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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

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Christophe Bogrand - Château du Launay© Benjamin Sellier


18è jour de course pour les concurrents de la douzième Route du Rhum Destination Guadeloupe. Après les arrivées de Fabrice Payen (Ille et Vilaine Cap vers l'Inclusion) et Philippe Poupon (Flo) cette nuit, il reste 5 Rhum Multi en mer, dont les quatre Olden Goldies. Entre eux, alors qu’il ne leur reste plus que 400 milles à parcourir, la régate est intense, nous confirmait Christophe Bogrand (Château du Launay) à la vacation ce matin. Etienne Hochede (PiR2) est attendu sur la ligne en milieu de matinée.


En Rhum Mono, la journée devrait consacrer la seule femme de la catégorie, Catherine Chabaud (Formatives ESI Business School pour Ocean As Common) deuxième à se présenter sur la ligne d’arrivée ici à Pointe-à-Pitre. Catherine prouve qu’elle n’a rien perdu de sa combativité en mer. Au fil des milles la navigatrice a complètement retrouvé toutes ses sensations de marin et livre une très belle copie à bord de son cigare rouge. Wilfrid Clerton (Cap au cap Location), en mode furtif depuis plusieurs jours, mais bien présent sur la course et toujours combatif, devrait lui monter sur la troisième marche sur podium. Son arrivée est prévue mardi matin en Guadeloupe. 11 concurrents sont donc toujours en course dans cette catégorie historique qui ne compte aucun abandon.


Christophe Bogrand - Château du LaunayBonjour, content de vous entendre à la vacation ! Comme quoi, il ne faut jamais désespérer !ça va, ça va même super bien ! Je suis à 100%, comme le bateau ! On est heureux d’être au soleil depuis 10 jours maintenant. On vit au rythme des alizés plus ou moins forts mais on est un couple heureux ! Juste avant les Canaries j’ai eu un problème de foc, j'ai dû faire un petit plus de sud. ça m’a fait perdre une centaine de milles. C’était pas évident à rattraper mais on y a cru avec raison puisqu’hier j’ai vu Acapella sur mon AIS à 5 milles de moi. C’était un super moment d’avoir Charlie à la VHF d’avoir pu échanger sur nos 17 jours de course sans avoir nous voir. Thomas (Lurton) sur Moxie est vraiment dans le coup aussi ; Happy est un peu plus en arrière, ce sera plus difficile pour lui de revenir, mais d’être tous les quatre ensemble dans un rayon de 50 milles c'est juste exceptionnel ! ça reflète bien la philosophie de cette Route du Rhum avec différentes catégories, des bateaux plus anciens qui ont du plaisir à naviguer ensemble, je crois que c’est quelque chose qu’il ne faut pas oublier. On est vraiment dans les origines.


Je me sens vraiment bien : physiquement, je suis bien préparé, d’un point de vue alimentation je ne peux pas être mieux et surtout je suis en phase avec ce bateau. J’aime le grand large donc pour moi c’est que du bonheur. Au-delà du large, il y a aussi la compétition. On essaye de mieux faire marcher le bateau, on s’expose à fond. Il faut faire attention à ne pas partir en survitesse pour planter dans le fond de la vague, il faut être conscient que ces bateaux ont des limites qu’il faut savoir écouter. Depuis 72 heures voire plus, on a des régimes d’alizés d’environ 15 nœuds au portant, c’est juste ce qu’il faut pour avancer - on a eu des petites molles 2 - 3 heures et ce matin c’est reparti sur du 20 nœuds. Depuis le début, on ne lâche rien ! L'idée c’est que ça continue jusqu’au bout, rester dans notre rythme sans prendre des risques inconsidérés. Avec Charlie, on en parlait hier, on aime beaucoup nos bateaux qui ont une âme, une histoire. Des bateaux dans lesquels on se sent bien et auxquels on est très attachés. La Guadeloupe, on a hâte d’y être même si on est content de ce qu’on mange, de ce qu’on boit.. ça me fait du bien d’être dehors, ça me fait du bien psychologiquement et ça me fait prendre du recul par rapport à la société dans laquelle on vit, toutes ces réflexions rendent la Route du Rhum très intéressante.


