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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

A bord de Kornog2 avec Gilles Colubi


La vacation de jour a apporté beaucoup de joie : les skippers de la catégorie RHUM sont heureux en mer et ça s’entend ! Beaucoup d’émotion aussi, en particulier avec Wilfrid Clerton (Cap au Cap Location) qui évoque un de ses amis disparu et l’impatience de retrouver ses proches… Voyage au milieu de l’Atlantique


Gilles Colubi - Kornog 2 « Ça va très bien, une nuit sous spi avec pas mal de vent. On n’a pas pu dormir beaucoup parce que l’alarme vent se mettait en route tous les quarts d’heure. Le vent est monté jusqu’à 26 nœuds cette nuit sous spi. Ce n’était pas vraiment des grains mais des surventes. Ça a duré deux-trois minutes mais ça suffit pour partir au lof mais ça permettait aussi de faire des milles. J’ai fait de la distance, c’était sympa même si c’était un peu chaud. Il fallait y aller parce que je savais que le vent allait baisser et que j’allais faire beaucoup moins de vitesse avec un vent de 15 nœuds. Donc je suis resté sous spi coûte que coûte. Et sinon, je suis très content parce que j’ai doublé mon copain Olivier (Nemsguern) sur Elora, qui était le dernier adversaire potentiel que je pouvais doubler. Les autres sont très loin et très rapides. Je suis très, très content de mon positionnement de 5e. ça fait un moment que j’étais dessus, à regarder toutes les heures où il était, s’il avançait bien etc. Effectivement, ce qu’il faut, c’est arriver avant la date de clôture de ligne. J’espère qu’elle sera reculée de deux-trois jours pour la catégorie Rhum Mono sinon ça va être chaud pour beaucoup de monde de rentrer dans le classement. Sinon tout va bien, pas vraiment de souci. Le bonhomme va bien et le bateau est nickel à part un petit souci avec un grand gennaker. A l’affalage, sous un grain, il ne s’est pas bien enroulé. Je l’ai affalé à moitié dans l’eau, à moitié enroulé, à moitié déroulé, tout ça bien sûr la nuit. J’ai mis un peu de temps à récupérer tout ça. Il me faudrait entre 5 et 10 nœuds de vent pour le dérouler complètement mais je n’en aurai peut-être pas besoin d’ici l’arrivée. De toute façon, j’ai un 2e gennaker plus petit au cas où. Être 5e, pour mon bateau, qui est le plus petit des Rhum Mono, c’était inespéré. A part Elora, les autres sont loin. Le bateau va bien au portant mais je suis très, très content de ma course. Pour le moment tout se passe bien et on va assurer maintenant pour arriver, ne pas faire de bêtises, de belles manœuvres. Maintenant que le positionnement est fait, on va garder cette place si possible sans avoir de tuile. Je me vois arriver dans 8 jours et 10 heures. J’ai refait un routage ce matin. Tout ça, ça varie mais c’est ce que le routage estime parce qu’après, le vent baisse. _


Willy Bissainte - Tradisyon GwadloupJe ne dors pas beaucoup entre la mer, le stress…Et il y a trop de bruit dans le bateau. J’ai une pompe de cale qui fonctionne 24/24 et qui fait du boucan. Je vais dormir pendant six mois après l’arrivée. Sinon ça se passe bien. J’ai réussi à remettre un peu de grand-voile. Depuis que j’avais arraché mon rail de grand-voile j’étais sous deux ris et là j’ai réussi à en enlever un. Je vais plus vite donc je suis content. Après on n’est pas loin. On va arriver dans cinq jours. Là je suis 4e. J’aurais bien aimé faire 3e mais je crois que ça va être un peu juste. Mais je vais essayer de titiller un peu Wilfrid mais il y a un écart important, ça va être compliqué. Après je ne vais pas faire le fou non plus. Déjà l’objectif c’est d’arriver. C’est déjà une place sympa. On verra ! J’ai hâte d’arriver, j’ai ma dose. Quand on voit tous ceux qui sont déjà arrivés, les Ultim 32/23 qui ont mis six jours, les Class40 qui ont mis 14 jours, on a envie d’arriver aussi ! Tout le monde m’attend à la maison. Là, il faut descendre au sud parce que les hautes pressions descendent au fur et à mesure. L’idée est de précéder la chute de l’alizé pour rester dedans. C’est pour ça que j’étais bien content de remettre un peu de grand-voile pour accélérer à nouveau et ne pas m’enfoncer dans les hautes pressions.


