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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© Arnaud Pilpré


Après son démâtage consécutif à une collision avec un cargo, Damien Seguin (Groupe Apicil) fait route vers Lorient au moteur et se retire de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. C’est le deuxième abandon en IMOCA après celui de Kojiro Shiraishi (DMG Mori Global One). Trente-six marins sont encore en course. Exception faite de Louis Duc, parti affronté le gros temps par la face nord, la plupart des concurrents poursuivent leur option sud plus sécuritaire. Le groupe des favoris est emmené par un Charlie Dalin (Apivia) impérial. Ses poursuivants saluent la performance, tout en rappelant que la route est longue. Les écueils techniques et stratégiques sont encore nombreux sur l’Atlantique.


La grosse déception du jour vient de Damien Seguin qui espérait terminer sa quatrième Route du Rhum – Destination Guadeloupe en bonne position. Mais pour la première fois, il est contraint à l’abandon. Après son démâtage survenu la nuit dernière, le skipper de Groupe Apicil a passé plusieurs heures à sécuriser son espar, ranger les voiles et les câbles pour éviter des dégâts collatéraux sur la coque. Son foil tribord est abimé mais aucune voie d’eau n’a été constatée. Sans demander assistance, le skipper fait route au moteur vers sa base de Lorient, qu’il espère rallier dans moins de trois jours.


Grosse frayeur pour Roura


Dans un message envoyé depuis le bord de son IMOCA Hublot, Alan Roura raconte qu’il n’est pas passé loin de subir la même mésaventure que Damien Seguin. « Deuxième nuit en mer, celle-ci n'a vraiment pas été drôle : un champ de cargos à éviter dans le golfe de Gascogne, toute la nuit, écrit le marin suisse. J’ai réussi à faire une sieste de quelques minutes, j’étais vraiment trop fatigué. Même l'alarme du réveil a mis du temps à me réveiller. Coup de chance : j’étais à 50 mètres d'un géant des mers qui livrait du Amazon… Gros moment de flippe, mais finalement plus de peur que de mal et j'ai forcément une énorme pensée pour Damien et pour toute son équipe. »



Un autre skipper suisse, Oliver Heer (Oliver Heer Ocean Racing) est reparti ce vendredi matin de Saint-Malo après avoir réparé une partie des dégâts causés par sa collision avec Kojiro Shiraishi. Mais Oliver Heer a déjà prévu de faire une nouvelle escale à Lorient. Son bateau devra être sorti de l’eau pour faire de la stratification sous la ligne de flottaison. Quant à Rodolphe Sepho (Rêve de Large), il a envisagé de faire une nouvelle escale, à Lorient. En concertation avec son équipe, le skipper guadeloupéen a pris la décision de poursuivre sa route vers son île natale.


Louis Duc, l’option solitaire


L’audacieux Louis Duc (Fives-Lantana Environnement) a assumé jusqu’au bout son choix stratégique, sur la route nord. Avec son IMOCA à dérives droites, intrinsèquement moins performant que les foilers, il doit tenter des coups stratégiques pour espérer jouer aux avant-postes. « Je ne pensais pas être le seul sur cette option », confie le marin qui s’est bien fait secouer dans du vent fort et une mer très formée. Louis Duc semble avoir passé sans encombre ce moment difficile. Après le passage du front, il doit désormais négocier une zone de molle (vent très faible).


« Il y a Charlie et puis il y a les autres »


La grande majorité de la flotte a choisi l’option sud pour éviter, au passage du front, le plus fort du vent qui passe plus au nord. D’après les informations envoyées par les marins, les conditions de vent et de mer ne sont pas agréables mais elles restent tout à fait maniables : vent de 15 à 20 nœuds, mer croisée mais pas démontée. Louis Burton (Bureau Vallée) résume bien la situation stratégique des jours à venir, entre passages de fronts, zones de transition et entrée espérée dans les alizés : « L’idée est d’aller chercher l’alizé en essayant de ne pas se faire manger par l’anticyclone des Açores. Il ne faut pas traîner. Dans trois jours nous devrions toucher l’alizé, d’ici-là il faut essayer de rester rapide malgré une mer désordonnée. Il va falloir négocier les transitions dans les fronts pour glisser sous l’anticyclone, il y aura des moments avec peu de vent, ce sera stressant car il peut se passer plein de choses. »


Vainqueur des trois premières courses de la saison (Bermudes 1000 Race, Vendée-Arctique, Défi Azimut), Charlie Dalin est à nouveau impérial. Confiant, totalement en phase avec son bateau, le skipper d’Apivia a déjà creusé un écart significatif sur ses adversaires qui ne peuvent que saluer la performance, sans pour autant s’avouer vaincus. « Ce début de course est impressionnant : il y a Charlie et puis il y a les autres. Il nous a de nouveau tous mis d'accord… Mais la course est loin d’être terminée, au contraire elle ne fait que commencer », souligne Alan Roura. « Charlie est loin devant c’est un marin exceptionnel, il connaît son bateau sur le bout des doigts », déclare de son côté Louis Burton qui, en attendant de rattraper le leader, livre une très belle bataille face à Thomas Ruyant (LinkeOut), Jérémie Beyou (Charal) et Kevin Escoffier (Holcim-PRB).

