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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© Mickaël Largy


Pendant qu’Arnaud Pennarun (Viabilis – Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré) savoure son plaisir d’être en mer, Catherine Chabaud (Formatives ESI Business School pour Ocean As Common) et Jean-Pierre Dick (Notre Méditerranée - Ville de Nice) reviennent sur leurs engagements, leur motivation à s'investir pleinement. Halvard Mabire (GDD) revient sur les toutes relatives notions d’espace et de temps…


Catherine Chabaud - Formatives ESI Business School pour Ocean As Common _Bonjour la terre, Je vous espère en forme. Sur l'Atlantique tout va bien ; journée d'hier moins ventée : 18-20 nds contre 20-25 les jours précédents. J’ai ré-empanné pour replonger vers le sud-ouest afin de ne pas rester dans des vents trop mous et renvoyé un peu plus de toile en passant sous gennaker. La journée a été marquée aussi par mon échange avec ma délégation au Parlement européen. C’est une semaine de votes en plénière donc tout le monde est à Strasbourg. Ces semaines sont ponctuées de réunions de groupes et au sein des groupes, de réunion de délégations afin d'arrêter les positions sur les textes à voter. Ce sont toujours des semaines très denses. Je crois que nous étions réciproquement heureux de nous entendre. Mes collègues mesurent l'impact positif de mon engagement dans la Route du Rhum pour éclairer nos travaux et plus largement le Parlement européen.


J’ai aussi adressé un message à une bonne vieille copine de lycée, institutrice à Sèvres. En 1996, Frédérique Lesprit avait suivi mon Vendée Globe avec sa classe de CM1-CM2. Par la suite, nous avons lancé un premier projet pilote de kit pédagogique pour les écoles en partenariat avec la Transat Jacques Vabre et les Hauts de Seine, puis lancé un kit national pour le Vendée Globe 2000. Je crois pouvoir dire que nous avons été les pionnières en la matière, renouvelant l'initiative pour le Vendée Globe 2004-2005. Les enseignants comme Frédérique pouvaient suivre le programme académique officiel en l'illustrant de tout ce que l'on peut raconter autour de la course. Les transats comme la Route du Rhum - Destination Guadeloupe sont pertinentes même si un peu courtes pour un projet pédagogique. Mais Frédérique sait ajuster son programme et embarquer ses élèves. Quand elle a su que je courais, elle m'a adressé un message pour me dire : "Je m'apprête à suivre une dernière Route du Rhum depuis Sèvres avec mes petiots et j'apprends qu'elle va se courir avec toi ! Un vrai bonheur pour moi de boucler ainsi cette épopée de nombreuses courses vécues entre les murs d'une classe. Une aventure commencée en 1996 avec ce fameux Cigare Rouge et qui m'a laissé tellement de souvenirs émouvants... La carte est installée au mur de la classe, une petite épingle rouge pour ton bateau et toi, on est prêts à vous accompagner !" Hier j'ai adressé des photos à Frédérique et demain l'appellerai pendant sa classe. Moi aussi je suis émue de cette boucle que l'on referme ensemble. Je pense à tous les enfants qu'elle a embarqué dans ces aventures à la voile et qu'elle a fait rêver. Je pense à tous les enseignants de primaires et de secondaires qui suivent nos épopées et nourrissent leur enseignement de ce qu'est la mer, milieu naturel, territoire d'aventures et de découvertes, de science comme de littérature ou de géopolitique. C'est aussi un message que je porte au Parlement européen. Mon sentiment européen, je le dois en partie à la formidable Course de l'Europe organisée dans les années 1990 par Gérard Petipas. Je lui dois d'avoir découvert la plupart des capitales et grandes villes portuaires européennes à la voile. Au-delà de la compétition et de la technologie, nos courses au large demeurent de formidables terrains d'expérience et d'aventure. Je pense aussi aux jeunes Guadeloupéens qui nous suivent et aux relations que la Route du Rhum tissent depuis 1978 de part et d'autre de l'Atlantique. A toi Fred et à tous les enseignants et élèves qui nous suivent, je dédie cette journée de navigation. Merci de faire vivre nos épopées maritimes ! _ Catherine


