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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© Fabrice Payen / Ille et Vilaine Cap vers l'Inclusion


Ce 18 novembre, deux skippers de la catégorie Rhum multi fêtent leur anniversaire, en mer et en course. Nous avons donc joint Halvar Mabire (GDD) et Fabrice Payen (Ille et Vilaine Cap vers l’Inclusion) pour souffler les bougies. Le guadeloupéen Willy Bissainte (Tradysion Gwadloup), en Rhum Mono, a également répondu à la vacation.


Halvard Mabire (GDD) “Le soleil n’est pas encore levé chez moi. Les conditions commencent à être sympas. On est au portant depuis hier après-midi. J’ai pu commencer à envoyer les voiles de portant. Là, on a un petit vent d’est qui nous permet de glisser en bâbord amure tranquillement. La mer commence tout doucement à s’ordonner. Il y a pas mal de nuages mais je pense qu’il va y avoir un peu de soleil aujourd’hui. C’est juste le portant que l’on aime, ça glisse bien ! Il n’y a pas de stress. Le portant, c’est bien, mais quand il y en a trop, on ne sait plus comment arrêter le camion. Quand il y a trop de vent, ça donne l’impression d’être en haut d’une pente avec un camion qui n’a plus de freins. Je pense qu’au-delà de 25 nœuds, surtout quand il y a de la mer, ça commence à être un peu sportif. Mais tant qu’il n’y a pas trop, trop de mer, ça va. On arrive à bien gérer le truc. Après, il faut réduire, mettre de plus petites voiles et on s’en sort toujours. De toutes façon, comme disait Tabarly, quand tu jettes une botte de paille aux Canaries, elle arrive toujours de l’autre côté.


Sportivement, la course est passionnante en Rhum Multi. On s’amuse bien !Il y a pas mal de jeu. Tactiquement, c’est très ouvert. C’est très compliqué globalement depuis le départ. On a des bateaux assez différents. Mais les catamarans ont des performances assez similaires. Il y a du jeu, c’est sympa ! L’immense regret, c’est que Brieuc (Maisonneuve, CMA Île-de-France - 60 000 Rebonds) ne soit plus avec nous. C’est d’une tristesse infinie.


Je ne fais rien de particulier aujourd’hui pour mon anniversaire. Je fais avancer le bateau. Tu ne peux pas avoir un programme à l’avance. C’est un peu en fonction de la météo, tu t’adaptes en fonction des manœuvres à faire, des voiles à changer ou pas, des réglages, des décisions tactiques, de la navigation. Ce qui est bien quand tu es en solitaire c’est que tu manges quand tu as faim. Il n’y a pas de contraintes avec des heures de repas, ça, c’est pas mal. Un autre truc qui est pas mal : j’ai tout sur place, il ne faut pas aller faire les courses, ça me plaît bien ! Finalement, il y a pas mal d’avantages à être à bord. ”


Fabrice Payen (Ille-et-Vilaine Cap vers l’inclusion) J’ai découvert qu’Halvard (Mabire) aussi était du 18 novembre ! Je m’attend à recevoir quelques messages aujourd’hui pour cette belle journée. Je vais aussi essayer de me faire plaisir en mangeant ce que j’aime ; je vais essayer de profiter de la journée. J’ai mon petit programme journalier avec mes podcasts, j’arrive à bouquiner aussi. Je suis en mode course mais pas complètement non plus, le but étant vraiment d’arriver en Guadeloupe. Quand je vois toutes les avaries autour de moi, je me dis qu’il faut vraiment que je reste prudent et que je ne perde pas mon objectif d’arriver avec le bateau en bon état. Comme le disait Halvard ce matin, on a l’impression d’avoir quitté les routes départementales pour l’autoroute du sud : enfin l’alizé arrive, bien établi, un peu fort même, ça permet de faire la route vers le but, et vite : c’est le cadeau du jour ! On a entre 20 et 25 nœuds, c’est pas mal, la mer est plutôt rangée et pas formée, ça glisse bien ! J’ai pris la route sud pour préserver le bateau et le bonhomme aussi, j’ai eu un petit souci au niveau de mon moignon, il fallait que je reste sans ma prothèse pendant quelque temps pour sécher la peau. Mon routeur, Christian Dumard, m’a fait faire une route un peu sud sur laquelle je n’avais pas de manœuvres à faire, où je pouvais rester tranquille sur une patte pour que ça guérisse. Sur l’eau, la route directe n’est pas toujours la plus rapide ! Là, ça se combine bien : l’alizé rentre et à l’air de tenir pendant quelques jours au moins, je suis content de cette route ; ça m’a vraiment apaisé ça a été dur là-haut quand-même ! Même si ce n’était pas des conditions aussi violentes qu'il y a quatre ans, ça a été dur, la mer était vraiment difficile, c’était très inconfortable.


