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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© Pierrick Contin - DVSEP


Si le scénario catastrophe d’un départ dimanche a été évité pour les multicoques, la situation météo exposée ce matin au briefing par Météo Consult promet une course rapide vers Pointe-à-Pitre, mais toujours très tonique avec du près pour deux à quatre jours minimum selon qu’il s’agit des Ultim 32/23 ou des Ocean Fifty. Et la descente ensuite vers la Guadeloupe ne sera pas forcément plus reposante…


Tous au front ! C’est le menu météo des premiers jours de course qui attend les multicoques. Avec une mer résiduelle de plus de 3 mètres annoncée par Météo Consult à Ouessant dans la soirée de mercredi et un vent bien calé au sud-ouest, les skippers de multicoques vont devoir composer avec une allure qui n’est pas forcément la tasse de thé de leurs machines. Au près océanique et à condition de tirer un peu sur la barre, les derniers Ultim 32/23 maintiennent des vitesses élevées, entre 25 et 30 noeuds, ce qui devrait leur permettre de toucher le front qui les attend sur un axe Irlande-Açores dès jeudi midi à la longitude du Fastnet. L’heure de vérité pour les trimarans volants qui s’étaient montrés trop fragiles il y a quatre ans mais qui, selon l’ensemble des skippers interrogés, «ont passé un step structurel » « Nous ne sommes plus dans l’impasse de dimanche et on pourra faire des choix dès la sortie de Manche. La route idéale ne sera peut-être pas la meilleure. Les routages n’ont jamais peur et sur nos multicoques, il faut tenir compte d’autres paramètres » commentait ce matin Yves Le Blévec (Actual Ultim 3) à la sortie du briefing météo. Ce n’est qu’après le passage du front que les Ultim pourront commencer à mettre du Sud dans leur route et penser aux alizés. Mais le couloir s’annonce étroit pour rejoindre la bordure de l’anticyclone des Açores, promesse d’alizés que les premiers pourraient attraper dès samedi soir. Une phase très technique avec une cadence qui s’accélèrera encore.


Deux fronts plutôt qu’un pour les Ocean Fifty

Chez les Ocean Fifty, la tactique s’avère plus complexe et la navigation encore plus humide. Avec 30 à 35 noeuds de vent prévus en avant du front et des rafales à plus de 40, les trimarans de 50 pieds navigueront à la limite. « Surtout, il y a peu de chances qu’ils parviennent à basculer au Sud dès le premier front. Ils seront vraisemblablement obligés d’aller en chercher un second. La mer risque d’être vraiment compliquée dans ces parages » nous expliquait ce matin Yann Eliès qui route Erwan Le Roux (Koésio) avec Jean-Yves Bernot. S’il n’ y a pas de véritable stratégie d’évitement, il y a fort à parier que les skippers chercheront à créer des décalages Sud par rapport à la route théorique, dès la pointe de Bretagne qu’ils atteindront vers minuit mercredi, en multipliant les virements vers l’intérieur du golfe de Gascogne. « Ce ne sera pas évident de trouver les opportunités disait Armel Tripon en sortie de briefing, mais ça reste une possibilité. A la sortie de la mer d’Iroise, il y aura en tous cas deux options et il faudra choisir» Et faire preuve de beaucoup d’engagement et de lucidité sur les trimarans de 50 pieds : «On voit bien que ça reste la Route du Rhum, on ne part pas pour des vacances, abonde Sam Goodchild, l’un des favoris sur Leyton, même s’il est bizuth de l’épreuve en multicoque. Et le britannique de poursuivre : « Ce qui fait peur c’est l’inconnu. J’ai énormément de chance d’avoir beaucoup appris en naviguant avec de grands skippers de multicoque sur leurs bateaux, mais à un moment, il faut bien faire sa première. Tu peux parler avec Seb Josse ou Thomas Coville de ce que tu fais quand tu as 45 noeuds, si tu roules ou pas avant un vilain nuage,… Un jour, c’est toi qui devra prendre la décision. » Ils sont quatre sur les huit engagés en Ocean Fifty pour leur première Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Les plus capés comme Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton-ARSEP) qui «espérait un peu de violet sur les cartes météo » avant le départ seront donc servis, mais quel rythme adopteront les bizuths ? Conservateurs ou offensifs ? Eric Péron (Komilfo) pourrait bien faire partie de la seconde catégorie : « Si on avait eu des conditions de demoiselle, j’aurais été en difficulté. Là, on part pour faire du près jusqu’aux Açores, la brise nivelle les performances et jusqu’à preuve du contraire mon bateau est bon dans ces conditions»