Wilfrid Clerton - Cap au Cap Location“Tout se passe bien. On est sous spi et grand-voile et on avance entre 10 et 16 nœuds. Il y a un peu de mer ce matin, on fait de beaux surfs. Tout va bien, c’est le lever du soleil. C’est toujours magique, il y a de belles couleurs et une belle luminosité. C’est fort agréable. Ma balise est hors service depuis 15 jours. Je donne ma position tous les matins et tous les soirs à la direction de course. Je suis à 180 milles dans l’ouest devant Willy Bissainte et 250 milles derrière Catherine Chabaud. Je suis entre les deux en 3e position. Je vais tout faire pour arriver sur la ligne d’arrivée à cette place mais tant que ce n’est pas terminé, on ne dit rien, on navigue. Je viens de l’olympisme. Lorsque l’on participe à une course, ce n’est pas pour dire “j’ai participé” mais pour toujours essayer de donner le meilleur de soi-même et de gagner. On avait le potentiel pour, ça j’en suis convaincu. Maintenant, on a fait des choix stratégiques en début de course et en fait, il y a des choses qui se sont passées sur le bateau dont je n’ai pas parlé. J’ai tout caché mais c’est pour ça que je suis redescendu sur les Açores en prenant la route sud. Ce n’était pas du tout ce qui était prévu. Je ne suis pas du tout déçu. Si on m'avait dit avant le départ que je serais 3 à l’arrivée, et je parle au conditionnel, j’aurais signé tout de suite. Maintenant, il y a des choses que je dirai à l’arrivée, pas avant (rires). Je suis prof dans un lycée maritime de La Rochelle. Je remplace un ami qui malheureusement est décédé. C’est assez dur parce qu’il naviguait sur Kriter 8. On m’a demandé d’aller le remplacer et ça fait un an que je travaille au lycée maritime de La Rochelle avec les élèves. On les fait passer le Capitaine 200 et le Capitaine 500. On essaie de rentrer en communication téléphonique avec les élèves et mes collègues profs depuis plusieurs jours et on n’y arrive pas parce que l’on a eu beaucoup de problèmes avec les téléphones satellites pour récupérer les fichiers météo. Normalement, ce matin, on a calé une vacation. L’idée est de leur dire que tout va bien, que c’est top ce que l’on a fait. Traverser l’Atlantique, ce n’est pas donné à tout le monde. En plus, faire La Route du Rhum c’est pareil. Et on n’est pas nombreux depuis 1978 à avoir pu faire un podium ; j’espère qu’ils seront contents de ce que l’on a fait avec le bateau. Surtout que quand on l’a acheté il y a quelques années, il est parti faire le grand voyage de l’Hermione avec le lycée. Il y a toute histoire entre ce bateau et le lycée maritime de La Rochelle, en plus de ce que l’on fait avec Cap au Cap Location. Là, on a 20-25 nœuds d’ouest, 2-3 mètres de houle et grand soleil. Il fait très chaud. Ça va dérouler tranquillement, nous permettre de faire de jolis surfs et d’accélérer. Le but aujourd’hui, c’est de jouer avec la météo et naviguer à 60-70% avec le bateau de façon à ne pas prendre de risques au niveau technique et que l’on arrive jusqu’au bout en bon état. Selon mes routages, je devrais arriver mardi, il faut que je regarde si c’est le matin ou l’après-midi. Ma femme arrive. Je ne sais pas si ma fille vient car elle a des contrôles à l’école mais j’ai un doute, j’ai l’impression qu’il y a une entourloupe. Si elle est là, ça va être tout simplement top. Et j’ai tous mes potes et mes copines, les amis proches qui arrivent aussi dans l’avion avec Katia. Ça va être un grand moment d’émotion, ça ne va pas être facile mais ça va être une délivrance. On va partager tous ensemble ce moment que l’on attend depuis quelques années : faire un podium sur La Route du Rhum.