Willy Bissainte (Tradysion - Gwadloup) “Ça bouge beaucoup. Il y a pas mal de vent : 20-23 nœuds de vent au portant. J’ai bien avancé hier soir. Je ne pensais pas avancer aussi vite. J’avais trop de toile et le bateau était en furie. Je suis heureux d’être là, de rentrer vers chez moi aussi. Je n’ai pas trop les classements depuis hier mais oui, c’est pas mal ! Je ne lâche pas le morceau. J’aime la compet’. Je suis toujours déterminé. La première semaine, ce n’était pas un cadeau. On ne s’attendait pas à ça. Avec le départ décalé, on s’était dit que ça allait être tranquille. Et bien non! Il y a un enchaînement de tempêtes, de fronts, ça a été mais j’ai quand même des problèmes. Je suis sous deux ris grand-voile et ça durera jusqu’à l’arrivée. J’ai arraché mon rail de grand-voile, enfin une partie. Mais j’ai de la chance : il y a du vent et il va y en avoir une bonne partie de la fin de course, au final je ne suis pas trop handicapé. Et sinon j’ai eu un petit souci de quille. Le bateau prend l’eau. Je suis en train de pomper. J’ai une planche qui s’est arrachée. Il y a un trou sous le bateau.

  • 18 nov. 2022
  • 4 min de lecture

© Fabrice Payen / Ille et Vilaine Cap vers l'Inclusion


Ce 18 novembre, deux skippers de la catégorie Rhum multi fêtent leur anniversaire, en mer et en course. Nous avons donc joint Halvar Mabire (GDD) et Fabrice Payen (Ille et Vilaine Cap vers l’Inclusion) pour souffler les bougies. Le guadeloupéen Willy Bissainte (Tradysion Gwadloup), en Rhum Mono, a également répondu à la vacation.


Halvard Mabire (GDD) “Le soleil n’est pas encore levé chez moi. Les conditions commencent à être sympas. On est au portant depuis hier après-midi. J’ai pu commencer à envoyer les voiles de portant. Là, on a un petit vent d’est qui nous permet de glisser en bâbord amure tranquillement. La mer commence tout doucement à s’ordonner. Il y a pas mal de nuages mais je pense qu’il va y avoir un peu de soleil aujourd’hui. C’est juste le portant que l’on aime, ça glisse bien ! Il n’y a pas de stress. Le portant, c’est bien, mais quand il y en a trop, on ne sait plus comment arrêter le camion. Quand il y a trop de vent, ça donne l’impression d’être en haut d’une pente avec un camion qui n’a plus de freins. Je pense qu’au-delà de 25 nœuds, surtout quand il y a de la mer, ça commence à être un peu sportif. Mais tant qu’il n’y a pas trop, trop de mer, ça va. On arrive à bien gérer le truc. Après, il faut réduire, mettre de plus petites voiles et on s’en sort toujours. De toutes façon, comme disait Tabarly, quand tu jettes une botte de paille aux Canaries, elle arrive toujours de l’autre côté.


Sportivement, la course est passionnante en Rhum Multi. On s’amuse bien !Il y a pas mal de jeu. Tactiquement, c’est très ouvert. C’est très compliqué globalement depuis le départ. On a des bateaux assez différents. Mais les catamarans ont des performances assez similaires. Il y a du jeu, c’est sympa ! L’immense regret, c’est que Brieuc (Maisonneuve, CMA Île-de-France - 60 000 Rebonds) ne soit plus avec nous. C’est d’une tristesse infinie.