  • 8 nov. 2022
  • 3 min de lecture

© Pierrick Contin - DVSEP


Si le scénario catastrophe d’un départ dimanche a été évité pour les multicoques, la situation météo exposée ce matin au briefing par Météo Consult promet une course rapide vers Pointe-à-Pitre, mais toujours très tonique avec du près pour deux à quatre jours minimum selon qu’il s’agit des Ultim 32/23 ou des Ocean Fifty. Et la descente ensuite vers la Guadeloupe ne sera pas forcément plus reposante…


Tous au front ! C’est le menu météo des premiers jours de course qui attend les multicoques. Avec une mer résiduelle de plus de 3 mètres annoncée par Météo Consult à Ouessant dans la soirée de mercredi et un vent bien calé au sud-ouest, les skippers de multicoques vont devoir composer avec une allure qui n’est pas forcément la tasse de thé de leurs machines. Au près océanique et à condition de tirer un peu sur la barre, les derniers Ultim 32/23 maintiennent des vitesses élevées, entre 25 et 30 noeuds, ce qui devrait leur permettre de toucher le front qui les attend sur un axe Irlande-Açores dès jeudi midi à la longitude du Fastnet. L’heure de vérité pour les trimarans volants qui s’étaient montrés trop fragiles il y a quatre ans mais qui, selon l’ensemble des skippers interrogés, «ont passé un step structurel » « Nous ne sommes plus dans l’impasse de dimanche et on pourra faire des choix dès la sortie de Manche. La route idéale ne sera peut-être pas la meilleure. Les routages n’ont jamais peur et sur nos multicoques, il faut tenir compte d’autres paramètres » commentait ce matin Yves Le Blévec (Actual Ultim 3) à la sortie du briefing météo. Ce n’est qu’après le passage du front que les Ultim pourront commencer à mettre du Sud dans leur route et penser aux alizés. Mais le couloir s’annonce étroit pour rejoindre la bordure de l’anticyclone des Açores, promesse d’alizés que les premiers pourraient attraper dès samedi soir. Une phase très technique avec une cadence qui s’accélèrera encore.


Deux fronts plutôt qu’un pour les Ocean Fifty

Chez les Ocean Fifty, la tactique s’avère plus complexe et la navigation encore plus humide. Avec 30 à 35 noeuds de vent prévus en avant du front et des rafales à plus de 40, les trimarans de 50 pieds navigueront à la limite. « Surtout, il y a peu de chances qu’ils parviennent à basculer au Sud dès le premier front. Ils seront vraisemblablement obligés d’aller en chercher un second. La mer risque d’être vraiment compliquée dans ces parages » nous expliquait ce matin Yann Eliès qui route Erwan Le Roux (Koésio) avec Jean-Yves Bernot. S’il n’ y a pas de véritable stratégie d’évitement, il y a fort à parier que les skippers chercheront à créer des décalages Sud par rapport à la route théorique, dès la pointe de Bretagne qu’ils atteindront vers minuit mercredi, en multipliant les virements vers l’intérieur du golfe de Gascogne. « Ce ne sera pas évident de trouver les opportunités disait Armel Tripon en sortie de briefing, mais ça reste une possibilité. A la sortie de la mer d’Iroise, il y aura en tous cas deux options et il faudra choisir» Et faire preuve de beaucoup d’engagement et de lucidité sur les trimarans de 50 pieds : «On voit bien que ça reste la Route du Rhum, on ne part pas pour des vacances, abonde Sam Goodchild, l’un des favoris sur Leyton, même s’il est bizuth de l’épreuve en multicoque. Et le britannique de poursuivre : « Ce qui fait peur c’est l’inconnu. J’ai énormément de chance d’avoir beaucoup appris en naviguant avec de grands skippers de multicoque sur leurs bateaux, mais à un moment, il faut bien faire sa première. Tu peux parler avec Seb Josse ou Thomas Coville de ce que tu fais quand tu as 45 noeuds, si tu roules ou pas avant un vilain nuage,… Un jour, c’est toi qui devra prendre la décision. » Ils sont quatre sur les huit engagés en Ocean Fifty pour leur première Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Les plus capés comme Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton-ARSEP) qui «espérait un peu de violet sur les cartes météo » avant le départ seront donc servis, mais quel rythme adopteront les bizuths ? Conservateurs ou offensifs ? Eric Péron (Komilfo) pourrait bien faire partie de la seconde catégorie : « Si on avait eu des conditions de demoiselle, j’aurais été en difficulté. Là, on part pour faire du près jusqu’aux Açores, la brise nivelle les performances et jusqu’à preuve du contraire mon bateau est bon dans ces conditions»

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