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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

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Guirec Soudée - Freelance.com


Alors que les arrivées s’enchaînent à Pointe-à-Pitre, ceux qui restent en course s’appuient sur leurs concurrents directs pour conserver de la motivation et se battre jusqu’au bout. C’est le cas d’Antoine Cornic (Human Immobilier, 22e) qui ne boude pas son plaisir. De son côté, Guirec Soudée (Freelance.coom, 25e) a enchaîné les pépins techniques mais il tient bon, tout comme Alan Roura (Hublot. Voici leurs mots durant la vacation de 11h (heure métropole) ce mardi 22 novembre.


Antoine Cornic (Human Immobilier) : « on va se battre entre nous ! »


« Je vais plutôt bien, j’ai choppé deux gros grains à 36 nœuds ce matin, c’était un peu « chaud patate » ! C’est vraiment super sympa, nous sommes pas mal de concurrents ensemble. C’est exaltant et ça motive. À 600 milles de l’arrivée, tu ne te dis pas que la messe est dite. Là, on est avec pas mal de bateaux à dérives dans un mouchoir de poche. On ne rattrapera pas ceux qui sont 120 milles devant nous mais on va se battre entre nous durant les deux jours qui restent. Je suis hyper content et j’apprécie à fond cette Route du Rhum – Destination Guadeloupe. C’est ma première et j’espère que ce ne sera pas la dernière. Je me suis éclaté pour le moment, même si je compose toujours avec ces avaries de quille qui font office d’épée de Damoclès. Je ne sais pas si elle va me laisser finir la course tranquillement ! Cette transatlantique est vraiment une bonne chose pour l’équipe et pour le projet en vue d’une participation au prochain Vendée Globe. La solitude ne me pèse pas trop, notamment grâce aux ‘visio’ en famille, et c’est bon signe pour la suite de l’aventure. J’ai hâte de pouvoir fêter ça avec ma femme et ma fille (mon fils prépare le bac) mais aussi les partenaires. C’est aussi leur course. »


Guirec Soudée (Freelance.com) : « je ne m’ennuie pas »


C’est un peu chaud en ce moment. Ça fait 2/3 jours que j’ai pas mal de petits pépins. J’ai fait un départ à l’abattée sous spi il y a deux jours. Du coup, le bateau a pas mal penché, le mât a touché l’eau, la grand-voile s’est bloquée… J’ai réussi à redresser mais c’était limite, j’ai galéré à tout affaler et le Code 0 est tombé à l’eau…Je l’ai récupéré et le spi a explosé aussi… J’ai mis quatre heures avant de reprendre la route. Heureusement que j’avais mon 2e spi que j’ai envoyé dans la foulée Hier, il y a eu un petit coup de mou. Je ne pouvais plus affaler et j’ai dû couper, choquer l’amure et derrière il a fallu planquer le spi derrière la grand-voile. Mais à la main et sans chaussette, c’est tendu, d’autant que ça fait 400m2 ! Après, c’est reparti, à une moyenne de 18 nœuds. Et au bout d’un moment, j’ai entendu un gros bruit. Je me suis dit que je venais de perdre le mât mais il était toujours en place. Le petit gennaker était en drapeau, à 30 mètres de haut et dans 25 nœuds… J’ai dû le laisser tomber dans l’eau, je suis un peu dégoûté. "


Alan Roura (Hublot) : « C’est dur à accepter » (message envoyé du bord)


« J’attends le lever du jour avec impatience, ce sera sûrement le dernier au large de cette Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Le vent est très instable le bateau va parfois très vite jusqu’à se faire coucher, et d’autres fois il a de la peine à se lancer. C’est très bizarre à vivre.


J’ai essayé d’empanner un peu plus à l’est que mes camarades de devant pour ne pas les suivre et tenter un dernier coup. Mais nous n’avons pas le même vent et encore une fois, ça ne joue pas en ma faveur.


Le GPS donne environ 200 milles pour le Nord de la Guadeloupe. Maintenant, ça va aller vite et en même temps, comme toujours, la fin peut être très longue. Beaucoup d’orages sont annoncés sur la fin, il faudra rester vigilant.


J’ai l’impression d’arriver avec un bateau en bon état, sans gros soucis techniques. Quelques soucis de groupe électrogène, hier, qui m’ont valu des heures de mécanique avec le bateau qui surfait à plus de 25 nœuds. J’ai finalement réussi à faire repartir la machine, ouf ! Mais en gros, la préparation du bateau était nickel, un coup de propre et il sera prêt à repartir dans l’autre sens.


Je suis très partagé entre la joie d’arriver de l’autre côté et ce goût amer d’une course loin d’être réussie sur le plan sportif. J’ai appris énormément de choses, c’était aussi un des objectifs. J’ai compris aussi certains points du bateau, même s’il m’en reste encore d’autres à éclaircir.


Je refais la course dans ma tête depuis des jours. Ce qui ressort, c’est que je n’ai pas été assez opportuniste dans mes choix météo, quitte à faire route inverse à un moment. L’option au sud des Açores m’a tué. J’étais devant Pip (Hare), j’avais tout pour finir dans le Top 10, mais j’avoue que je ne croyais pas en leur option.


Je garde quand même en tête qu’après 5 jours de près, j’ai réussi à ne pas perdre trop de terrain et ça c’est un sacré pas en avant avec ce bateau ! Après, je peux refaire la course pendant des heures, le fait est que c’est dur à accepter.