Arnaud Pennarun - Viabilis – Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré, Je suis sous spi depuis hier à 8 nœuds mais jusqu’à la nuit de vendredi à samedi, il n’y avait pas de vent. J’étais dans la pétole. Je ne supporte pas ça. C’est compliqué d’autant plus que j’essaie toujours d’avancer, pas de rester bloqué. Et par conséquent, j’ai essayé toutes sortes de modifications de voiles, de faire des trucs compliqués, surtout que j’ai des voiles assez lourdes à bord. Là, il faut des voiles très légères. J’ai trouvé des petites combines. Ça me faisait marcher à 1 nœud, 1,5 nœud, j’étais très fier de moi. Là, j’ai une mer 2 à 3, c’est-à-dire que j’ai 2,5 m de houle assez serrée, et du vent du nord-est. Il y a 18-19 nœuds et j’avance à 8 nœuds à peu près, en faisant un peu plus de sud que la route directe. Mais je fais un peu de sud parce que le 2 décembre, ils annoncent à nouveau une molle en plein sur la route et je voudrai l’éviter, celle-là. Je suis un peu plus ouest que Daniel Ecalard (SOS Pare-Brise +) et Jean-Sébastien Biard (JSB Déménagements). Tous les matins, je positionne les concurrents de la catégorie Mono Rhum. Je vois un peu où ils sont. Pour l’instant, je n’ai vu personne, J’ai vu quatre cargos depuis qu’on est parti, mais sur cette route que j’ai prise, il n’y a vraiment aucun bateau. Je suis tout seul. J’ai envoyé quelques mails pour féliciter ceux qui sont devant et à ceux qui sont derrière. On a notamment partagé sur la possibilité de décaler la ligne. J’avais prévu aujourd’hui de faire un mail à Catherine (Chabaud) pour lui dire bravo. Je pense qu’elle arrive aujourd’hui ou demain. La date de mon arrivée ? Je scrute la météo et les réglages autant que je peux parce que les fichiers m’amènent au 7 et je ne sais pas trop ce qu’il va se passer sur le tour de l’île, si j’aurai du vent ou pas. Pour l’instant, c’est complètement incertain. Je suis incapable de dire si j’arriverai ou pas avant la fermeture de la ligne, mais en tous cas, je serai probablement vers le 7 autour de l’île ».

  • 28 nov. 2022
  • 4 min de lecture

Christophe Bogrand - Château du Launay© Benjamin Sellier


18è jour de course pour les concurrents de la douzième Route du Rhum Destination Guadeloupe. Après les arrivées de Fabrice Payen (Ille et Vilaine Cap vers l'Inclusion) et Philippe Poupon (Flo) cette nuit, il reste 5 Rhum Multi en mer, dont les quatre Olden Goldies. Entre eux, alors qu’il ne leur reste plus que 400 milles à parcourir, la régate est intense, nous confirmait Christophe Bogrand (Château du Launay) à la vacation ce matin. Etienne Hochede (PiR2) est attendu sur la ligne en milieu de matinée.


En Rhum Mono, la journée devrait consacrer la seule femme de la catégorie, Catherine Chabaud (Formatives ESI Business School pour Ocean As Common) deuxième à se présenter sur la ligne d’arrivée ici à Pointe-à-Pitre. Catherine prouve qu’elle n’a rien perdu de sa combativité en mer. Au fil des milles la navigatrice a complètement retrouvé toutes ses sensations de marin et livre une très belle copie à bord de son cigare rouge. Wilfrid Clerton (Cap au cap Location), en mode furtif depuis plusieurs jours, mais bien présent sur la course et toujours combatif, devrait lui monter sur la troisième marche sur podium. Son arrivée est prévue mardi matin en Guadeloupe. 11 concurrents sont donc toujours en course dans cette catégorie historique qui ne compte aucun abandon.


Christophe Bogrand - Château du LaunayBonjour, content de vous entendre à la vacation ! Comme quoi, il ne faut jamais désespérer !ça va, ça va même super bien ! Je suis à 100%, comme le bateau ! On est heureux d’être au soleil depuis 10 jours maintenant. On vit au rythme des alizés plus ou moins forts mais on est un couple heureux ! Juste avant les Canaries j’ai eu un problème de foc, j'ai dû faire un petit plus de sud. ça m’a fait perdre une centaine de milles. C’était pas évident à rattraper mais on y a cru avec raison puisqu’hier j’ai vu Acapella sur mon AIS à 5 milles de moi. C’était un super moment d’avoir Charlie à la VHF d’avoir pu échanger sur nos 17 jours de course sans avoir nous voir. Thomas (Lurton) sur Moxie est vraiment dans le coup aussi ; Happy est un peu plus en arrière, ce sera plus difficile pour lui de revenir, mais d’être tous les quatre ensemble dans un rayon de 50 milles c'est juste exceptionnel ! ça reflète bien la philosophie de cette Route du Rhum avec différentes catégories, des bateaux plus anciens qui ont du plaisir à naviguer ensemble, je crois que c’est quelque chose qu’il ne faut pas oublier. On est vraiment dans les origines.


