- 12 nov. 2022
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Marc Guillemot - METAROM MG5 © Martin Keruzoré
La flotte de la catégorie Rhum devrait aujourd’hui être ralentie pendant quelques heures. A l’arrière du front en effet, c’est le calme après la tempête. Mais ce répit météorologique n’est pourtant pas de tout repos, bien au contraire : dans ces zones de calmes, ponctuées de vents erratiques, il faut rester vigilant et concentré sur la marche du bateau pour ne pas perdre des milles précieux, et se préparer, déjà, au passage d’un nouveau front qui devrait rattraper la flotte en fin de journée.
Les monocoques seront logés à la même enseigne. Les premiers, Jean-Pierre Dick (Notre Méditerranée - Ville de Nice) en tête, sortent, actuellement, du front alors que d’autres, plus à l’arrière, commencent tout juste à le traverser. La bonne nouvelle pour eux, c’est qu’au fil du temps, à force de s’étirer, le front s’essouffle et perd intensité.
Etienne Hoechede (PiR2) en Rhum Multi a repris la mer hier depuis Roscoff après avoir résolu ses problèmes d’électricité.
Willy Bissainte (Tradysion Gwadloup), que nous n’avons pas réussi à joindre à la vacation, nous a envoyé un petit mot du bord : "Bonjour tout va bien à bord ! Rien de particulier. Une nuit qui me met en avance sur mes routages; Grand bord de reaching ou la longueur du bateau parle d'elle-même. A bientôt Wilfrid".
Guy Pronier (Terranimo) "Tout va bien ; je viens d'interrompre mes vacances pour vous répondre ;-) Je devrais arriver vers le Cap Finistère dans la soirée et je me prépare à passer le front. Terranimo est un bateau assez confortable : j’arrive à bien dormir et à manger. J’ai passé une très bonne nuit, j’ai dû dormir 6 heures cette nuit voire même un peu plus ! J'ai bien récupéré de l’émotion du départ. Sportivement, je suis bien dans les objectifs que je m’étais fixés avec, comme pour tous mes amis, je pense, quelques petits soucis techniques, mais c’est traité maintenant. En route pour le suite !"
Gilles Colubi (Kornog 2) "Je suis au nord du Cap Finistère : tout va bien. Actuellement les conditions sont maniables, ça devrait se renforcer à partir de 16 heures jusqu’à 25 /30 nœuds. Je suis assez sud pour éviter de prendre trop de vent dans le second front qui devrait être un peu plus violent. Je n’ai pas de souci avec le bateau pour le moment, tout va bien ! J’ai lâché un peu mes petits copains qui ont décidé de passer le front, moi je ne voulais pas prendre de risques : c’est plus sage pour cette première partie, le but c’est de faire du sud pour aller chercher les alizés tout de suite ; Je n’avais pas envie de prendre une option trop ouest. Hier j'ai vu un truc amusant : un cargo avec un kite qui était suivi par un cargo qui portait des pales d’éoliennes ! Je crois que le vent est en poupe en ce moment ! Ça a été ma récréation, au départ, je me demandais bien ce que ça pouvait être ce kite en pleine mer !?”
Marc Guillemot (METAROM MG5) : "Ça va bien, aucun souci à bord. C’est un petit peu agité pour l’instant. Je me suis vraiment régalé depuis le début de la course à faire marcher ce bateau surtout autour de la Bretagne. C’était vraiment sympa, un peu fatiguant puisqu’il n’était pas question de dormir avec tout le trafic maritime, les pêcheurs et surtout les concurrents. Maintenant je me prépare à du vent un peu plus soutenu qui se rapproche. On sent déjà les premiers indices qui nous font dire que ça va bien monter. Actuellement on est sur du 22-23 nœuds de vent avec une mer qui commence à être bien agitée mais ça va. Je vais continuer à réduire la toile car ça va monter au passage du front dans quelques heures. Jess nous a dépassé hier. Il allait clairement plus vite, deux nœuds plus vite que Lodigroup et moi. Et puis j’ai eu un petit black out de pilote qui a duré quelques secondes et qui m’a fait empanner avec les manœuvres qui vont avec. Du coup j’ai un peu perdu de vue Lodigroup mais ce n’est pas grave. La priorité est de sortir à 100% de cette vague de dépression et d’être bien en forme, le bateau autant que le bonhomme, pour attaquer la partie plus alizés si on en trouve un peu”.
