- 26 nov. 2022
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Ian Lipinski à son arrivée à Pointe-à -Pitre / © Alexis Courcoux RDR 2022
Ce vendredi 25 novembre, Ă 23 heures 23 minutes 46 secondes locale (le samedi 26 novembre 04h 25mn 46sec, heure de Paris), Ian Lipinski sur CrĂ©dit Mutuel a franchi en 13Ăš position la ligne dâarrivĂ©e Ă Pointe-Ă -Pitre de la douziĂšme Ă©dition de la Route du Rhum â Destination Guadeloupe. Son temps de course est de 16 jours 14 heures 8 minutes 46 secondes. Le skipper de CrĂ©dit Mutuel a effectuĂ© les 3 542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-Ă -Pitre Ă la vitesse de 8.90 nĆuds sur lâorthodromie (route directe). Il a en rĂ©alitĂ© parcouru 4 222.30 milles Ă la vitesse moyenne de 10.60 nĆuds. Il est arrivĂ© Ă Pointe-Ă -Pitre 2 jours 11 heures 06 secondes aprĂšs le vainqueur en Class40, Yoann Richomme.
La réaction de Ian à son arrivée
« Cette Route du Rhum nâa pas Ă©tĂ© celle que jâespĂ©rais. Clairement, mais il a fallu quand mĂȘme la faire, et la finir. Pendant trois jours, jâai rĂ©ussi Ă faire la course et aprĂšs je nâĂ©tais plus dedans. Jâai eu dâabord un problĂšme technique qui mâa contraint Ă faire une route qui mâa sorti du jeu. CâĂ©tait une premiĂšre chose ; et dĂšs que je lâai digĂ©rĂ©e et au moment oĂč ça allait ĂȘtre rigolo, oĂč jâallais enfin avoir les conditions parfaites pour mon bateau, jâai tapĂ© un truc aux Açores. La quille Ă©tait en chou-fleur et jâai fait huit jours, pas au ralenti parce que ça allait vite quand mĂȘme, mais ça allait beaucoup moins vite que cela aurait dĂ». On Ă©tait dans les alizĂ©s aprĂšs une premiĂšre semaine trĂšs dure, câĂ©tait sympa ; il y a avait du soleil, du portant, sous spi. Et en mĂȘme temps, câĂ©tait vraiment frustrant, parce que mon bateau nâĂ©tait pas Ă 100% de son potentiel, loin de lĂ . Je voyais tous les autres bateaux me dĂ©passer. CâĂ©tait trĂšs frustrant, dans des conditions trĂšs sympas. CâĂ©tait trĂšs paradoxal. Jâai eu des soucis, certains en ont eu des bien pires qui ne leur ont pas permis dâarriver. Jâai cette chance lĂ de ne pas avoir Ă©tĂ© contraint dâabandonner. CâĂ©tait long, mais je suis arrivĂ©, et câest dĂ©jà ça ! Je retiens que je suis passĂ© Ă cĂŽtĂ© de ma course. Au dĂ©but, je disais que ce qui me dĂ©cevrait, câest de ne pas rĂ©ussir Ă batailler devant. ForcĂ©ment, je suis déçu ! Mais il faut espĂ©rer quâil y en aura des meilleures. Je sais que je vais en faire dâautres. Je vais tout faire pour que cela ne se reproduise pas, mĂȘme si taper et abĂźmer la quille, je nây suis pour rien. Mon problĂšme de quille nâa pas gĂ©nĂ©rĂ© de stress, mais beaucoup de frustration. Je voyais bien que dans les conditions quâon a rencontrĂ©es sur la deuxiĂšme partie, je devais dĂ©passer les 20 nĆuds Ă chaque vague, faire jusquâĂ 23 nĆuds, mais lĂ je nâarrivais jamais Ă dĂ©passer les 17. Et cela faisait un bruit effroyable Ă lâintĂ©rieur, câĂ©tait comme si jâavais un seau dâeau accrochĂ© Ă la quille. Ce qui est dur, câest de changer de mental. Tu es dans la course et il arrive quelque chose qui fait que ta course change complĂštement de physionomie ; et il faut arriver Ă digĂ©rer le truc pour partir dans autre chose. Ce qui a Ă©tĂ© dur, câest que jâai eu deux gros coups. AprĂšs avoir digĂ©rĂ© le premier, je savais que je nâĂ©tais pas lĂ oĂč je voulais, mais ça repartait aprĂšs deux jours en galĂšre. Jâavais rĂ©ussi Ă remettre le bateau en bon ordre de marche en montant quatre fois dans le mĂąt, en faisant tout au mieux pour repartir vite. Et quand ça repart, bam, re-coup du sort. Et lĂ , pareil il faut se remobiliser aprĂšs une phase oĂč le psychologique prend un coup. Tu digĂšres, ça va un peu mieux et tu essayes de profiter. JusquâĂ ce que des copains autour te doublent Ă nouveau. Dur ! AprĂšs tout ça, ça fait plaisir dâarriver. »
