top of page

À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

Ce mercredi 23 novembre Ă  12 heures 23 minutes 40 secondes (heure locale) - 17 h 26 minutes 40 secondes heure de Paris -, Yoann Richomme a franchi en premiĂšre position la ligne d’arrivĂ©e Ă  Pointe-Ă -Pitre de la 12e Ă©dition de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Son temps de course est de 14 jours 3 heures 8minutes 40secondes. Le skipper de Paprec ArkĂ©a a effectuĂ© les 3 542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-Ă -Pitre Ă  la vitesse de 10,44 nƓuds sur l’orthodromie (la route directe). Il a en rĂ©alitĂ© parcouru 4005,34 milles Ă  la vitesse moyenne de 11,81 nƓuds. Il s'offre le record en Class40 et le doublĂ©, quatre ans aprĂšs sa prĂ©cĂ©dente victoire.


Une aventure express, une incroyable "remontada'', une domination sans partage et un dĂ©nouement qui marque l’histoire de la course. Yoann Richomme (Paprec ArkĂ©a) a impressionnĂ© tout au long de cette transatlantique par sa course oĂč rien n’a Ă©tĂ© laissĂ© au hasard. Ce challenge-lĂ  s’est pourtant dessinĂ© rĂ©cemment, quand l’équipe et le skipper cherchaient un programme sportif pour la saison 2022 alors que l’attention du team Ă©tait focalisĂ©e sur la construction de l’IMOCA. Ce sera la Route du Rhum-Destination Guadeloupe en Class40, parce que Yoann en est le tenant du titre et que le dĂ©fi s’annonçait savoureux.


La “remontada” de l’Atlantique


Reste Ă  ĂȘtre Ă  la hauteur de ses ambitions : un tenant du titre est par essence dans la short-list des favoris, surtout avec des moyens et une Ă©quipe Ă  la hauteur de ses ambitions. Le plan Lombard a Ă©tĂ© mis Ă  l’eau en juillet dernier mais Yoann s’était entraĂźnĂ©, longuement avec Corentin Douguet (Queguiner-Innoveo). MĂȘme bateau (un Lift V2-Lombard), mĂȘme volontĂ© de gagner mais partage total : jusqu’à la veille du dĂ©part, Yoann et Corentin Ă©changeaient ensemble de la stratĂ©gie mĂ©tĂ©o Ă  venir. Le skipper de Queguiner-Innoveo, un des plus performants de la saison, prend rapidement la course Ă  son compte. Yoann est loin derriĂšre, la faute Ă  un dĂ©part volĂ© aprĂšs « avoir Ă©tĂ© pris par son Ă©lan » reconnaĂźt-il. Le skipper fait le choix d’effectuer sa pĂ©nalitĂ© de quatre heures avant le Cap FrĂ©hel, profitant d’une zone de vent moins soutenue.


Retour en course donc avec le pied sur l’accĂ©lĂ©rateur. Le contournement de la Bretagne puis le golfe de Gascogne deviennent le théùtre d’une ‘remontada’ Ă  enthousiasmer ses proches et Ă  accĂ©lĂ©rer le pouls de ses adversaires. Car Yoann remonte frĂ©nĂ©tiquement ses concurrents un par un. Puis, un dimanche soir (le 13 novembre), Ă  une latitude proche du Cap Finisterre, il prend les commandes de la course, devant Corentin Douguet.


« Il fait une course incroyable »


La suite, des Açores aux alizĂ©s, ressemble Ă  une bataille rangĂ©e oĂč rien ne doit ĂȘtre laissĂ© au hasard. L’inconfort de ces bateaux, aussi perceptible que leurs performances, se fait toujours un peu plus fort dans les fronts et ce qu’ils induisent (mer croisĂ©e et rafales dĂ©chaĂźnĂ©es). DerriĂšre, ses poursuivants doivent faire face Ă  des petits pĂ©pins qui se sont avĂ©rĂ©s pĂ©nalisants. Longtemps prĂ©sent dans le trio de tĂȘte, Xavier Macaire (Groupe SNEF) doit composer avec des voies d’eau. Corentin Douguet, lui, doit dĂ©monter intĂ©gralement son moteur. « Mon moteur m’a pourri mon Rhum. Il devait avoir goĂ»t de Rhum, il a goĂ»t de gasoil », confiait-il encore ce mercredi matin.


Devant, Yoann trace sa route, grappille des milles au point que son avance dĂ©passe la barre des 120 milles. Dans sa progression, une partie de la flotte des IMOCA est dĂ©passĂ©e. Ça amuse certains sur les rĂ©seaux sociaux et ça suscite l’admiration, aussi. Guirec SoudĂ©e (Freelance.com) se dit «hallucinĂ© par sa vitesse et sa constance ». « Avec un bateau cinq mĂštres de moins que les nĂŽtres, il fait une course incroyable », ajoute Tanguy Le Turquais (Lazare).