Je me sens vraiment bien : physiquement, je suis bien préparé, d’un point de vue alimentation je ne peux pas être mieux et surtout je suis en phase avec ce bateau. J’aime le grand large donc pour moi c’est que du bonheur. Au-delà du large, il y a aussi la compétition. On essaye de mieux faire marcher le bateau, on s’expose à fond. Il faut faire attention à ne pas partir en survitesse pour planter dans le fond de la vague, il faut être conscient que ces bateaux ont des limites qu’il faut savoir écouter. Depuis 72 heures voire plus, on a des régimes d’alizés d’environ 15 nœuds au portant, c’est juste ce qu’il faut pour avancer - on a eu des petites molles 2 - 3 heures et ce matin c’est reparti sur du 20 nœuds. Depuis le début, on ne lâche rien ! L'idée c’est que ça continue jusqu’au bout, rester dans notre rythme sans prendre des risques inconsidérés. Avec Charlie, on en parlait hier, on aime beaucoup nos bateaux qui ont une âme, une histoire. Des bateaux dans lesquels on se sent bien et auxquels on est très attachés. La Guadeloupe, on a hâte d’y être même si on est content de ce qu’on mange, de ce qu’on boit.. ça me fait du bien d’être dehors, ça me fait du bien psychologiquement et ça me fait prendre du recul par rapport à la société dans laquelle on vit, toutes ces réflexions rendent la Route du Rhum très intéressante.


Arnaud Pennarun - Viabilis – Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré, Je suis sous spi depuis hier à 8 nœuds mais jusqu’à la nuit de vendredi à samedi, il n’y avait pas de vent. J’étais dans la pétole. Je ne supporte pas ça. C’est compliqué d’autant plus que j’essaie toujours d’avancer, pas de rester bloqué. Et par conséquent, j’ai essayé toutes sortes de modifications de voiles, de faire des trucs compliqués, surtout que j’ai des voiles assez lourdes à bord. Là, il faut des voiles très légères. J’ai trouvé des petites combines. Ça me faisait marcher à 1 nœud, 1,5 nœud, j’étais très fier de moi. Là, j’ai une mer 2 à 3, c’est-à-dire que j’ai 2,5 m de houle assez serrée, et du vent du nord-est. Il y a 18-19 nœuds et j’avance à 8 nœuds à peu près, en faisant un peu plus de sud que la route directe. Mais je fais un peu de sud parce que le 2 décembre, ils annoncent à nouveau une molle en plein sur la route et je voudrai l’éviter, celle-là. Je suis un peu plus ouest que Daniel Ecalard (SOS Pare-Brise +) et Jean-Sébastien Biard (JSB Déménagements). Tous les matins, je positionne les concurrents de la catégorie Mono Rhum. Je vois un peu où ils sont. Pour l’instant, je n’ai vu personne, J’ai vu quatre cargos depuis qu’on est parti, mais sur cette route que j’ai prise, il n’y a vraiment aucun bateau. Je suis tout seul. J’ai envoyé quelques mails pour féliciter ceux qui sont devant et à ceux qui sont derrière. On a notamment partagé sur la possibilité de décaler la ligne. J’avais prévu aujourd’hui de faire un mail à Catherine (Chabaud) pour lui dire bravo. Je pense qu’elle arrive aujourd’hui ou demain. La date de mon arrivée ? Je scrute la météo et les réglages autant que je peux parce que les fichiers m’amènent au 7 et je ne sais pas trop ce qu’il va se passer sur le tour de l’île, si j’aurai du vent ou pas. Pour l’instant, c’est complètement incertain. Je suis incapable de dire si j’arriverai ou pas avant la fermeture de la ligne, mais en tous cas, je serai probablement vers le 7 autour de l’île ».

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