dans la meute, les chasseurs ne baissent pas la garde et les attaques promettent de fuser de toutes parts. Un peu plus au Nord où pointe Xavier Macaire (Groupe SNEF), fidèle aux avant-postes, comme dans son sillage immédiat. Notons que, cet après-midi, l’Italien Ambrogio Beccaria (Alla Grande-Pirelli), 4e, passe à l’offensive en empannant pour mettre un peu de Sud dans sa route. Soulignons aussi, la belle course de Kito de Pavant (HBF-Refores’Action), légèrement plus Sud. En bordure de la barrière de calmes anticycloniques, il tire, en 11e position, le meilleur du premier « nez pointu » de la flotte. Mais gageons que les prochains jours seront malheureusement plus difficiles pour résister à la fulgurance des carènes plus récentes, qui fortes de leurs belles rondeurs, accélèrent à la moindre risée bien orientée.


À la Corogne…


Pour ceux de l’arrière aussi, notamment ceux qui comptent parmi les partisans d’une route Sud, la course prend aussi une toute autre tournure. Stan Thuret (Everial) qui progresse à 175 milles dans le Nord-Ouest des Canaries plante le décor : « Je suis d’attaque pour attaquer le spi. Côté stratégie, je joue mon option. J’ai fait un choix il y a quelques jours et je préfère ne pas revenir en arrière. Dans quelques heures, je devrais commencer à bien glisser. Les autres seront plus rapides, mais la route est encore longue. Mais mon bateau est vraiment taillé pour le portant, c’est l’un des plus rapides à cette allure ; et j’espère me refaire un petit peu. » Pour tous, c’est le souffle de l’espoir de naviguer vers des jours meilleurs qui l’emporte ce jeudi. Un sentiment que Keni Piperol (Cap’tain Alternance) partagera bientôt. Le jeune Guadeloupéen, en escale technique pour réparer une voie d’eau, s’apprête à quitter les côtes espagnoles. La Corogne, c’est le port qu’ont rejoint depuis peu Amélie Grassi (La Boulangère Bio) et Aurélien Ducroz (Crosscall), tous deux victimes d’un démâtage le week-end dernier. Aujourd’hui, ils ont reçu le soutien de Mickael Mergui (Centrakor), lui-même en escale dans le port galicien, qui n’a pas hésité à venir à leur rencontre pour leur apporter du gasoil. Preuve que la solidarité entre marins solitaires reste une inoxydable valeur, sur les ports et les routes jalonnant la grande traversée entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre…


Les mots du large

Martin Le Pape (Fondation Stargardt), à la vacation : « Franchement, c’est la délivrance, le match peut commencer » « On a récupéré l’alizé, ça y est, on est au portant. Cela fait du bien d’envoyer le gennaker, puis le spi. La nuit a été un peu tonique, parce qu'il y avait des rafales un peu fortes, c’était un peu engagé. Maintenant, il n’y a plus qu’à tout faire pour rattraper le petit groupe de devant jusqu’à Pointe-à-Pitre. La première semaine de course a été très difficile. Je ne cache pas qu’il y a eu des moments durs avec le moral dans les chaussettes, mais je me sens en forme et prêt à attaquer une nouvelle partie de la course. Je suis vraiment heureux d’être là et de profiter des bons moments qui nous attendent jusqu’à Pointe-à-Pitre. Je suis là aussi où je voulais être, en pointe des adversaires directs avec une petite marge d’avance sur eux. Et je suis en mode attaque pour grappiller un peu sur ceux de devant. J’ai mangé mon pain noir pendant huit jours au près, une allure que mon bateau déteste. J’espère que je vais pouvoir m’exprimer un peu plus au portant, et pourquoi pas rattraper un peu ceux de devant. Le moral est au beau fixe parce que je me suis battu pour en arriver là. Le bateau est à plat, ça glisse tout seul. Franchement, c’est la délivrance, le match peut commencer. En termes de régate pure, on a toujours eu la tête dans le guidon pour gérer les problèmes techniques, avec notamment pour moi la réparation de mes varangues. D’en être là aujourd’hui, je ne peux être que content et ravi. Tout change aujourd’hui. Hier, on était encore en ciré à se faire tremper. Je n’ai pas encore enlevé les bottes, mais je suis en short, tee-shirt à présent. Quand ça va chauffer un peu, je vais pouvoir sortir la tête du bateau, regarder un peu dehors et profiter de passer un peu de temps sur le pont. Juste, je tenais à vous dire qu’on est tous traumatisés par le drame qui s’est passé à l’arrivée de Charles (Caudrelier), hier. J’ai une très grosse pensée pour toute l’organisation de la course et les familles des personnes concernées. »


Corentin Douguet (Queguiner-Innoveo), dans un message audio : « Cela pourrait être parfait… » « Nous sommes au portant après une semaine complète passée au près ! On glisse sur une mer presque plate. Il fait bon, tout ça est plutôt très agréable comme conditions de navigation pour l’instant. Ça pourrait être presque parfait. Ça avait bien commencé cette histoire de portant, j’avais un bon placement, on était au près et puis le vent a tourné un peu, on a mis les gennakers puis, après, on a mis les spis. J’avais un bon placement par rapport à Yoyo (Yoann. Richomme), je revenais un peu sur lui et le bloqueur de drisse de spi a décidé qu’il n’irait pas plus loin ! On va dire que ça tombe mal… Et donc le grand spi, paf dans l’eau ! 200m2 de chalut à remonter, grosse bataille (…) On est toujours 2-3ème avec Xavier Macaire qui est très décalé dans le Nord, un endroit où je ne voulais pas trop être, mais peut-être qu’il a raison… Il doit être bien bien proche du centre de l’anticyclone, et ça ne me faisait pas très envie. Voilà donc plutôt des bonnes nouvelles malgré cette petite boulette – belle boulette – mais surtout tout ça n’est pas bien grave au regard de ce qui passé hier à Point-à-Pitre. C’est très étrange pour nous d’apprendre ça comme ça, c’est d’une tristesse infinie pour les personnes concernées, leurs familles… Ça permet de relativiser nos problèmes stratégico-tactiques océaniques… »

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