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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© Vincent Olivaud


Oliver Heer a franchi la ligne d’arrivĂ©e de la douziĂšme Ă©dition de La Route du Rhum – Destination Guadeloupe ce mardi 29 novembre Ă  21 heures 37 minutes et 55 secondes heure locale (02h37 55’ heure de Paris). Le skipper de Oliver Heer ferme la marche pour la classe IMOCA et termine 34e avec un temps de course de 20 jours, 12 heures, 22 minutes et 55secondes. Oliver Heer a effectuĂ© les 3.542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-Ă -Pitre Ă  la vitesse de 7,19 nƓuds sur l’orthodromie (la route directe). Le skipper a en rĂ©alitĂ© parcouru 4821.32 milles Ă  la vitesse moyenne de 9,79 nƓuds. Il est arrivĂ© Ă  Pointe-Ă -Pitre 8 jours 18 heures 46 minutes et 30 secondes aprĂšs le vainqueur de la Classe IMOCA, Thomas Ruyant (LinkedOut).


"J'avais des doutes sur ma capacité à revenir dans la course"


Le coureur solitaire de 34 ans était auparavant le boat captain du bateau d'Alex Thomson et, il y a quatre ans, il envisageait les réparations nécessaires au bateau de ce dernier, endommagé lorsqu'il a heurté l'extrémité nord de l'ßle sans se réveiller. Aujourd'hui, Oliver Heer s'est qualifié pour le Vendée Globe 2024.


Une collision avec le concurrent japonais Kojiro Shiraishi (DMG MORI Global One) à la marque du Cap Fréhel pendant la premiÚre soirée de la course a obligé les skippers des bateaux à retourner immédiatement au port de départ de Saint-Malo victimes de plusieurs avaries.


La course Ă©tait terminĂ©e pour Kojiro Shiraishi qui a reconnu sa responsabilitĂ© dans l'erreur et s'est trompĂ©. Mais pour Oliver Heer, dont le bateau a subi des dommages Ă  l'Ă©trave, au bout-dehors, sur la coque et une dĂ©lamination Ă  l'endroit oĂč le foil de Shiraishi a heurtĂ© son bateau, une course contre la montre s'est engagĂ©e pour revenir sur le plan d'eau.


L'Ă©quipe technique de DMG MORI Global One de Shiraishi a uni ses forces pour aider lĂ  oĂč elle le pouvaitLe marin a fait venir du Royaume-Uni l'as des composites et du design, Pete Hobson, et ils ont travaillĂ© jour et nuit pour effectuer les rĂ©parations nĂ©cessaires. Finalement, Heer a dĂ» naviguer le long de la cĂŽte jusqu'Ă  Port-La-ForĂȘt oĂč l'IMOCA a Ă©tĂ© sorti de l'eau pour que les rĂ©parations de la coque puissent ĂȘtre effectuĂ©es.


Oliver Heer a rejoint le parcours Ă  6h30 le lundi matin aprĂšs le dĂ©part du mercredi 9 novembre et le skipper suisse a immĂ©diatement fait face aux conditions les plus difficiles de la course, jusqu'Ă  50 noeuds au passage du Cap Finisterre. Avec un retard de 1250 milles nautiques sur le leader Charlie Dalin (Apivia) et mĂȘme 540 milles sur le prochain IMOCA, Ă  partir du moment oĂč il a rejoint la flotte, la 12Ăšme Route du Rhum - Destination Guadeloupe allait ĂȘtre une vĂ©ritable course en solitaire, avec une lutte contre le temps et ses routages pour en finir au plus vite.


Suite Ă  sa demande de rĂ©paration auprĂšs du Jury International, le skipper s'est vu accorder 84 heures de compensation - l'Ă©quivalent des trois jours et demi qu'il rĂ©parait. AprĂšs les conditions difficiles au cap Finisterre et juste aprĂšs, Oliver Heer a bĂ©nĂ©ficiĂ© de bonnes conditions rapides dans les alizĂ©s, mais plus il descendait vers le sud, plus les vents mollissaient et, alors que ses rivaux avaient des alizĂ©s de 20-30 nƓuds, Heer n'en avait que 12-17. Et deux jours et demi avant l'arrivĂ©e, il a subi une importante surtension Ă©lectrique qui a endommagĂ© ses pilotes automatiques au point qu'il a dĂ» barrer Ă  la main presque continuellement jusqu'Ă  la ligne d'arrivĂ©e ce soir.