Jean - Pierre Dick - Notre Méditerranée - Ville de NiceAvant la fin de la course, je veux vous dire pourquoi j'ai baptisé le JP54 « Notre Méditerranée – Ville de Nice » ainsi. En tant que niçois, j'avais à cœur de mettre en avant la mer Méditerranée dont j'ai l'honneur d'être un représentant, aux côtés des coureurs français Kito de Pavant et Xavier Macaire. Quasi close et sans marées, j'ai le sentiment qu'elle subit un trafic maritime hors normes, des températures d'eau en hausse, et que ses enjeux de survie sont supérieurs aux autres mers de notre littoral. Cette mer est un joyau de notre environnement et il est à défendre aujourd'hui. C'est comme dans une famille, lorsque quelqu'un est malade : l'instinct du groupe fait que tout le monde se rallie à la cause du plus mal en point. Pour moi, ce ne sont pas seulement les « locaux du Sud » qui doivent défendre leur mer, mais bien les français qui doivent monter au créneau. C'est cette prise de conscience qui a animé le choix du nom de mon bateau et que je voudrais vous transmettre par ce message. Cet été, de nombreux médias se sont intéressés à la Méditerranée. J'ai vu de beaux reportages mais également les constats scientifiques douloureux. C'est une très bonne chose que la sauvegarde de la Méditerranée émerge à un niveau national. Les américains ne défendent-ils pas le Yosemite Park ? Et les brésiliens la forêt amazonienne ? À mon sens, l'objectif à atteindre pour avoir une mer en meilleure santé est de préserver sa biodiversité. Lorsque l'on voit la vie marine et sa richesse, on comprend vite que c'est là que résident des solutions. Si nous arrivons à la maintenir et à l'accroître, nous aurons remporté une très belle manche. Cela passe par certains choix difficiles Évidement, vous pourriez me rétorquer : « Merci, Jean-Pierre, tu ne proposes rien de concret ? » C'est bien vrai. Mais je veux commencer aujourd'hui par un cri du cœur. Cette énergie initiale est importante, un peu comme le « Forza ! » que vous avez été si nombreux à reprendre, et je vous en remercie. Merci à la Ville de Nice, ABC arbitrage, Flytrans, Le réseau des Carnot, Gelphore France, le Groupe François 1er, Breizh Bio et DUNCAN Nice de me soutenir dans mon projet sportif. Bonne nuit Jean- Pierre


Arnaud Pennarun -Viabilis – Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré :


Dépression au nord, pétole au sud


Nouvelle dépression qui se présente sur l’Atlantique nord, ce qui pousse l’anticyclone dans le sud car les alizés ne sont pas encore bien établis. Alors ça modifie mes plans. Ce matin, j’ai pris une route sud sud-ouest, mais je ne pourrai pas échapper à la grosse pétole peut-être déjà à partir de demain après-midi et ce jusqu’à vendredi. Il est donc très difficile, avec cette météo instable où tous les jours il faut se reconfigurer, déterminer une date d'approche de la terre de Guadeloupe... Si les prévisions météo évoluent peu, il faut compter entre 14 et 15 jours en mer, soit une arrivée possible vers le 7 décembre…Et pourtant, le bateau marché bien. Je viens de passer une journée sous spi symétrique tangonné à 8,5 nœuds, mais les jours de pétole à venir vont se payer à l'arrivée. J’ai passé une partie de l’après-midi à reprendre une couture sur la misaine. La chaleur et le soleil commencent à arriver. Sinon tout va bien : j’ai de l’eau, des vivres, du gazole et de l’entrain… le bonheur ! Bonne nuit. Arnaud.