Je ne fais rien de particulier aujourd’hui pour mon anniversaire. Je fais avancer le bateau. Tu ne peux pas avoir un programme à l’avance. C’est un peu en fonction de la météo, tu t’adaptes en fonction des manœuvres à faire, des voiles à changer ou pas, des réglages, des décisions tactiques, de la navigation. Ce qui est bien quand tu es en solitaire c’est que tu manges quand tu as faim. Il n’y a pas de contraintes avec des heures de repas, ça, c’est pas mal. Un autre truc qui est pas mal : j’ai tout sur place, il ne faut pas aller faire les courses, ça me plaît bien ! Finalement, il y a pas mal d’avantages à être à bord. ”


Fabrice Payen (Ille-et-Vilaine Cap vers l’inclusion) J’ai découvert qu’Halvard (Mabire) aussi était du 18 novembre ! Je m’attend à recevoir quelques messages aujourd’hui pour cette belle journée. Je vais aussi essayer de me faire plaisir en mangeant ce que j’aime ; je vais essayer de profiter de la journée. J’ai mon petit programme journalier avec mes podcasts, j’arrive à bouquiner aussi. Je suis en mode course mais pas complètement non plus, le but étant vraiment d’arriver en Guadeloupe. Quand je vois toutes les avaries autour de moi, je me dis qu’il faut vraiment que je reste prudent et que je ne perde pas mon objectif d’arriver avec le bateau en bon état. Comme le disait Halvard ce matin, on a l’impression d’avoir quitté les routes départementales pour l’autoroute du sud : enfin l’alizé arrive, bien établi, un peu fort même, ça permet de faire la route vers le but, et vite : c’est le cadeau du jour ! On a entre 20 et 25 nœuds, c’est pas mal, la mer est plutôt rangée et pas formée, ça glisse bien ! J’ai pris la route sud pour préserver le bateau et le bonhomme aussi, j’ai eu un petit souci au niveau de mon moignon, il fallait que je reste sans ma prothèse pendant quelque temps pour sécher la peau. Mon routeur, Christian Dumard, m’a fait faire une route un peu sud sur laquelle je n’avais pas de manœuvres à faire, où je pouvais rester tranquille sur une patte pour que ça guérisse. Sur l’eau, la route directe n’est pas toujours la plus rapide ! Là, ça se combine bien : l’alizé rentre et à l’air de tenir pendant quelques jours au moins, je suis content de cette route ; ça m’a vraiment apaisé ça a été dur là-haut quand-même ! Même si ce n’était pas des conditions aussi violentes qu'il y a quatre ans, ça a été dur, la mer était vraiment difficile, c’était très inconfortable.


Willy Bissainte (Tradysion - Gwadloup) “Ça bouge beaucoup. Il y a pas mal de vent : 20-23 nœuds de vent au portant. J’ai bien avancé hier soir. Je ne pensais pas avancer aussi vite. J’avais trop de toile et le bateau était en furie. Je suis heureux d’être là, de rentrer vers chez moi aussi. Je n’ai pas trop les classements depuis hier mais oui, c’est pas mal ! Je ne lâche pas le morceau. J’aime la compet’. Je suis toujours déterminé. La première semaine, ce n’était pas un cadeau. On ne s’attendait pas à ça. Avec le départ décalé, on s’était dit que ça allait être tranquille. Et bien non! Il y a un enchaînement de tempêtes, de fronts, ça a été mais j’ai quand même des problèmes. Je suis sous deux ris grand-voile et ça durera jusqu’à l’arrivée. J’ai arraché mon rail de grand-voile, enfin une partie. Mais j’ai de la chance : il y a du vent et il va y en avoir une bonne partie de la fin de course, au final je ne suis pas trop handicapé. Et sinon j’ai eu un petit souci de quille. Le bateau prend l’eau. Je suis en train de pomper. J’ai une planche qui s’est arrachée. Il y a un trou sous le bateau.

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