Le skipper, souriant s’exprime : _"Pour ĂȘtre honnĂȘte, je suis juste heureux d'avoir rĂ©ussi. Juste aprĂšs la collision, j'ai eu des doutes sur ma capacitĂ© Ă  poursuivre ma course et Ă  atteindre la Guadeloupe. Des gars extraordinaires m'ont aidĂ© et ont fait un travail incroyable pour me remettre sur pied, quelques taches sur le cĂŽtĂ© que vous pouvez encore voir et un nouveau bout-dehors et tout a tenu. Je suis donc ravi, j'ai rĂ©ussi Ă  me qualifier pour le VendĂ©e Gobe et c'Ă©tait mon objectif principal. Et je serais prĂȘt Ă  refaire cette course, c'est sĂ»r, mais avec un peu moins de drame"


Il a ajoutĂ© : "C'Ă©tait une occasion fantastique d'apprendre Ă  connaĂźtre le bateau, je l'ai eu il y a seulement six mois et j'ai beaucoup appris. J'ai une liste de tĂąches Ă  accomplir pour les prochains mois, mais soyez assurĂ© qu'il n'est pas facile de continuer Ă  faire avancer le bateau quand vous ĂȘtes seul, complĂštement seul. Ce n'Ă©tait donc pas une course normale dans tous les sens du terme. Je l'ai apprĂ©ciĂ©e." "J'ai eu deux fois seulement 30 minutes de repos au cours des deux derniers jours et demi. J'ai eu une sorte de panne Ă©lectrique sur le bateau et mes systĂšmes sont tombĂ©s en panne, mon AIS est tombĂ© en panne, mon B&G est tombĂ© en panne, mon compas est tombĂ© en panne. Donc pas de pilote automatique. On n'apprĂ©cie ces choses que lorsqu'on ne les a pas. C'est trĂšs pratique de l'avoir ! C'Ă©tait vraiment Ă©puisant mais les deux derniers jours, pour ĂȘtre honnĂȘte, ont Ă©tĂ© des conditions gĂ©niales : 20 nƓuds au portant avec une belle houle, j'avais le gennaker en tĂȘte de mĂąt avec un ris et c'Ă©tait charmant. Mais un peu de repos aurait Ă©tĂ© bien. " " C'est tellement bon d'ĂȘtre dedans. J'avais des doutes, vraiment, et je suis dans le temps imparti."_

  • 30 nov. 2022
  • 4 min de lecture

© Vincent Olivaud


Oliver Heer a franchi la ligne d’arrivĂ©e de la douziĂšme Ă©dition de La Route du Rhum – Destination Guadeloupe ce mardi 29 novembre Ă  21 heures 37 minutes et 55 secondes heure locale (02h37 55’ heure de Paris). Le skipper de Oliver Heer ferme la marche pour la classe IMOCA et termine 34e avec un temps de course de 20 jours, 12 heures, 22 minutes et 55secondes. Oliver Heer a effectuĂ© les 3.542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-Ă -Pitre Ă  la vitesse de 7,19 nƓuds sur l’orthodromie (la route directe). Le skipper a en rĂ©alitĂ© parcouru 4821.32 milles Ă  la vitesse moyenne de 9,79 nƓuds. Il est arrivĂ© Ă  Pointe-Ă -Pitre 8 jours 18 heures 46 minutes et 30 secondes aprĂšs le vainqueur de la Classe IMOCA, Thomas Ruyant (LinkedOut).


"J'avais des doutes sur ma capacité à revenir dans la course"


Le coureur solitaire de 34 ans était auparavant le boat captain du bateau d'Alex Thomson et, il y a quatre ans, il envisageait les réparations nécessaires au bateau de ce dernier, endommagé lorsqu'il a heurté l'extrémité nord de l'ßle sans se réveiller. Aujourd'hui, Oliver Heer s'est qualifié pour le Vendée Globe 2024.


Une collision avec le concurrent japonais Kojiro Shiraishi (DMG MORI Global One) à la marque du Cap Fréhel pendant la premiÚre soirée de la course a obligé les skippers des bateaux à retourner immédiatement au port de départ de Saint-Malo victimes de plusieurs avaries.


La course Ă©tait terminĂ©e pour Kojiro Shiraishi qui a reconnu sa responsabilitĂ© dans l'erreur et s'est trompĂ©. Mais pour Oliver Heer, dont le bateau a subi des dommages Ă  l'Ă©trave, au bout-dehors, sur la coque et une dĂ©lamination Ă  l'endroit oĂč le foil de Shiraishi a heurtĂ© son bateau, une course contre la montre s'est engagĂ©e pour revenir sur le plan d'eau.