Roland Jourdain - We ExploreLe temps est instable. Quand on parle de temps à grains… Il y a des grains, des bulles. On n’est pas gâté. J’ai connu des alizés compliqués, mais là, c’est le Top 50. Le vent vient de basculer de 30 degrés avec une certaine force. Ça peut être embêtant avec les changements de voile. Cette nuit, il faisait très sombre. C’est compliqué et hier, c’était la mer. Ça tapait plus qu’au près dans la dépression ! C’était vraiment compliqué. J’ai cherché un équilibre avec les voiles que j’ai à bord. C’est un bateau que je ne connais pas bien, qui n’est pas dans mes critères standards habituels. On apprend à se découvrir l’un et l’autre. Ça ne démarre pas aussi vite que ce que j’ai connu avant mais on s’adapte à tout ça. C’est compliqué. Si je me base par rapport à mes petits camarades autour de moi, je savais que je souffrirais sur ce tronçon de parcours. Ça s'avère être le cas. C’est toujours un peu embêtant parce que tu te demandes si c’est toi qui ne fais pas bien. Mais ça donne de quoi t’occuper en tous les cas. Loïc m’a doublé parce qu’il va vite ! Alors peut-être qu’il fait moins de bêtises que moi aussi mais son bateau fait la moitié du poids de We Explore. Dans des allures au portant, ça ne peut qu’aider. Et Loïc est au taquet, il est bon, il est jeune et fougueux. Participer à la course, c’était un challenge un peu perso quand même. Il y a tout le concept de ce bateau construit en fibres végétales à 50%, les travaux que l’on fait autour du biocomposite avec les équipes, mettre en avant le fonds de dotation We Explore, explorer d’autres voies de performance environnementale. Après je n’avais aucune idée des capacités du bateau par rapport à ses camarades. Et puis je me suis pris au jeu. “Chassez le naturiste, il revient au bungalow” comme on dit ! Je suis super content pour le bateau parce qu’en plus, pour les incrédules ou ceux qui disaient que l’herbe prendrait l’eau et que ça ne marcherait jamais, on a été dans du mauvais temps et le bateau a fait sa route. C’est un beau concept. Je n’ai pas énormément dormi la nuit dernière. Il va falloir faire des siestes. Je pense que l’arrivée va être compliquée. Derrière, il y a Marco [Guillemot] ! Il n’est pas tout près mais il peut revenir vite. Je vais tout faire pour arriver le plus vite possible mais Loïc a vraiment le bateau qu’il faut pour être devant, ça tiendrait du miracle si je dépassais mais le tour de Guadeloupe peut faire partie du miracle…”.

  • 24 nov. 2022
  • 7 min de lecture

A bord de Kornog2 avec Gilles Colubi


La vacation de jour a apporté beaucoup de joie : les skippers de la catégorie RHUM sont heureux en mer et ça s’entend ! Beaucoup d’émotion aussi, en particulier avec Wilfrid Clerton (Cap au Cap Location) qui évoque un de ses amis disparu et l’impatience de retrouver ses proches… Voyage au milieu de l’Atlantique


Gilles Colubi - Kornog 2 « Ça va très bien, une nuit sous spi avec pas mal de vent. On n’a pas pu dormir beaucoup parce que l’alarme vent se mettait en route tous les quarts d’heure. Le vent est monté jusqu’à 26 nœuds cette nuit sous spi. Ce n’était pas vraiment des grains mais des surventes. Ça a duré deux-trois minutes mais ça suffit pour partir au lof mais ça permettait aussi de faire des milles. J’ai fait de la distance, c’était sympa même si c’était un peu chaud. Il fallait y aller parce que je savais que le vent allait baisser et que j’allais faire beaucoup moins de vitesse avec un vent de 15 nœuds. Donc je suis resté sous spi coûte que coûte. Et sinon, je suis très content parce que j’ai doublé mon copain Olivier (Nemsguern) sur Elora, qui était le dernier adversaire potentiel que je pouvais doubler. Les autres sont très loin et très rapides. Je suis très, très content de mon positionnement de 5e. ça fait un moment que j’étais dessus, à regarder toutes les heures où il était, s’il avançait bien etc. Effectivement, ce qu’il faut, c’est arriver avant la date de clôture de ligne. J’espère qu’elle sera reculée de deux-trois jours pour la catégorie Rhum Mono sinon ça va être chaud pour beaucoup de monde de rentrer dans le classement. Sinon tout va bien, pas vraiment de souci. Le bonhomme va bien et le bateau est nickel à part un petit souci avec un grand gennaker. A l’affalage, sous un grain, il ne s’est pas bien enroulé. Je l’ai affalé à moitié dans l’eau, à moitié enroulé, à moitié déroulé, tout ça bien sûr la nuit. J’ai mis un peu de temps à récupérer tout ça. Il me faudrait entre 5 et 10 nœuds de vent pour le dérouler complètement mais je n’en aurai peut-être pas besoin d’ici l’arrivée. De toute façon, j’ai un 2e gennaker plus petit au cas où. Être 5e, pour mon bateau, qui est le plus petit des Rhum Mono, c’était inespéré. A part Elora, les autres sont loin. Le bateau va bien au portant mais je suis très, très content de ma course. Pour le moment tout se passe bien et on va assurer maintenant pour arriver, ne pas faire de bêtises, de belles manœuvres. Maintenant que le positionnement est fait, on va garder cette place si possible sans avoir de tuile. Je me vois arriver dans 8 jours et 10 heures. J’ai refait un routage ce matin. Tout ça, ça varie mais c’est ce que le routage estime parce qu’après, le vent baisse. _