Brieuc Maisonneuve (CMA Ile de France - 60 000 Rebonds) : “La nuit a été assez tonique. On a eu pas mal de vent avec une mer un peu formée. J’ai deux-trois galères. Je profite un peu de la pétole pour faire des réparations. J’ai les embouts de lattes qui se dévissent donc c’est un peu galère parce qu’elles pendouillent. J’ai encore affalé ma grand-voile. J’ai essayé de monter dans le mât mais l’alpinisme, ce n’est vraiment pas mon truc ! J’étais justement en train de bricoler avec des lattes de spare et un hameçon un espèce de système pour essayer d’accrocher mon hook et le faire redescendre. Je ne pense pas que ça va marcher mais ça occupe. Le problème, c’est que je n’ai pas le talent de MacGyver donc je le fais dans la souffrance. Mais on y arrive par la force des choses. Je me suis servi du magnifique cadeau que nous a fait Arkema avec les colles Bostik : j’ai deux doigts qui sont collés, que j’essaie de décoller avec une lame de cutter (rires). Je ne suis vraiment pas doué pour la bricole mais je vais prendre cours puisque je suis soutenu par 250.000 artisans. Le plus difficile depuis le début de course : quand j’ai reçu l’email de la Direction de Course me disant que j’avais volé le départ et que j’avais quatre heures de pénalité. Là tu te dis que soit tu t’effondres et tu ramasses, soit au contraire tu te reconcentres et tu essaies d’y retourner. Du coup j’étais hyper motivé. J’ai adoré la première nuit. J’avais l’impression de faire du Figaro. Au passage de la pointe Bretagne, j’étais content de mon coup parce qu’il y en a beaucoup qui sont passés par le Fromveur, et moi, le bateau marche vite quand la mer est plate et le Four a été un vrai billard, donc c’était nickel. Après je suis parti direct dans l’ouest alors que mes camarades de jeu ont fait du sud. Forcément, en termes de position, je suis devant mais je pense que pour le moment, le match est très, très loin d’être joué. Bien au contraire ! Le fait de bien connaître mon bateau aide. Je passe 200-250 jours par an sur ce bateau depuis trois ans. Je sais quand je peux tirer dessus et au contraire quand il vaut mieux un peu mollir. Pour le moment, je ne me suis pas fait peur, ça va vite, c’est sympa. Le dispositif anti-chavirage se déclenche de temps en temps. D’habitude, je navigue avec un bateau qui est beaucoup plus lourd puisque j’ai des clients à bord et tout le matos de charter. Là il est plus léger et plus volage donc il faut faire attention. Globalement, c’est un bateau qui est hyper sain. Côté stratégie, c’est un peu le money time pour cette option. Tout dépendra de la vitesse à laquelle on va traverser cette partie un peu molasse et ce soir, on va retoucher le front en espérant qu’il ne soit pas trop violent. Je n’ai pas encore regardé la météo ce matin, mais j’ai l’impression que le passage des Açores va être aussi être un petit morceau. Le but du jeu c’est de ne pas se cramer, de dormir. Je suis content. La nuit dernière, j’ai réussi à dormir. Il faut essayer de faire la balance entre aller vite et ne pas non plus se mettre complètement dans le rouge. Là, on est dans du faux calme. Le vent est hyper instable. Il y a 10 nœuds de vent et de gros nuages devant. Tout à l’heure il y avait 5 nœuds. Je pense que ça va rentrer assez vite et en plus, il y a encore de la mer résiduelle donc le bateau a un peu de mal à accélérer. Il faut être un peu sur les réglages pour le faire marcher. Ce ne sont pas des conditions très reposantes. A la rigueur tu dors mieux dans 20 nœuds au près quand tu sais que le bateau est sous pilote et qu’il avance. Alors que dans ces conditions, si tu veux aller vite, il faut quand même être un peu dessus”.