Il ne faut rien lâcher, il nous reste quand même des milles à faire et surtout le tour de la Guadeloupe. Suivant quoi il y a toujours moyen de remonter un peu, si je ne suis pas trop loin des copains ! »


Antoine Cornic- Human Immobilier

  • 22 nov. 2022
  • 4 min de lecture

Guirec Soudée - Freelance.com


Alors que les arrivées s’enchaînent à Pointe-à-Pitre, ceux qui restent en course s’appuient sur leurs concurrents directs pour conserver de la motivation et se battre jusqu’au bout. C’est le cas d’Antoine Cornic (Human Immobilier, 22e) qui ne boude pas son plaisir. De son côté, Guirec Soudée (Freelance.coom, 25e) a enchaîné les pépins techniques mais il tient bon, tout comme Alan Roura (Hublot. Voici leurs mots durant la vacation de 11h (heure métropole) ce mardi 22 novembre.


Antoine Cornic (Human Immobilier) : « on va se battre entre nous ! »


« Je vais plutôt bien, j’ai choppé deux gros grains à 36 nœuds ce matin, c’était un peu « chaud patate » ! C’est vraiment super sympa, nous sommes pas mal de concurrents ensemble. C’est exaltant et ça motive. À 600 milles de l’arrivée, tu ne te dis pas que la messe est dite. Là, on est avec pas mal de bateaux à dérives dans un mouchoir de poche. On ne rattrapera pas ceux qui sont 120 milles devant nous mais on va se battre entre nous durant les deux jours qui restent. Je suis hyper content et j’apprécie à fond cette Route du Rhum – Destination Guadeloupe. C’est ma première et j’espère que ce ne sera pas la dernière. Je me suis éclaté pour le moment, même si je compose toujours avec ces avaries de quille qui font office d’épée de Damoclès. Je ne sais pas si elle va me laisser finir la course tranquillement ! Cette transatlantique est vraiment une bonne chose pour l’équipe et pour le projet en vue d’une participation au prochain Vendée Globe. La solitude ne me pèse pas trop, notamment grâce aux ‘visio’ en famille, et c’est bon signe pour la suite de l’aventure. J’ai hâte de pouvoir fêter ça avec ma femme et ma fille (mon fils prépare le bac) mais aussi les partenaires. C’est aussi leur course. »


Guirec Soudée (Freelance.com) : « je ne m’ennuie pas »


C’est un peu chaud en ce moment. Ça fait 2/3 jours que j’ai pas mal de petits pépins. J’ai fait un départ à l’abattée sous spi il y a deux jours. Du coup, le bateau a pas mal penché, le mât a touché l’eau, la grand-voile s’est bloquée… J’ai réussi à redresser mais c’était limite, j’ai galéré à tout affaler et le Code 0 est tombé à l’eau…Je l’ai récupéré et le spi a explosé aussi… J’ai mis quatre heures avant de reprendre la route. Heureusement que j’avais mon 2e spi que j’ai envoyé dans la foulée Hier, il y a eu un petit coup de mou. Je ne pouvais plus affaler et j’ai dû couper, choquer l’amure et derrière il a fallu planquer le spi derrière la grand-voile. Mais à la main et sans chaussette, c’est tendu, d’autant que ça fait 400m2 ! Après, c’est reparti, à une moyenne de 18 nœuds. Et au bout d’un moment, j’ai entendu un gros bruit. Je me suis dit que je venais de perdre le mât mais il était toujours en place. Le petit gennaker était en drapeau, à 30 mètres de haut et dans 25 nœuds… J’ai dû le laisser tomber dans l’eau, je suis un peu dégoûté. "


Alan Roura (Hublot) : « C’est dur à accepter » (message envoyé du bord)


« J’attends le lever du jour avec impatience, ce sera sûrement le dernier au large de cette Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Le vent est très instable le bateau va parfois très vite jusqu’à se faire coucher, et d’autres fois il a de la peine à se lancer. C’est très bizarre à vivre.


J’ai essayé d’empanner un peu plus à l’est que mes camarades de devant pour ne pas les suivre et tenter un dernier coup. Mais nous n’avons pas le même vent et encore une fois, ça ne joue pas en ma faveur.


Le GPS donne environ 200 milles pour le Nord de la Guadeloupe. Maintenant, ça va aller vite et en même temps, comme toujours, la fin peut être très longue. Beaucoup d’orages sont annoncés sur la fin, il faudra rester vigilant.


J’ai l’impression d’arriver avec un bateau en bon état, sans gros soucis techniques. Quelques soucis de groupe électrogène, hier, qui m’ont valu des heures de mécanique avec le bateau qui surfait à plus de 25 nœuds. J’ai finalement réussi à faire repartir la machine, ouf ! Mais en gros, la préparation du bateau était nickel, un coup de propre et il sera prêt à repartir dans l’autre sens.


Je suis très partagé entre la joie d’arriver de l’autre côté et ce goût amer d’une course loin d’être réussie sur le plan sportif. J’ai appris énormément de choses, c’était aussi un des objectifs. J’ai compris aussi certains points du bateau, même s’il m’en reste encore d’autres à éclaircir.


Je refais la course dans ma tête depuis des jours. Ce qui ressort, c’est que je n’ai pas été assez opportuniste dans mes choix météo, quitte à faire route inverse à un moment. L’option au sud des Açores m’a tué. J’étais devant Pip (Hare), j’avais tout pour finir dans le Top 10, mais j’avoue que je ne croyais pas en leur option.


Je garde quand même en tête qu’après 5 jours de près, j’ai réussi à ne pas perdre trop de terrain et ça c’est un sacré pas en avant avec ce bateau ! Après, je peux refaire la course pendant des heures, le fait est que c’est dur à accepter.


Il ne faut rien lâcher, il nous reste quand même des milles à faire et surtout le tour de la Guadeloupe. Suivant quoi il y a toujours moyen de remonter un peu, si je ne suis pas trop loin des copains ! »


Antoine Cornic- Human Immobilier

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