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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

Il s’est mis à pleuvoir sur le ponton de Pointe-à-Pitre mercredi en début de soirée, comme lors de l’arrivée d’Ambrogio Beccaria. Mais Corentin Douguet, 3e de cette Route du Rhum – Destination Guadeloupe en Class40, a conservé son sourire, savourant le moment et faisant preuve d’une sacrée lucidité en évoquant son parcours. C’était le temps d’une introspection et, surtout, de belles retrouvailles. Il y avait ses enfants, sa femme, son ami Yoann Richomme et son rival des Açores, Ambrogio Beccaria. Il y avait un bel esprit de famille et de l’émotion aussi, même si le skipper de Queguiner – Innoveo a résisté aux larmes. Premières confidences.


Le sentiment à l’arrivée. « Quand j’ai coupé la ligne, je me sentais un peu seul… Il n’y avait pas foule ! Je suis content, ça reste un podium sur une Route du Rhum – Destination Guadeloupe et un très bon résultat. Je visais un peu plus haut à la base mais je savais que ce serait compliqué et ça s’est compliqué un peu vite mais c’est top d’être là. C’est le ‘Rhum’, c’est la légende… Et je comprends mieux pourquoi c’est la légende. On en a bavé quand même ! »


Face à l’adversité. « Entre mon moteur Lombardini et Ambrogio, il a fallu lutter contre des Italiens ! Ça n’a pas été simple mais ça ne l’est jamais la course au large. Là, c’était un peu frustrant de ne pas pouvoir jouer vraiment la gagne. À un moment, ces problèmes techniques m'ont un peu sortis du match. J’ai dû rater quelques détails dans ma préparation, ce qui n’a pas été le cas de Yoann (Richomme) et d’Ambrogio (Beccaria). C’est une explication mais je ne cherche pas d’excuse. Avec ou sans ce problème moteur, rien ne dit que j’aurais pu les battre. »


La 3e place. « On a longtemps hésité à faire une escale aux Açores. Si ça avait été le cas, la 3e place aurait été compliquée à aller chercher. Continuer, c’était la bonne décision même s’il y avait une pénalité de 45 minutes à faire. Mais c’était moins long de faire des ronds dans l’eau à la pointe du Vieux fort que de s’arrêter aux Açores. »


La victoire de Richomme. « Je suis super content pour Yoann. C’était une belle année, on a beaucoup échangé, beaucoup collaboré. Je ne pensais pas qu’il en arriverait à de telles extrémités. Pour moi, Yoann, c’est le Djokovic de la course au large : il n’a personne à craindre. Mais visiblement, il a un peu eu peur de moi. Il y a pas mal de mecs de son équipe qui sont passés sur mon bateau donc je me demande si mon problème moteur n’yest pas lié (rires). Il n’avait pas besoin de ça ! »


L’intensité de la bataille. « Malheureusement, on s’est livré bataille qu’une moitié de la course. Ça ne m’a pas surpris parce que je connais Yoann. La course est dure, on le sait. Mais c’est vrai qu’il y a eu la semaine de près et puis ce sont des bateaux très durs à vivre, vraiment violents. Tout ça cumulé, ça fait que tu es toujours dans de la souffrance perpétuelle. Tout est difficile. Il y a un bruit de dingue, d’autant qu’il y a très peu de cloisons, la vie à bord est compliquée, ça va vite mais ça tape fort. Il y a quand même deux bateaux qui ont démâté dans le 2e front, ça donne une idée des impacts. Et ça, c’est tout le temps, ça ne s’arrête jamais au près comme au portant. Tout tape et cogne là-dedans. En première semaine, tu es aussi beaucoup à l’intérieur. Mais on est là et j’entends quand on me parle. »


La fin d’une aventure. « C’était une année incroyable grâce à la famille et au groupe Queguiner. C’était une année de dingue où j’ai pu travailler comme je le voulais. Je fais mon plus mauvais résultat ici mais ça reste une année où on aura fait un podium sur toutes les courses. On ne peut pas être déçu de ça. Malgré la souffrance ces 15 derniers jours, c’était assez génial de monter ce projet. »


Le niveau de la classe. « C’est chouette. On est très nombreux, il y a un très bon niveau, c’est tout ce qu’on aime dans la course au large. Il y a un mélange entre ces bateaux qui sont incroyables d'efficacité et de vitesse. Il y a de supers combats sur l’eau parce qu’il y a du monde et du niveau. C’est un régal d’être en Class40 dans cette période-là. »


L’avenir. « L’avenir proche, c’est un ti punch ! »