Halvard Mabire - GDD


Route du Rhum - Destination Guadeloupe - Espace et Temps


Bonjour Finalement, dans cette Route du Rhum ce qui est important c'est la Destination Guadeloupe. La Guadeloupe c'est "Outre Mer", c'est-à-dire de l'autre côté de l'Océan. On aurait tendance un peu à l'oublier, entre le fait de sauter dans un avion pour s'y retrouver quelques heures après, ou bien à voir l'Océan Atlantique se résumer à la taille de son écran en suivant la carto de la Route du Rhum. Mais y aller à la Voile cela remet bien les facteurs d'échelle à leur juste place, que ce soit pour les distances comme pour le temps. Evidemment les Ultim bousculent un peu cette notion de traversée d'un Océan. A partir du moment où cette traversée est "bâchée" en moins d'une semaine, je me demande si quelque part cela ne contribue pas à réduire encore la taille de la Planète Terre. Je trouve qu'une traversée aussi courte en temps n'est plus dans le "tempo" d'une Route du Rhum suivie par des milliers, voire des millions de personnes. Faire la Route du Rhum en Ultim, c'est un peu comme aller à Saint Jacques de Compostelle en moto, ce qui pour autant n'enlève rien aux mérites des skippers de ces fabuleuses machines. Mais il y a un moment où l'on peut peut-être se poser la question de savoir si l'important est la destination et l'éternel chasse au record de vitesse pour y arriver, ou bien le chemin pour y aller et la façon de le parcourir. Aussi quand on demande aux bateaux d'être à Saint-Malo pendant plus longtemps que ne dure la course elle-même, on ne sait plus si l'importance de l'événement est la kermesse d'avant le départ, ou la course elle-même. Si la notion de "temps de traversée" est donc un vaste sujet, je m'aperçois aussi que le fait de suivre les courses à travers les écrans chamboule complètement les notions de distances. Par exemple, sur la carto des bateaux peuvent sembler très proches. A force de zoomer/dézoomer à coup de molette, on ne sait plus où on en est, contrairement à l'époque où l'on travaillait sur des cartes papier et qu'il fallait d'abord commencer par intégrer l'échelle pour pouvoir apprécier les distances sur les cartes. Du coup, on en vient vite à faire des erreurs d'appréciation, et pas que les spectateurs qui suivent la course, nous mêmes les skippers pouvons nous faire prendre au piège aussi. Ainsi on peut se prendre le chou parce que le bateau "d'à côté" va beaucoup plus vite, ou les gens qui suivent à terre peuvent aussi se demander pourquoi untel n'avance pas alors que celui "d'à côté" va plus vite. Sauf que lorsque l'on prend en compte l'échelle à laquelle on est, mais dont on n'a aucune notion, ce sont souvent des dizaines de kilomètres, voire des centaines, qui séparent deux bateaux "proches". Inutile de dire qu'il y a bien peu de chance pour qu'ils aient les mêmes conditions de navigation, et là encore le fichier "grib" de la carto en rajoute une couche car, bien entendu, il ne prend pas en compte les phénomènes locaux et on a ainsi l'impression fort trompeuse que les deux bateaux que l'on suit ont "théoriquement" le même vent et la même mer. Mais pratiquement il n'en n'est rien. Si on prend l'exemple de deux bateaux naviguant à un instant T, l'un devant l'Aber Wrac'h, l'autre devant Carteret, il est évident pour tout le monde que ces deux bateaux ne naviguent absolument pas dans les mêmes conditions (malgré ce que dit Météo France qui diffuse un bulletin météo côtier "de la Hague à Penmarc'h" (ce qui ne ressemble à rien). Hors, c'est un peu ce qui se passe sur les traversées transocéaniques que l'on suit "virtuellement" depuis la terre. C'est pour ça qu'il est difficile de tirer des conclusions trop hâtives sur le potentiel de performance des bateaux, même si, à la longue, ce sont tout de même les plus rapides qui finissent par être devant. Mais lorsque je vois comment en quelques milles, donc en quelques minutes, les conditions peuvent changer et que d'un moment à l'autre on passe d'une phase "j'avance ni du cul ni de la tête" à une phase "ça glisse tout seul, je prends 3 noeuds comme de rien", que je me dis que vraiment il faut être bord à bord pour avoir une idée précise du potentiel de chaque bateau. C'est un peu pareil d'ailleurs pour les voiles. Je n'hésite pas à dire que je si j'ai eu à un moment l'impression de ne pas avoir fait le bon choix de voile embarquée, de fait et avec un peu de recul, il n'en n'est rien et si je devais repartir ce serait bien avec la même garde robe que celle que j'ai sur GDD. C'est tout simplement que lorsque je n'avançais pas, ce n'était pas la voile à incriminer mais parce que la mer était tellement désordonnée que le bateau n'arrivait absolument pas à prendre sa vitesse. Quelques heures après, sous la même configuration de voile et de réglages j'allais comme par hasard beaucoup plus vite, mais il avait suffit de quelques degrés de bascule de vent pour que je me retrouve à un angle différent avec les vagues, qui elles-mêmes n'étaient plus pareilles. Et comme par miracle, je retrouvais des vitesses "normales" par rapport au potentiel de GDD. Tout ça pour dire qu'à partir du moment où l'on perd le contact quasi visuel, on se retrouve à ne plus faire du tout la même course et si le parcours reste le même sur le fond, il n'en n'est rien sur l'eau. A bientôt. Halvard