  • 11 nov. 2022
  • 4 min de lecture

© Arnaud Pilpré


Après son démâtage consécutif à une collision avec un cargo, Damien Seguin (Groupe Apicil) fait route vers Lorient au moteur et se retire de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. C’est le deuxième abandon en IMOCA après celui de Kojiro Shiraishi (DMG Mori Global One). Trente-six marins sont encore en course. Exception faite de Louis Duc, parti affronté le gros temps par la face nord, la plupart des concurrents poursuivent leur option sud plus sécuritaire. Le groupe des favoris est emmené par un Charlie Dalin (Apivia) impérial. Ses poursuivants saluent la performance, tout en rappelant que la route est longue. Les écueils techniques et stratégiques sont encore nombreux sur l’Atlantique.


La grosse déception du jour vient de Damien Seguin qui espérait terminer sa quatrième Route du Rhum – Destination Guadeloupe en bonne position. Mais pour la première fois, il est contraint à l’abandon. Après son démâtage survenu la nuit dernière, le skipper de Groupe Apicil a passé plusieurs heures à sécuriser son espar, ranger les voiles et les câbles pour éviter des dégâts collatéraux sur la coque. Son foil tribord est abimé mais aucune voie d’eau n’a été constatée. Sans demander assistance, le skipper fait route au moteur vers sa base de Lorient, qu’il espère rallier dans moins de trois jours.


Grosse frayeur pour Roura


Dans un message envoyé depuis le bord de son IMOCA Hublot, Alan Roura raconte qu’il n’est pas passé loin de subir la même mésaventure que Damien Seguin. « Deuxième nuit en mer, celle-ci n'a vraiment pas été drôle : un champ de cargos à éviter dans le golfe de Gascogne, toute la nuit, écrit le marin suisse. J’ai réussi à faire une sieste de quelques minutes, j’étais vraiment trop fatigué. Même l'alarme du réveil a mis du temps à me réveiller. Coup de chance : j’étais à 50 mètres d'un géant des mers qui livrait du Amazon… Gros moment de flippe, mais finalement plus de peur que de mal et j'ai forcément une énorme pensée pour Damien et pour toute son équipe. »



Un autre skipper suisse, Oliver Heer (Oliver Heer Ocean Racing) est reparti ce vendredi matin de Saint-Malo après avoir réparé une partie des dégâts causés par sa collision avec Kojiro Shiraishi. Mais Oliver Heer a déjà prévu de faire une nouvelle escale à Lorient. Son bateau devra être sorti de l’eau pour faire de la stratification sous la ligne de flottaison. Quant à Rodolphe Sepho (Rêve de Large), il a envisagé de faire une nouvelle escale, à Lorient. En concertation avec son équipe, le skipper guadeloupéen a pris la décision de poursuivre sa route vers son île natale.


Louis Duc, l’option solitaire


L’audacieux Louis Duc (Fives-Lantana Environnement) a assumé jusqu’au bout son choix stratégique, sur la route nord. Avec son IMOCA à dérives droites, intrinsèquement moins performant que les foilers, il doit tenter des coups stratégiques pour espérer jouer aux avant-postes. « Je ne pensais pas être le seul sur cette option », confie le marin qui s’est bien fait secouer dans du vent fort et une mer très formée. Louis Duc semble avoir passé sans encombre ce moment difficile. Après le passage du front, il doit désormais négocier une zone de molle (vent très faible).


« Il y a Charlie et puis il y a les autres »


La grande majorité de la flotte a choisi l’option sud pour éviter, au passage du front, le plus fort du vent qui passe plus au nord. D’après les informations envoyées par les marins, les conditions de vent et de mer ne sont pas agréables mais elles restent tout à fait maniables : vent de 15 à 20 nœuds, mer croisée mais pas démontée. Louis Burton (Bureau Vallée) résume bien la situation stratégique des jours à venir, entre passages de fronts, zones de transition et entrée espérée dans les alizés : « L’idée est d’aller chercher l’alizé en essayant de ne pas se faire manger par l’anticyclone des Açores. Il ne faut pas traîner. Dans trois jours nous devrions toucher l’alizé, d’ici-là il faut essayer de rester rapide malgré une mer désordonnée. Il va falloir négocier les transitions dans les fronts pour glisser sous l’anticyclone, il y aura des moments avec peu de vent, ce sera stressant car il peut se passer plein de choses. »


Vainqueur des trois premières courses de la saison (Bermudes 1000 Race, Vendée-Arctique, Défi Azimut), Charlie Dalin est à nouveau impérial. Confiant, totalement en phase avec son bateau, le skipper d’Apivia a déjà creusé un écart significatif sur ses adversaires qui ne peuvent que saluer la performance, sans pour autant s’avouer vaincus. « Ce début de course est impressionnant : il y a Charlie et puis il y a les autres. Il nous a de nouveau tous mis d'accord… Mais la course est loin d’être terminée, au contraire elle ne fait que commencer », souligne Alan Roura. « Charlie est loin devant c’est un marin exceptionnel, il connaît son bateau sur le bout des doigts », déclare de son côté Louis Burton qui, en attendant de rattraper le leader, livre une très belle bataille face à Thomas Ruyant (LinkeOut), Jérémie Beyou (Charal) et Kevin Escoffier (Holcim-PRB).

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