- 21 nov. 2022
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© Alexis Courcoux
Lundi Ă 21 Novembre Ă 04 heures 53 minutes 11 secondes locale (09 heures 53 minutes 11 secondes, heure de Paris), Charlie Dalin a franchi en deuxiĂšme position la ligne dâarrivĂ©e Ă Pointe-Ă -Pitre de la douziĂšme Ă©dition de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe dans la catĂ©gorie IMOCA. Son temps de course est de 11 jours, 19 heures, 38 minutes et 11 secondes. Il a effectuĂ© les 3 542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-Ă -Pitre Ă la vitesse de 12.49 nĆuds sur lâorthodromie (route directe). Il a en rĂ©alitĂ© parcouru 4 353.88 milles Ă la vitesse moyenne de 15.35 nĆuds (sur lâeau). Il est arrivĂ© Ă Pointe-Ă -Pitre 2heures 1minute 46 secondes aprĂšs le vainqueur Thomas Ruyant (LinkedOut).
A 38 ans, Charlie Dalin est un bizuth de la Route du Rhum â Destination Guadeloupe quand il se prĂ©sente Ă Saint-Malo. Câest aussi lâun des grands favoris pour la gagne dans cette 12e Ă©dition, pour ne pas dire le grand favori aprĂšs ses victoires dans les trois premiĂšres Ă©preuves de la saison : la Bermudes 1000 Race, la VendĂ©e Arctique et le DĂ©fi Azimut. Son unique ambition est de remporter la Route du Rhum â Destination et ainsi de faire le « Grand Chelem » en 2022. « Jâaimerais accrocher cette quatriĂšme course, de loin la plus importante de la saison, disait-il Ă Saint-Malo. Il y a de la concurrence, je ne suis pas le seul Ă viser la premiĂšre place. Jâai lâimpression dâĂȘtre dans de bonnes dispositions, jâai un bateau performant, fiable, que je connais bien et avec lequel jâai dĂ©jĂ gagnĂ©. Câest rare de se prĂ©senter au dĂ©part dâune Route du Rhum dans de telles dispositions. » Il voulait finir de la plus belle des maniĂšres son histoire avec son bateau, qui passera dans de nouvelles mains une fois arrivĂ© en Guadeloupe.
DĂšs les premiĂšres heures de course, Charlie Dalin donne le ton. Le skipper dâApivia franchit en tĂȘte la porte du cap FrĂ©hel. En sortie de Manche, il emmĂšne avec maĂźtrise le groupe du Sud. Conditions de mer dĂ©gradĂ©es, enchaĂźnements mĂ©tĂ©orologiques complexes et imprĂ©visibles : rien ne semble pouvoir le contrarier. Aux allures proches du vent, Dalin semble intouchable. Il dĂ©gage une impression de fluiditĂ©, de maĂźtrise totale. Le 15 novembre, six jours aprĂšs le dĂ©part, il navigue Ă moins de 2 000 milles de lâarrivĂ©e, avec 70 milles dâavance sur son premier poursuivant JĂ©rĂ©mie Beyou, et dĂ©clare : « Depuis le dĂ©but de saison, je vis une belle harmonie avec le bateau, et je suis heureux que ce soit encore le cas sur ce dĂ©but de course. Câest rare dâarriver Ă ce niveau de plĂ©nitude. Je me pose des questions, Ă©videmment, et je nâai pas rĂ©ponse Ă tout. Parfois cela ne marche pas, mais je suis dans un mode de navigation tellement Ă©loignĂ© de ce que je vivais la premiĂšre annĂ©e, oĂč jâessayais de dompter le bateau⊠Je subissais alors quâaujourdâhui, je le maĂźtrise ».
Dans les alizĂ©s, aux allures portantes, la domination de Charlie Dalin est contestĂ©e et Thomas Ruyant (LinkedOut) fait un retour impressionnant. Le 18 novembre, Ă un peu plus de 1000 de lâarrivĂ©e, Ruyant passe devant. Un magnifique duel sâengage alors entre les deux hommes de tĂȘte, qui tiennent des vitesses moyennes impressionnantes et naviguent Ă haute intensitĂ©, pour ne rien regretter. Lâengagement est total et il est clair que ni Charlie ni Thomas ne lĂąchera le morceau.
Dalin passe Ă la TĂȘte Ă lâAnglais, au nord-ouest de la Guadeloupe, avec une heure et 20 minutes de retard sur Ruyant. Il reste le tour de lâĂźle pour se refaire. MalgrĂ© tous ses efforts pour revenir, le skipper dâApivia doit se contenter de la 2e place, comme sur le VendĂ©e Globe 2020-2021 et la Transat Jacques Vabre 2021.
