- 22 nov. 2022
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Marc Guillemot - METAROM MG5© Martin Keruzoré
Pour les skippers de la catégorie Rhum, la route qui les mène à la Guadeloupe est encore longue ; de quelques jours de mer pour les premiers jusqu’à un peu plus d’une dizaine pour les derniers mono encore à hauteur des Canaries.
Alors forcément, avec autant d’écart en latéral, les conditions et les fortunes sont très diverses. Ce matin Marc Guillemot (METAROM MG5), Philippe Poupon (Flo) et Rémy Gérin ( Faïaoahe) ont répondu à la vacation
Marc Guillemot - Metarom MG5
“_Tout va bien. La nuit qui vient de s’écouler a été vraiment essentielle pour moi car ça fait déjà trois-quatre jours qu’on est dans un système d’alizés assez intenses avec des grains assez forts. Je ne sais pas pourquoi, cette nuit, ça s’est super bien passé. Il n’y a pas eu de gros grains et j’ai pu récupérer un petit peu. Il le fallait vraiment. C’est fatiguant parce qu’il faut garder en permanence l’écoute à la main même quand je dors, je garde l’écoute de spi prêt à larguer. Et puis c’est aussi stressant parce qu’à trois-quatre reprises, ça m’est arrivé et je ne suis certainement pas le seul à qui ça a dû arriver, j’ai pris 28-30 nœuds sous le grand-spi et la grand-voile haute ! Je peux te dire que l’on serre un peu les fesses pendant 5-10 minutes, le temps que le grain passe. C’est assez angoissant et stressant. A des moments c’est un peu tendu, mais je dirais qu’à l’instant où on se parle, c’est parfait !
Il faut adapter ses voiles par rapport aux conditions, et c’est vrai que dans la période que l’on vient de vivre, on a plutôt tendance à être plutôt sous-toilé que surtoilé parce que quand on s’est fait prendre au piège deux-trois fois, on essaie d’être plus vigilant et du coup on a tendance à mettre une configuration de toile qui permet d’être plus sécurisé au moment où les grains arrivent. A bord de Metarom, je dirais que je suis plutôt sous-toilé que sur-toilé dans ces moments-là. On est un peu comme des machines. On est programmé pour mettre 15-16 jours. Si on n’en met 25 ça ne va pas le faire donc là tout va bien. Ce qui est sympa en tous cas et ce pourquoi on est là, c’est parce qu’il y a une régate. Et on se bagarre bien avec ceux qui sont devant, We Explore et Lodigroup. Il y a un beau match avec Halvard Mabire (GDD), Gwen Chapalain (Guyader - Savéol). Je trouve que c’est intéressant. Je ne parle pas de JESS car il est vraiment loin devant, et il a un bateau vraiment différent ; il fait une belle course en plus. Mais en tous cas, je trouve qu’avec les cinq bateaux dont je viens de parler, on fait une belle course. C’est assez intense et c’est ça qui donne la dynamique de notre catégorie. Il y a de la bagarre. Ce n’est pas une catégorie “croisière” où l’objectif est juste de se faire plaisir. Il y a aussi de la compétition, et c’est ça qui m’anime. Rien n’est facile mais la Tête à l’Anglais est encore à 800 et 900 milles. Il y a encore de la route. Les autres sont peut-être à une centaine de milles mais ce qui est certain, c’est que la régate n’est pas finie. Et quand la régate n’est pas finie, tout peut se passer.
Tout de suite, je fais faire ce que je fais tous les matins au lever du jour : de super céréales des Déshydratés Bretons avec des fruits et du lait de coco. Et ça c’est magique et ça donne la pêche pour commencer. Et ensuite je prends les fichiers météo, je regarde un petit peu. Il n’y a pas beaucoup de place pour la lecture. J’ai amené des podcasts de Tip & Shaft mais finalement je n’ai pas eu trop le temps de me poser là-dessus. J’écouterai ça au retour après la course_”.
Philippe Poupon - Flo
Tout va bien, je n’ai pas de souci particulier, ça avance sur la route des Alizés. On tire des grands bords au portant à une vitesse assez élevée entre 15 et 20 nœuds. A certains moments, c’est un peu stressant, ça reste des multicoques. On fait attention. La nuit, on ne voit rien donc au moindre doute, je ramasse le gennaker. Là, on a 25 à 30 nœuds de vent réel et le bateau marche entre 15 et 20 nœuds mais la mer n’est pas trop dangereuse. Je ne sais pas du tout où sont mes adversaires, depuis mes deux arrêts ça a un peu changé ma course, j’avance sur ma route au mieux et au plus vite, et on verra le classement final. Flo est un bateau superbe et magique ; il va bien, j’en profite pleinement et je mesure la chance que j’ai d’avoir ce bateau entre les mains. j’essaye de le ménager pour aller jusqu’en Guadeloupe.
Rémy Gérin - Faiaoahe
Je suis bien au large des Canaries, pile à la longitude du Cap Vert. Les conditions sont assez agréables : là, j’ai entre 15 et 20 nœuds et j’ai eu assez peu de grains hier et cette nuit. Le bateau va bien. Le capot de la baille à mouillage s’était arraché à la fin du deuxième front j’avais embarqué 200 ou 300 litres d’eau que j'avais vidé avant de colmater le panneau. La réparation à l'air de tenir. J’arrive à bien dormir et à me nourrir correctement. J’ai beaucoup discuté avec Guy (Pronier) de Terranimo, on a beaucoup échangé sur la nécessité qu’il poursuive sa route. C’est sympa que tout le monde aille au bout. Pour l’instant dans la classe tout le monde est en course et ce serait sympa qu’on termine tous. Le soleil est levé depuis une bonne heure. J’étais juste en train de petit déjeuner, ma petite routine du matin : je presse des citrons, je met dedans du jus de carottes et de clémentines, j’ai mes compléments alimentaires : spiruline, curcuma, gingembre, un oeuf au plat et du pain qui sort du four ! C’est agréable, le bateau marche entre 7 à 7,5 nœuds, Je suis sous GV 2 ris et génois à 80% ( il fait 150 m²). et je n’ai pas encore le stress d’avoir à naviguer entre les grains, on est encore un peu loin des zones. L‘arrivée n’est pas du tout une projection, c'est encore trop loin.