Willy Bissainte - Tradisyon GwadloupJe ne dors pas beaucoup entre la mer, le stress…Et il y a trop de bruit dans le bateau. J’ai une pompe de cale qui fonctionne 24/24 et qui fait du boucan. Je vais dormir pendant six mois après l’arrivée. Sinon ça se passe bien. J’ai réussi à remettre un peu de grand-voile. Depuis que j’avais arraché mon rail de grand-voile j’étais sous deux ris et là j’ai réussi à en enlever un. Je vais plus vite donc je suis content. Après on n’est pas loin. On va arriver dans cinq jours. Là je suis 4e. J’aurais bien aimé faire 3e mais je crois que ça va être un peu juste. Mais je vais essayer de titiller un peu Wilfrid mais il y a un écart important, ça va être compliqué. Après je ne vais pas faire le fou non plus. Déjà l’objectif c’est d’arriver. C’est déjà une place sympa. On verra ! J’ai hâte d’arriver, j’ai ma dose. Quand on voit tous ceux qui sont déjà arrivés, les Ultim 32/23 qui ont mis six jours, les Class40 qui ont mis 14 jours, on a envie d’arriver aussi ! Tout le monde m’attend à la maison. Là, il faut descendre au sud parce que les hautes pressions descendent au fur et à mesure. L’idée est de précéder la chute de l’alizé pour rester dedans. C’est pour ça que j’étais bien content de remettre un peu de grand-voile pour accélérer à nouveau et ne pas m’enfoncer dans les hautes pressions.


Wilfrid Clerton - Cap au Cap Location“Tout se passe bien. On est sous spi et grand-voile et on avance entre 10 et 16 nœuds. Il y a un peu de mer ce matin, on fait de beaux surfs. Tout va bien, c’est le lever du soleil. C’est toujours magique, il y a de belles couleurs et une belle luminosité. C’est fort agréable. Ma balise est hors service depuis 15 jours. Je donne ma position tous les matins et tous les soirs à la direction de course. Je suis à 180 milles dans l’ouest devant Willy Bissainte et 250 milles derrière Catherine Chabaud. Je suis entre les deux en 3e position. Je vais tout faire pour arriver sur la ligne d’arrivée à cette place mais tant que ce n’est pas terminé, on ne dit rien, on navigue. Je viens de l’olympisme. Lorsque l’on participe à une course, ce n’est pas pour dire “j’ai participé” mais pour toujours essayer de donner le meilleur de soi-même et de gagner. On avait le potentiel pour, ça j’en suis convaincu. Maintenant, on a fait des choix stratégiques en début de course et en fait, il y a des choses qui se sont passées sur le bateau dont je n’ai pas parlé. J’ai tout caché mais c’est pour ça que je suis redescendu sur les Açores en prenant la route sud. Ce n’était pas du tout ce qui était prévu. Je ne suis pas du tout déçu. Si on m'avait dit avant le départ que je serais 3 à l’arrivée, et je parle au conditionnel, j’aurais signé tout de suite. Maintenant, il y a des choses que je dirai à l’arrivée, pas avant (rires). Je suis prof dans un lycée maritime de La Rochelle. Je remplace un ami qui malheureusement est décédé. C’est assez dur parce qu’il naviguait sur Kriter 8. On m’a demandé d’aller le remplacer et ça fait un an que je travaille au lycée maritime de La Rochelle avec les élèves. On les fait passer le Capitaine 200 et le Capitaine 500. On essaie de rentrer en communication téléphonique avec les élèves et mes collègues profs depuis plusieurs jours et on n’y arrive pas parce que l’on a eu beaucoup de problèmes avec les téléphones satellites pour récupérer les fichiers météo. Normalement, ce matin, on a calé une vacation. L’idée est de leur dire que tout va bien, que c’est top ce que l’on a fait. Traverser l’Atlantique, ce n’est pas donné à tout le monde. En plus, faire La Route du Rhum c’est pareil. Et on n’est pas nombreux depuis 1978 à avoir pu faire un podium ; j’espère qu’ils seront contents de ce que l’on a fait avec le bateau. Surtout que quand on l’a acheté il y a quelques années, il est parti faire le grand voyage de l’Hermione avec le lycée. Il y a toute histoire entre ce bateau et le lycée maritime de La Rochelle, en plus de ce que l’on fait avec Cap au Cap Location. Là, on a 20-25 nœuds d’ouest, 2-3 mètres de houle et grand soleil. Il fait très chaud. Ça va dérouler tranquillement, nous permettre de faire de jolis surfs et d’accélérer. Le but aujourd’hui, c’est de jouer avec la météo et naviguer à 60-70% avec le bateau de façon à ne pas prendre de risques au niveau technique et que l’on arrive jusqu’au bout en bon état. Selon mes routages, je devrais arriver mardi, il faut que je regarde si c’est le matin ou l’après-midi. Ma femme arrive. Je ne sais pas si ma fille vient car elle a des contrôles à l’école mais j’ai un doute, j’ai l’impression qu’il y a une entourloupe. Si elle est là, ça va être tout simplement top. Et j’ai tous mes potes et mes copines, les amis proches qui arrivent aussi dans l’avion avec Katia. Ça va être un grand moment d’émotion, ça ne va pas être facile mais ça va être une délivrance. On va partager tous ensemble ce moment que l’on attend depuis quelques années : faire un podium sur La Route du Rhum.