  • 24 nov. 2022
  • 3 min de lecture

Il s’est mis à pleuvoir sur le ponton de Pointe-à-Pitre mercredi en début de soirée, comme lors de l’arrivée d’Ambrogio Beccaria. Mais Corentin Douguet, 3e de cette Route du Rhum – Destination Guadeloupe en Class40, a conservé son sourire, savourant le moment et faisant preuve d’une sacrée lucidité en évoquant son parcours. C’était le temps d’une introspection et, surtout, de belles retrouvailles. Il y avait ses enfants, sa femme, son ami Yoann Richomme et son rival des Açores, Ambrogio Beccaria. Il y avait un bel esprit de famille et de l’émotion aussi, même si le skipper de Queguiner – Innoveo a résisté aux larmes. Premières confidences.


Le sentiment à l’arrivée. « Quand j’ai coupé la ligne, je me sentais un peu seul… Il n’y avait pas foule ! Je suis content, ça reste un podium sur une Route du Rhum – Destination Guadeloupe et un très bon résultat. Je visais un peu plus haut à la base mais je savais que ce serait compliqué et ça s’est compliqué un peu vite mais c’est top d’être là. C’est le ‘Rhum’, c’est la légende… Et je comprends mieux pourquoi c’est la légende. On en a bavé quand même ! »


Face à l’adversité. « Entre mon moteur Lombardini et Ambrogio, il a fallu lutter contre des Italiens ! Ça n’a pas été simple mais ça ne l’est jamais la course au large. Là, c’était un peu frustrant de ne pas pouvoir jouer vraiment la gagne. À un moment, ces problèmes techniques m'ont un peu sortis du match. J’ai dû rater quelques détails dans ma préparation, ce qui n’a pas été le cas de Yoann (Richomme) et d’Ambrogio (Beccaria). C’est une explication mais je ne cherche pas d’excuse. Avec ou sans ce problème moteur, rien ne dit que j’aurais pu les battre. »


La 3e place. « On a longtemps hésité à faire une escale aux Açores. Si ça avait été le cas, la 3e place aurait été compliquée à aller chercher. Continuer, c’était la bonne décision même s’il y avait une pénalité de 45 minutes à faire. Mais c’était moins long de faire des ronds dans l’eau à la pointe du Vieux fort que de s’arrêter aux Açores. »


La victoire de Richomme. « Je suis super content pour Yoann. C’était une belle année, on a beaucoup échangé, beaucoup collaboré. Je ne pensais pas qu’il en arriverait à de telles extrémités. Pour moi, Yoann, c’est le Djokovic de la course au large : il n’a personne à craindre. Mais visiblement, il a un peu eu peur de moi. Il y a pas mal de mecs de son équipe qui sont passés sur mon bateau donc je me demande si mon problème moteur n’yest pas lié (rires). Il n’avait pas besoin de ça ! »


L’intensité de la bataille. « Malheureusement, on s’est livré bataille qu’une moitié de la course. Ça ne m’a pas surpris parce que je connais Yoann. La course est dure, on le sait. Mais c’est vrai qu’il y a eu la semaine de près et puis ce sont des bateaux très durs à vivre, vraiment violents. Tout ça cumulé, ça fait que tu es toujours dans de la souffrance perpétuelle. Tout est difficile. Il y a un bruit de dingue, d’autant qu’il y a très peu de cloisons, la vie à bord est compliquée, ça va vite mais ça tape fort. Il y a quand même deux bateaux qui ont démâté dans le 2e front, ça donne une idée des impacts. Et ça, c’est tout le temps, ça ne s’arrête jamais au près comme au portant. Tout tape et cogne là-dedans. En première semaine, tu es aussi beaucoup à l’intérieur. Mais on est là et j’entends quand on me parle. »


La fin d’une aventure. « C’était une année incroyable grâce à la famille et au groupe Queguiner. C’était une année de dingue où j’ai pu travailler comme je le voulais. Je fais mon plus mauvais résultat ici mais ça reste une année où on aura fait un podium sur toutes les courses. On ne peut pas être déçu de ça. Malgré la souffrance ces 15 derniers jours, c’était assez génial de monter ce projet. »


Le niveau de la classe. « C’est chouette. On est très nombreux, il y a un très bon niveau, c’est tout ce qu’on aime dans la course au large. Il y a un mélange entre ces bateaux qui sont incroyables d'efficacité et de vitesse. Il y a de supers combats sur l’eau parce qu’il y a du monde et du niveau. C’est un régal d’être en Class40 dans cette période-là. »


L’avenir. « L’avenir proche, c’est un ti punch ! »

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