  • 23 nov. 2022
  • 9 min de lecture

© Mickaël Largy


Pendant qu’Arnaud Pennarun (Viabilis – Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré) savoure son plaisir d’être en mer, Catherine Chabaud (Formatives ESI Business School pour Ocean As Common) et Jean-Pierre Dick (Notre Méditerranée - Ville de Nice) reviennent sur leurs engagements, leur motivation à s'investir pleinement. Halvard Mabire (GDD) revient sur les toutes relatives notions d’espace et de temps…


Catherine Chabaud - Formatives ESI Business School pour Ocean As Common _Bonjour la terre, Je vous espère en forme. Sur l'Atlantique tout va bien ; journée d'hier moins ventée : 18-20 nds contre 20-25 les jours précédents. J’ai ré-empanné pour replonger vers le sud-ouest afin de ne pas rester dans des vents trop mous et renvoyé un peu plus de toile en passant sous gennaker. La journée a été marquée aussi par mon échange avec ma délégation au Parlement européen. C’est une semaine de votes en plénière donc tout le monde est à Strasbourg. Ces semaines sont ponctuées de réunions de groupes et au sein des groupes, de réunion de délégations afin d'arrêter les positions sur les textes à voter. Ce sont toujours des semaines très denses. Je crois que nous étions réciproquement heureux de nous entendre. Mes collègues mesurent l'impact positif de mon engagement dans la Route du Rhum pour éclairer nos travaux et plus largement le Parlement européen.


J’ai aussi adressé un message à une bonne vieille copine de lycée, institutrice à Sèvres. En 1996, Frédérique Lesprit avait suivi mon Vendée Globe avec sa classe de CM1-CM2. Par la suite, nous avons lancé un premier projet pilote de kit pédagogique pour les écoles en partenariat avec la Transat Jacques Vabre et les Hauts de Seine, puis lancé un kit national pour le Vendée Globe 2000. Je crois pouvoir dire que nous avons été les pionnières en la matière, renouvelant l'initiative pour le Vendée Globe 2004-2005. Les enseignants comme Frédérique pouvaient suivre le programme académique officiel en l'illustrant de tout ce que l'on peut raconter autour de la course. Les transats comme la Route du Rhum - Destination Guadeloupe sont pertinentes même si un peu courtes pour un projet pédagogique. Mais Frédérique sait ajuster son programme et embarquer ses élèves. Quand elle a su que je courais, elle m'a adressé un message pour me dire : "Je m'apprête à suivre une dernière Route du Rhum depuis Sèvres avec mes petiots et j'apprends qu'elle va se courir avec toi ! Un vrai bonheur pour moi de boucler ainsi cette épopée de nombreuses courses vécues entre les murs d'une classe. Une aventure commencée en 1996 avec ce fameux Cigare Rouge et qui m'a laissé tellement de souvenirs émouvants... La carte est installée au mur de la classe, une petite épingle rouge pour ton bateau et toi, on est prêts à vous accompagner !" Hier j'ai adressé des photos à Frédérique et demain l'appellerai pendant sa classe. Moi aussi je suis émue de cette boucle que l'on referme ensemble. Je pense à tous les enfants qu'elle a embarqué dans ces aventures à la voile et qu'elle a fait rêver. Je pense à tous les enseignants de primaires et de secondaires qui suivent nos épopées et nourrissent leur enseignement de ce qu'est la mer, milieu naturel, territoire d'aventures et de découvertes, de science comme de littérature ou de géopolitique. C'est aussi un message que je porte au Parlement européen. Mon sentiment européen, je le dois en partie à la formidable Course de l'Europe organisée dans les années 1990 par Gérard Petipas. Je lui dois d'avoir découvert la plupart des capitales et grandes villes portuaires européennes à la voile. Au-delà de la compétition et de la technologie, nos courses au large demeurent de formidables terrains d'expérience et d'aventure. Je pense aussi aux jeunes Guadeloupéens qui nous suivent et aux relations que la Route du Rhum tissent depuis 1978 de part et d'autre de l'Atlantique. A toi Fred et à tous les enseignants et élèves qui nous suivent, je dédie cette journée de navigation. Merci de faire vivre nos épopées maritimes ! _ Catherine


