- 20 nov. 2022
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© Pierre Bouras
Après le match très serré entre Erwan Le Roux et Quentin Vlamynck pour la victoire en Ocean Fifty, un autre grand duel va se dérouler prochainement autour de la Guadeloupe. Thomas Ruyant (LinkedOut) et Charlie Dalin (Apivia) naviguent à vue à la veille de leur arrivée à Pointe-à-Pitre. Un magnifique match va se jouer demain autour de la Guadeloupe, avec probablement un écart très faible sur la ligne d’arrivée entre ces deux grands marins. Jérémie Beyou (Charal) et Kevin Escoffier (Holcim-PRB) se battent pour une place sur le podium et restent en embuscade. Les arrivées vont s’enchaîner dans les jours à venir, avec 34 marins encore en course, dont Antoine Cornic (Human Immobilier) qui poursuit sa route malgré une avarie importante.
Ils jettent leurs dernières forces dans la bataille. Thomas Ruyant et Charlie Dalin déploient une énergie folle, portés par l’adrénaline et la perspective d’accrocher à leur palmarès une épreuve mythique. Ruyant vise une deuxième victoire, après son sacre en 2010 en Class40. Dalin veut réaliser un coup de maître pour sa toute première participation à l’épreuve. Tous les deux méritent amplement la gagne, mais il n’y aura qu’un vainqueur. Ils sont attendus demain matin à 7h (heure de métropole) à la Tête à l’Anglais. Débutera alors un tour de la Guadeloupe décisif et incertain, avec notamment le franchissement de la bouée de Basse-Terre, située très proche des côtes. Dans cette zone, le vent est souvent très faible et la navigation délicate. Il suffit d’une risée pour s’échapper...
Lutte finale
Lancé dans ce duel à haute intensité, Charlie Dalin a pris le temps de donner quelques nouvelles du bord : « Tout va bien, je suis de nouveau en visuel avec Thomas qui est à peu près à 5 milles dans mon Sud. La nuit a été assez engagée avec pas mal de grains et des vents changeants, avec des rafales à 38 nœuds. Pas facile de dormir mais je suis content d’être revenu sur Thomas. » A terre, ce dénouement passionne et beaucoup attendent avec impatience les mises à jour de la cartographie, toutes les heures. Pourtant très occupés, les autres marins engagés en IMOCA prennent aussi le temps de suivre ce qu’il se passe tout en avant de la flotte. « Je trouve ça génial. Le match entre Thomas et Charlie est absolument incroyable. » Isabelle Joschke (MACSF) est également très attentive : « Je suis contente qu’il y ait du match jusqu’au bout. C’est génial que le peloton de tête soit groupé et que Justine (Mettraux) soit dedans, c’est top à voir. »
Petite cerise sur le gâteau, le vainqueur battra peut-être le record de l’épreuve en IMOCA, détenu depuis 2014 par François Gabart (en 12 jours, 4 heures, 38 minutes et 55 secondes). Mais ce n’est pas la priorité, l’important est d’arriver une seconde avant le deuxième !
Des avaries et une grosse frayeur
Si les regards sont tournés vers les prochains concurrents attendus à Pointe-à-Pitre, la course continue pour 34 des 38 skippers qui ont pris le départ de Saint-Malo il y a 11 jours. Ce dimanche, on a notamment appris qu’Antoine Cornic (Human Immobilier) a subi un choc avec un OFNI il y a quelques jours. L’impact a entraîné une fissure importante sur la tête de quille. Le niveau de vigilance à bord a été augmenté et Antoine Cornic reste en course. Toujours dans le Top 5, Paul Meilhat (Biotherm) rencontre lui aussi des soucis techniques. « Encore un morceau de joint décollé sur la trappe de soute à voiles donc encore des heures à vider les centaines de litres à l’avant, écrit-il. J’ai l’impression de vivre dans un pédiluve depuis 2 jours. Je fais quelques sorties de piste avec cette carène un peu déstabilisée. Mais pour l’instant on va dire que c’est sous contrôle. »
François Guiffant (Kattan) s’est fait une grosse frayeur. Il raconte : « Hier soir, la charge moteur était en route depuis un petit moment et le circuit d'eau de refroidissement a dû se boucher avec une saleté, je n'ai pas fait attention et à un moment il y avait de la fumée partout dans le bateau. Je suis rentré un peu en speed à l'intérieur, j'ai pris l'extincteur, ouvert le moteur et il y avait du liquide de refroidissement partout, de la fumée blanche, j’ai éteint. Ça m’a bien fait penser à l’épisode de Fabrice (Amedeo). Mais après vérification du circuit, j’ai laissé reposer le moteur, la saleté qui bouchait le circuit est partie. Mais c’est toujours impressionnant de voir de la fumée qui sort du bateau. »