Dans le club des doubles vainqueurs


Son avance Ă©tait suffisamment consĂ©quente pour aborder avec sĂ©rĂ©nitĂ© le tour de l’üle. Il s’y Ă©tait prĂ©parĂ©, avait regardĂ© les routages de ceux qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ© et se souvenait de sa trace d’il y a quatre ans. Le voilĂ  donc double vainqueur de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe, le premier Ă  y parvenir en Class40. Dans ce club trĂšs fermĂ©, il y a Laurent Bourgnon, Erwan Le Roux (laurĂ©at dans la mĂȘme classe) mais aussi Roland Jourdain, Franck-Yves Escoffier et Thomas Ruyant. Mieux, Yoann bat son propre record d’il y a quatre ans de plus de 48 heures (il Ă©tait de 16 jours, 3 heures, 22 minutes et 44 secondes).


Ce succĂšs-lĂ  Ă  valeur de rampe de lancement pour le skipper comme l’équipe qui s’est fraĂźchement constituĂ©e au sein de Paprec ArkĂ©a. Le team a de l’ambition et il ne s’en cache pas, en Ă©tant composĂ© de nombreuses personnes d’expĂ©rience issues d’autres Ă©quipes. DĂ©sormais, tous les regards et l’attention sont focalisĂ©s sur l’IMOCA, le monocoque de 60 pieds siglĂ© Paprec ArkĂ©a sera mis Ă  l’eau en dĂ©but d’annĂ©e prochaine. En ligne de mire, il y a la fiabilisation, l’expĂ©rience Ă  acquĂ©rir et l’objectif final : le VendĂ©e Globe 2024.


Charlie Dalin : « Yoann a fait une course exceptionnelle ! »


Charlie Dalin, qui s’est lui classĂ© deuxiĂšme en IMOCA, n’est pas surpris de la performance de Yoann. Amis Ă  terre, ces deux solitaires, qui ont forgĂ© leur talent sur le circuit Figaro BĂ©nĂ©teau, prĂ©sentent de nombreux points communs. Partenaires d’une filiĂšre d’excellence, ils partagent la mĂȘme philosophie de la course au large. « Yoann a fait une course exceptionnelle ! C'est un trĂšs grand marin, exigeant, cartĂ©sien et dĂ©terminĂ©. Nous nous sommes mutuellement tirĂ©s vers le haut sur le circuit Figaro en tant que Skippers Macif, en trustant toutes les places d'honneur en 2016 notamment. Je sais dĂ©jĂ  que ce sera un redoutable concurrent en IMOCA I'annĂ©e prochaine. Un grand bravo Ă  lui ! » dĂ©clare le skipper de l’IMOCA APIVIA.


© Alexis Courcoux


© Alexis Courcoux

  • 23 nov. 2022
  • 4 min de lecture

Ce mercredi 23 novembre Ă  12 heures 23 minutes 40 secondes (heure locale) - 17 h 26 minutes 40 secondes heure de Paris -, Yoann Richomme a franchi en premiĂšre position la ligne d’arrivĂ©e Ă  Pointe-Ă -Pitre de la 12e Ă©dition de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Son temps de course est de 14 jours 3 heures 8minutes 40secondes. Le skipper de Paprec ArkĂ©a a effectuĂ© les 3 542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-Ă -Pitre Ă  la vitesse de 10,44 nƓuds sur l’orthodromie (la route directe). Il a en rĂ©alitĂ© parcouru 4005,34 milles Ă  la vitesse moyenne de 11,81 nƓuds. Il s'offre le record en Class40 et le doublĂ©, quatre ans aprĂšs sa prĂ©cĂ©dente victoire.


Une aventure express, une incroyable "remontada'', une domination sans partage et un dĂ©nouement qui marque l’histoire de la course. Yoann Richomme (Paprec ArkĂ©a) a impressionnĂ© tout au long de cette transatlantique par sa course oĂč rien n’a Ă©tĂ© laissĂ© au hasard. Ce challenge-lĂ  s’est pourtant dessinĂ© rĂ©cemment, quand l’équipe et le skipper cherchaient un programme sportif pour la saison 2022 alors que l’attention du team Ă©tait focalisĂ©e sur la construction de l’IMOCA. Ce sera la Route du Rhum-Destination Guadeloupe en Class40, parce que Yoann en est le tenant du titre et que le dĂ©fi s’annonçait savoureux.


La “remontada” de l’Atlantique


Reste Ă  ĂȘtre Ă  la hauteur de ses ambitions : un tenant du titre est par essence dans la short-list des favoris, surtout avec des moyens et une Ă©quipe Ă  la hauteur de ses ambitions. Le plan Lombard a Ă©tĂ© mis Ă  l’eau en juillet dernier mais Yoann s’était entraĂźnĂ©, longuement avec Corentin Douguet (Queguiner-Innoveo). MĂȘme bateau (un Lift V2-Lombard), mĂȘme volontĂ© de gagner mais partage total : jusqu’à la veille du dĂ©part, Yoann et Corentin Ă©changeaient ensemble de la stratĂ©gie mĂ©tĂ©o Ă  venir. Le skipper de Queguiner-Innoveo, un des plus performants de la saison, prend rapidement la course Ă  son compte. Yoann est loin derriĂšre, la faute Ă  un dĂ©part volĂ© aprĂšs « avoir Ă©tĂ© pris par son Ă©lan » reconnaĂźt-il. Le skipper fait le choix d’effectuer sa pĂ©nalitĂ© de quatre heures avant le Cap FrĂ©hel, profitant d’une zone de vent moins soutenue.