Roland Jourdain - We ExploreLe temps est instable. Quand on parle de temps à grains… Il y a des grains, des bulles. On n’est pas gâté. J’ai connu des alizés compliqués, mais là, c’est le Top 50. Le vent vient de basculer de 30 degrés avec une certaine force. Ça peut être embêtant avec les changements de voile. Cette nuit, il faisait très sombre. C’est compliqué et hier, c’était la mer. Ça tapait plus qu’au près dans la dépression ! C’était vraiment compliqué. J’ai cherché un équilibre avec les voiles que j’ai à bord. C’est un bateau que je ne connais pas bien, qui n’est pas dans mes critères standards habituels. On apprend à se découvrir l’un et l’autre. Ça ne démarre pas aussi vite que ce que j’ai connu avant mais on s’adapte à tout ça. C’est compliqué. Si je me base par rapport à mes petits camarades autour de moi, je savais que je souffrirais sur ce tronçon de parcours. Ça s'avère être le cas. C’est toujours un peu embêtant parce que tu te demandes si c’est toi qui ne fais pas bien. Mais ça donne de quoi t’occuper en tous les cas. Loïc m’a doublé parce qu’il va vite ! Alors peut-être qu’il fait moins de bêtises que moi aussi mais son bateau fait la moitié du poids de We Explore. Dans des allures au portant, ça ne peut qu’aider. Et Loïc est au taquet, il est bon, il est jeune et fougueux. Participer à la course, c’était un challenge un peu perso quand même. Il y a tout le concept de ce bateau construit en fibres végétales à 50%, les travaux que l’on fait autour du biocomposite avec les équipes, mettre en avant le fonds de dotation We Explore, explorer d’autres voies de performance environnementale. Après je n’avais aucune idée des capacités du bateau par rapport à ses camarades. Et puis je me suis pris au jeu. “Chassez le naturiste, il revient au bungalow” comme on dit ! Je suis super content pour le bateau parce qu’en plus, pour les incrédules ou ceux qui disaient que l’herbe prendrait l’eau et que ça ne marcherait jamais, on a été dans du mauvais temps et le bateau a fait sa route. C’est un beau concept. Je n’ai pas énormément dormi la nuit dernière. Il va falloir faire des siestes. Je pense que l’arrivée va être compliquée. Derrière, il y a Marco [Guillemot] ! Il n’est pas tout près mais il peut revenir vite. Je vais tout faire pour arriver le plus vite possible mais Loïc a vraiment le bateau qu’il faut pour être devant, ça tiendrait du miracle si je dépassais mais le tour de Guadeloupe peut faire partie du miracle…”.

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