Guirec Soudée, le premier homme à faire le tour du monde à l'envers en multicoque
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Il vient d'inscrire son nom en lettres d'or dans l'histoire de la voile. Guirec Soudée a franchi la ligne d'arrivée au large d'Ouessant le 28 mars 2026 au matin, au terme d'un tour du monde à l'envers absolument historique.

À bord du maxi-trimaran MACSF, le skipper de 34 ans a bouclé ce tour du monde d'est en ouest en 94 jours, 21 heures et 58 minutes, pulvérisant un record vieux de plus de deux décennies. Détenu depuis 2004 par Jean-Luc Van Den Heede en monocoque, ce record tenait depuis 21 ans, en 122 jours et 14 heures. Guirec Soudée l'a effacé d'un trait, avec près de 28 jours d'avance.
L'exploit le plus audacieux de l'histoire maritime en solitaire
C'était un défi que beaucoup considéraient comme l'un des plus difficiles jamais imaginés en mer : partir seul, sans escale, pour faire le tour du monde… mais à l'envers, contre les vents et les courants dominants de la planète.
Ce parcours représente près de 40 000 milles nautiques, contre 25 000 sur le parcours du Vendée Globe, qui bénéficie de vents plus portants. Parti d'Ouessant le 23 décembre 2025, Guirec a franchi le Cap Horn le 14 janvier 2026, le Cap Leeuwin le 18 février, puis le Cap de Bonne-Espérance le 6 mars 2026, avant de remonter l'Atlantique pour rejoindre Brest.
En franchissant la ligne d'arrivée, Guirec Soudée est devenu le premier marin à boucler un tour du monde à l'envers en solitaire sur multicoque. Un exploit jamais réalisé, dans un sens ou dans l'autre, sur ce type de bateau géant.

Un marin-aventurier, fidèle à lui-même
Au moment de prendre le départ, le skipper n'avait encore jamais navigué seul sur un Ultim, ce géant des mers de 32 mètres de long, habituellement mené en équipage. Un choix qui dit tout du personnage. Tout au long de la traversée, il a su faire preuve d'une lucidité stratégique remarquable, n'hésitant pas à rallonger considérablement sa route — parfois de plusieurs milliers de milles, pour préserver son bateau et éviter les zones les plus dangereuses.
Un safran endommagé après avoir percuté un filet de pêche, un moment de solitude au large de l'Afrique du Sud dans une mer infestée de requins, un cargo frôlé de peu… autant d'épreuves surmontées avec sang-froid et détermination.
À l'arrivée, les larmes aux yeux, Guirec Soudée résumait l'aventure ainsi : « Faire un tour du monde seul, dans le mauvais sens, sur un bateau comme ça, ce n'est pas facile. Je m'estime très privilégié et très chanceux d'être arrivé jusqu'au bout. Plus qu'un record, c'est une aventure. »
Un aventurier des mers, au sens le plus pur du terme, qui n'a visiblement pas fini de repousser les limites de l'impossible.


























































