- 8 nov. 2022
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15-20 nœuds de vent d’ouest/sud-ouest, 1,50 m de houle, un ciel qui devrait laisser la part belle aux éclaircies, le départ tant attendu de la 12e Route du Rhum – Destination Guadeloupe avec 138 bateaux devrait être exceptionnel ! Ce mardi, les skippers concentrés sont enfin entrés dans le schéma du début de course avec le traditionnel briefing météo et les dernières informations sur la ligne de départ longue de 3,5 milles (6,4 km !). Tous piaffent d’impatience à l’idée du jeu stratégique qui se dessine pour rejoindre la Région Guadeloupe
« Nous sommes comme des lions en cage », lançait ce matin Antoine Cornic, skipper de l’IMOCA HUMAN Immobilier en entrant dans l’auditorium du Palais du Grand Large à Saint-Malo. Les 138 solitaires se montrent particulièrement impatients après plus de 72 heures d’attente mais savent pour autant que si les conditions seront beaucoup plus maniables que dimanche dernier, le départ et les heures qui suivent ne seront pas simples : « Il va falloir tirer des bords dès le départ à 138 bateaux, ce ne sera pas évident. Il y a des zones à éviter, notamment le parc éolien (devant la baie de Saint-Brieuc, ndlr). Il y a des bouées tout autour du parc, et lors du convoyage pour venir à Saint-Malo nous sommes passés très près de l’une d’entre elles, nous ne l’avions pas vue. Ce sera un début de course sous tension », souligne Arnaud Boissières (La Mie Câline). Croisements de bateaux, courants, zones interdites à la navigation, filets de pêche dérivants dans le nord-ouest du plateau des Minquiers, coquilleurs le long de la côte, les pièges seront nombreux. Louis Duc (FIVES - LANTANA ENVIRONNEMENT) explique : « Il va y avoir du taff ! Ce qui m’embête le plus, ce sont les trois premières heures de course. Après un départ, c’est bien d’avoir un peu de temps pour se mettre dans le rythme, faire ses réglages. Là, comme le vent est dans l’axe, tout le monde va tirer des bords : il va falloir être ultra vigilant». Après le top départ, les 138 bateaux s’élanceront donc au louvoyage vers la porte CIC devant le cap Fréhel (le premier à passer cette bouée remporte le Trophée CIC - Cap Fréhel), point de passage obligatoire pour toute la flotte et occasion unique pour le public de vivre un moment fort en émotions !
Météo : des choix stratégiques cruciaux
La sortie de Manche permettra à chacun de se mettre dans son rythme et les premiers choix stratégiques interviendront à Ouessant. En effet, un premier front froid commandé par une perturbation centrée sur l’Islande attend la flotte à partir de jeudi (pour les Ultim 32/23) avec des vents de 30 à 35 nœuds de sud/sud-ouest sur son avant. Il est rejoint par un second front ce qui promet une bascule de vent à l’ouest/nord-ouest de courte durée. « La transition ne sera pas franche et l’incertitude demeure quant à la force du vent sur l’arrière du front », expliquait Cyrille Duchesne ce matin. Autre obstacle à surveiller, une ondulation remonte dans la nuit de jeudi à vendredi des Açores à l’Irlande et peut générer un développement actif et des vents potentiellement supérieurs à 40 nœuds. « Dans ces conditions d’incertitude, il n’est pas certain que le jeu d’une route plein ouest soit forcément payant et beaucoup de skippers s’interrogeront sur la meilleure façon de se préserver en gagnant au Sud dès la sortie de la Manche », concluait le météorologue.
Attraper les alizés
Dès samedi, l’anticyclone des Açores prolongé par une dorsale reprend sa place conventionnelle au large des Açores. Alors que les premiers chercheront à rejoindre l’alizé en allant empanner sur sa bordure orientale, les classes moins rapides devront exploiter les petites bascules à l’ouest pour gagner au sud sur une route moins proche de l’orthodromie et nettement moins rapide. Maxime Sorel (V and B – Monbana – Mayenne) analyse la situation pour les IMOCA : « Dès vendredi, nous allons entrer dans le vif du sujet avec un premier front à négocier tôt le matin, 5 à 6 mètres de houle et des rafales possibles à plus de 40 nœuds ce qui ne sera pas de tout repos. Derrière ce front, nous nous attendons à une zone de transition sans vent qui ne sera pas facile à vivre mais qui nous donnera un peu de répit avant un deuxième front un peu moins actif. Par la suite, nous allons essayer de glisser au sud de l’anticyclone des Açores en choquant nos voiles peu à peu pour se retrouver dans les alizés au portant.»
L'IMOCA Biotherm de Paul Meilhat quitte le ponton pour s'engager dans l'écluse de Naye et passer la nuit au mouillage devant Dinard.
Louis Burton sur Bureau Vallée en passe de rentrer dans le sas pour sortir des bassins de Saint-Malo.