Retour en course donc avec le pied sur l’accĂ©lĂ©rateur. Le contournement de la Bretagne puis le golfe de Gascogne deviennent le théùtre d’une ‘remontada’ Ă  enthousiasmer ses proches et Ă  accĂ©lĂ©rer le pouls de ses adversaires. Car Yoann remonte frĂ©nĂ©tiquement ses concurrents un par un. Puis, un dimanche soir (le 13 novembre), Ă  une latitude proche du Cap Finisterre, il prend les commandes de la course, devant Corentin Douguet.


« Il fait une course incroyable »


La suite, des Açores aux alizĂ©s, ressemble Ă  une bataille rangĂ©e oĂč rien ne doit ĂȘtre laissĂ© au hasard. L’inconfort de ces bateaux, aussi perceptible que leurs performances, se fait toujours un peu plus fort dans les fronts et ce qu’ils induisent (mer croisĂ©e et rafales dĂ©chaĂźnĂ©es). DerriĂšre, ses poursuivants doivent faire face Ă  des petits pĂ©pins qui se sont avĂ©rĂ©s pĂ©nalisants. Longtemps prĂ©sent dans le trio de tĂȘte, Xavier Macaire (Groupe SNEF) doit composer avec des voies d’eau. Corentin Douguet, lui, doit dĂ©monter intĂ©gralement son moteur. « Mon moteur m’a pourri mon Rhum. Il devait avoir goĂ»t de Rhum, il a goĂ»t de gasoil », confiait-il encore ce mercredi matin.


Devant, Yoann trace sa route, grappille des milles au point que son avance dĂ©passe la barre des 120 milles. Dans sa progression, une partie de la flotte des IMOCA est dĂ©passĂ©e. Ça amuse certains sur les rĂ©seaux sociaux et ça suscite l’admiration, aussi. Guirec SoudĂ©e (Freelance.com) se dit «hallucinĂ© par sa vitesse et sa constance ». « Avec un bateau cinq mĂštres de moins que les nĂŽtres, il fait une course incroyable », ajoute Tanguy Le Turquais (Lazare).


Dans le club des doubles vainqueurs


Son avance Ă©tait suffisamment consĂ©quente pour aborder avec sĂ©rĂ©nitĂ© le tour de l’üle. Il s’y Ă©tait prĂ©parĂ©, avait regardĂ© les routages de ceux qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ© et se souvenait de sa trace d’il y a quatre ans. Le voilĂ  donc double vainqueur de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe, le premier Ă  y parvenir en Class40. Dans ce club trĂšs fermĂ©, il y a Laurent Bourgnon, Erwan Le Roux (laurĂ©at dans la mĂȘme classe) mais aussi Roland Jourdain, Franck-Yves Escoffier et Thomas Ruyant. Mieux, Yoann bat son propre record d’il y a quatre ans de plus de 48 heures (il Ă©tait de 16 jours, 3 heures, 22 minutes et 44 secondes).


Ce succĂšs-lĂ  Ă  valeur de rampe de lancement pour le skipper comme l’équipe qui s’est fraĂźchement constituĂ©e au sein de Paprec ArkĂ©a. Le team a de l’ambition et il ne s’en cache pas, en Ă©tant composĂ© de nombreuses personnes d’expĂ©rience issues d’autres Ă©quipes. DĂ©sormais, tous les regards et l’attention sont focalisĂ©s sur l’IMOCA, le monocoque de 60 pieds siglĂ© Paprec ArkĂ©a sera mis Ă  l’eau en dĂ©but d’annĂ©e prochaine. En ligne de mire, il y a la fiabilisation, l’expĂ©rience Ă  acquĂ©rir et l’objectif final : le VendĂ©e Globe 2024.


Charlie Dalin : « Yoann a fait une course exceptionnelle ! »


Charlie Dalin, qui s’est lui classĂ© deuxiĂšme en IMOCA, n’est pas surpris de la performance de Yoann. Amis Ă  terre, ces deux solitaires, qui ont forgĂ© leur talent sur le circuit Figaro BĂ©nĂ©teau, prĂ©sentent de nombreux points communs. Partenaires d’une filiĂšre d’excellence, ils partagent la mĂȘme philosophie de la course au large. « Yoann a fait une course exceptionnelle ! C'est un trĂšs grand marin, exigeant, cartĂ©sien et dĂ©terminĂ©. Nous nous sommes mutuellement tirĂ©s vers le haut sur le circuit Figaro en tant que Skippers Macif, en trustant toutes les places d'honneur en 2016 notamment. Je sais dĂ©jĂ  que ce sera un redoutable concurrent en IMOCA I'annĂ©e prochaine. Un grand bravo Ă  lui ! » dĂ©clare le skipper de l’IMOCA APIVIA.


© Alexis Courcoux


© Alexis Courcoux

bottom of page