Jean - Pierre Dick - Notre Méditerranée - Ville de NiceAvant la fin de la course, je veux vous dire pourquoi j'ai baptisé le JP54 « Notre Méditerranée – Ville de Nice » ainsi. En tant que niçois, j'avais à cœur de mettre en avant la mer Méditerranée dont j'ai l'honneur d'être un représentant, aux côtés des coureurs français Kito de Pavant et Xavier Macaire. Quasi close et sans marées, j'ai le sentiment qu'elle subit un trafic maritime hors normes, des températures d'eau en hausse, et que ses enjeux de survie sont supérieurs aux autres mers de notre littoral. Cette mer est un joyau de notre environnement et il est à défendre aujourd'hui. C'est comme dans une famille, lorsque quelqu'un est malade : l'instinct du groupe fait que tout le monde se rallie à la cause du plus mal en point. Pour moi, ce ne sont pas seulement les « locaux du Sud » qui doivent défendre leur mer, mais bien les français qui doivent monter au créneau. C'est cette prise de conscience qui a animé le choix du nom de mon bateau et que je voudrais vous transmettre par ce message. Cet été, de nombreux médias se sont intéressés à la Méditerranée. J'ai vu de beaux reportages mais également les constats scientifiques douloureux. C'est une très bonne chose que la sauvegarde de la Méditerranée émerge à un niveau national. Les américains ne défendent-ils pas le Yosemite Park ? Et les brésiliens la forêt amazonienne ? À mon sens, l'objectif à atteindre pour avoir une mer en meilleure santé est de préserver sa biodiversité. Lorsque l'on voit la vie marine et sa richesse, on comprend vite que c'est là que résident des solutions. Si nous arrivons à la maintenir et à l'accroître, nous aurons remporté une très belle manche. Cela passe par certains choix difficiles Évidement, vous pourriez me rétorquer : « Merci, Jean-Pierre, tu ne proposes rien de concret ? » C'est bien vrai. Mais je veux commencer aujourd'hui par un cri du cœur. Cette énergie initiale est importante, un peu comme le « Forza ! » que vous avez été si nombreux à reprendre, et je vous en remercie. Merci à la Ville de Nice, ABC arbitrage, Flytrans, Le réseau des Carnot, Gelphore France, le Groupe François 1er, Breizh Bio et DUNCAN Nice de me soutenir dans mon projet sportif. Bonne nuit Jean- Pierre


Arnaud Pennarun -Viabilis – Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré :


Dépression au nord, pétole au sud


Nouvelle dépression qui se présente sur l’Atlantique nord, ce qui pousse l’anticyclone dans le sud car les alizés ne sont pas encore bien établis. Alors ça modifie mes plans. Ce matin, j’ai pris une route sud sud-ouest, mais je ne pourrai pas échapper à la grosse pétole peut-être déjà à partir de demain après-midi et ce jusqu’à vendredi. Il est donc très difficile, avec cette météo instable où tous les jours il faut se reconfigurer, déterminer une date d'approche de la terre de Guadeloupe... Si les prévisions météo évoluent peu, il faut compter entre 14 et 15 jours en mer, soit une arrivée possible vers le 7 décembre…Et pourtant, le bateau marché bien. Je viens de passer une journée sous spi symétrique tangonné à 8,5 nœuds, mais les jours de pétole à venir vont se payer à l'arrivée. J’ai passé une partie de l’après-midi à reprendre une couture sur la misaine. La chaleur et le soleil commencent à arriver. Sinon tout va bien : j’ai de l’eau, des vivres, du gazole et de l’entrain… le bonheur ! Bonne nuit. Arnaud.