L'Ă©quipe technique de DMG MORI Global One de Shiraishi a uni ses forces pour aider lĂ  oĂč elle le pouvaitLe marin a fait venir du Royaume-Uni l'as des composites et du design, Pete Hobson, et ils ont travaillĂ© jour et nuit pour effectuer les rĂ©parations nĂ©cessaires. Finalement, Heer a dĂ» naviguer le long de la cĂŽte jusqu'Ă  Port-La-ForĂȘt oĂč l'IMOCA a Ă©tĂ© sorti de l'eau pour que les rĂ©parations de la coque puissent ĂȘtre effectuĂ©es.


Oliver Heer a rejoint le parcours Ă  6h30 le lundi matin aprĂšs le dĂ©part du mercredi 9 novembre et le skipper suisse a immĂ©diatement fait face aux conditions les plus difficiles de la course, jusqu'Ă  50 noeuds au passage du Cap Finisterre. Avec un retard de 1250 milles nautiques sur le leader Charlie Dalin (Apivia) et mĂȘme 540 milles sur le prochain IMOCA, Ă  partir du moment oĂč il a rejoint la flotte, la 12Ăšme Route du Rhum - Destination Guadeloupe allait ĂȘtre une vĂ©ritable course en solitaire, avec une lutte contre le temps et ses routages pour en finir au plus vite.


Suite Ă  sa demande de rĂ©paration auprĂšs du Jury International, le skipper s'est vu accorder 84 heures de compensation - l'Ă©quivalent des trois jours et demi qu'il rĂ©parait. AprĂšs les conditions difficiles au cap Finisterre et juste aprĂšs, Oliver Heer a bĂ©nĂ©ficiĂ© de bonnes conditions rapides dans les alizĂ©s, mais plus il descendait vers le sud, plus les vents mollissaient et, alors que ses rivaux avaient des alizĂ©s de 20-30 nƓuds, Heer n'en avait que 12-17. Et deux jours et demi avant l'arrivĂ©e, il a subi une importante surtension Ă©lectrique qui a endommagĂ© ses pilotes automatiques au point qu'il a dĂ» barrer Ă  la main presque continuellement jusqu'Ă  la ligne d'arrivĂ©e ce soir.


Le skipper, souriant s’exprime : _"Pour ĂȘtre honnĂȘte, je suis juste heureux d'avoir rĂ©ussi. Juste aprĂšs la collision, j'ai eu des doutes sur ma capacitĂ© Ă  poursuivre ma course et Ă  atteindre la Guadeloupe. Des gars extraordinaires m'ont aidĂ© et ont fait un travail incroyable pour me remettre sur pied, quelques taches sur le cĂŽtĂ© que vous pouvez encore voir et un nouveau bout-dehors et tout a tenu. Je suis donc ravi, j'ai rĂ©ussi Ă  me qualifier pour le VendĂ©e Gobe et c'Ă©tait mon objectif principal. Et je serais prĂȘt Ă  refaire cette course, c'est sĂ»r, mais avec un peu moins de drame"


Il a ajoutĂ© : "C'Ă©tait une occasion fantastique d'apprendre Ă  connaĂźtre le bateau, je l'ai eu il y a seulement six mois et j'ai beaucoup appris. J'ai une liste de tĂąches Ă  accomplir pour les prochains mois, mais soyez assurĂ© qu'il n'est pas facile de continuer Ă  faire avancer le bateau quand vous ĂȘtes seul, complĂštement seul. Ce n'Ă©tait donc pas une course normale dans tous les sens du terme. Je l'ai apprĂ©ciĂ©e." "J'ai eu deux fois seulement 30 minutes de repos au cours des deux derniers jours et demi. J'ai eu une sorte de panne Ă©lectrique sur le bateau et mes systĂšmes sont tombĂ©s en panne, mon AIS est tombĂ© en panne, mon B&G est tombĂ© en panne, mon compas est tombĂ© en panne. Donc pas de pilote automatique. On n'apprĂ©cie ces choses que lorsqu'on ne les a pas. C'est trĂšs pratique de l'avoir ! C'Ă©tait vraiment Ă©puisant mais les deux derniers jours, pour ĂȘtre honnĂȘte, ont Ă©tĂ© des conditions gĂ©niales : 20 nƓuds au portant avec une belle houle, j'avais le gennaker en tĂȘte de mĂąt avec un ris et c'Ă©tait charmant. Mais un peu de repos aurait Ă©tĂ© bien. " " C'est tellement bon d'ĂȘtre dedans. J'avais des doutes, vraiment, et je suis dans le temps imparti."_

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