Halvard Mabire - GDD


Route du Rhum - Destination Guadeloupe - Espace et Temps


Bonjour Finalement, dans cette Route du Rhum ce qui est important c'est la Destination Guadeloupe. La Guadeloupe c'est "Outre Mer", c'est-à-dire de l'autre côté de l'Océan. On aurait tendance un peu à l'oublier, entre le fait de sauter dans un avion pour s'y retrouver quelques heures après, ou bien à voir l'Océan Atlantique se résumer à la taille de son écran en suivant la carto de la Route du Rhum. Mais y aller à la Voile cela remet bien les facteurs d'échelle à leur juste place, que ce soit pour les distances comme pour le temps. Evidemment les Ultim bousculent un peu cette notion de traversée d'un Océan. A partir du moment où cette traversée est "bâchée" en moins d'une semaine, je me demande si quelque part cela ne contribue pas à réduire encore la taille de la Planète Terre. Je trouve qu'une traversée aussi courte en temps n'est plus dans le "tempo" d'une Route du Rhum suivie par des milliers, voire des millions de personnes. Faire la Route du Rhum en Ultim, c'est un peu comme aller à Saint Jacques de Compostelle en moto, ce qui pour autant n'enlève rien aux mérites des skippers de ces fabuleuses machines. Mais il y a un moment où l'on peut peut-être se poser la question de savoir si l'important est la destination et l'éternel chasse au record de vitesse pour y arriver, ou bien le chemin pour y aller et la façon de le parcourir. Aussi quand on demande aux bateaux d'être à Saint-Malo pendant plus longtemps que ne dure la course elle-même, on ne sait plus si l'importance de l'événement est la kermesse d'avant le départ, ou la course elle-même. Si la notion de "temps de traversée" est donc un vaste sujet, je m'aperçois aussi que le fait de suivre les courses à travers les écrans chamboule complètement les notions de distances. Par exemple, sur la carto des bateaux peuvent sembler très proches. A force de zoomer/dézoomer à coup de molette, on ne sait plus où on en est, contrairement à l'époque où l'on travaillait sur des cartes papier et qu'il fallait d'abord commencer par intégrer l'échelle pour pouvoir apprécier les distances sur les cartes. Du coup, on en vient vite à faire des erreurs d'appréciation, et pas que les spectateurs qui suivent la course, nous mêmes les skippers pouvons nous faire prendre au piège aussi. Ainsi on peut se prendre le chou parce que le bateau "d'à côté" va beaucoup plus vite, ou les gens qui suivent à terre peuvent aussi se demander pourquoi untel n'avance pas alors que celui "d'à côté" va plus vite. Sauf que lorsque l'on prend en compte l'échelle à laquelle on est, mais dont on n'a aucune notion, ce sont souvent des dizaines de kilomètres, voire des centaines, qui séparent deux bateaux "proches". Inutile de dire qu'il y a bien peu de chance pour qu'ils aient les mêmes conditions de navigation, et là encore le fichier "grib" de la carto en rajoute une couche car, bien entendu, il ne prend pas en compte les phénomènes locaux et on a ainsi l'impression fort trompeuse que les deux bateaux que l'on suit ont "théoriquement" le même vent et la même mer. Mais pratiquement il n'en n'est rien. Si on prend l'exemple de deux bateaux naviguant à un instant T, l'un devant l'Aber Wrac'h, l'autre devant Carteret, il est évident pour tout le monde que ces deux bateaux ne naviguent absolument pas dans les mêmes conditions (malgré ce que dit Météo France qui diffuse un bulletin météo côtier "de la Hague à Penmarc'h" (ce qui ne ressemble à rien). Hors, c'est un peu ce qui se passe sur les traversées transocéaniques que l'on suit "virtuellement" depuis la terre. C'est pour ça qu'il est difficile de tirer des conclusions trop hâtives sur le potentiel de performance des bateaux, même si, à la longue, ce sont tout de même les plus rapides qui finissent par être devant. Mais lorsque je vois comment en quelques milles, donc en quelques minutes, les conditions peuvent changer et que d'un moment à l'autre on passe d'une phase "j'avance ni du cul ni de la tête" à une phase "ça glisse tout seul, je prends 3 noeuds comme de rien", que je me dis que vraiment il faut être bord à bord pour avoir une idée précise du potentiel de chaque bateau. C'est un peu pareil d'ailleurs pour les voiles. Je n'hésite pas à dire que je si j'ai eu à un moment l'impression de ne pas avoir fait le bon choix de voile embarquée, de fait et avec un peu de recul, il n'en n'est rien et si je devais repartir ce serait bien avec la même garde robe que celle que j'ai sur GDD. C'est tout simplement que lorsque je n'avançais pas, ce n'était pas la voile à incriminer mais parce que la mer était tellement désordonnée que le bateau n'arrivait absolument pas à prendre sa vitesse. Quelques heures après, sous la même configuration de voile et de réglages j'allais comme par hasard beaucoup plus vite, mais il avait suffit de quelques degrés de bascule de vent pour que je me retrouve à un angle différent avec les vagues, qui elles-mêmes n'étaient plus pareilles. Et comme par miracle, je retrouvais des vitesses "normales" par rapport au potentiel de GDD. Tout ça pour dire qu'à partir du moment où l'on perd le contact quasi visuel, on se retrouve à ne plus faire du tout la même course et si le parcours reste le même sur le fond, il n'en n'est rien sur l'eau. A bientôt. Halvard

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