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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers
  • 19 nov. 2022
  • 4 min de lecture

© Maxime Sorel


En IMOCA, le duel entre Thomas Ruyant (LinkedOut) et Charlie Dalin (Apivia) tient tout le monde en haleine, y compris les marins en course, à l’instar de Benjamin Dutreux (Guyot Environnement-Water Family). A la poursuite des deux leaders, un groupe de cinq marins s’accroche, avec notamment Maxime Sorel (V and B-Monbana-Mayenne). Plus en arrière, chacun des concurrents se fixe ses propres objectifs : pour Nicolas Troussel (Corum L’Epargne), c’est le Top 10. Dutreux, Sorel, Troussel : ces trois marins ont été contacté en vacation. Voici leurs réactions.


Maxime Sorel (V and B-Monbana-Mayenne)


« Malheureusement j’ai rencontré un problème de pilote donc je suis parti au tas trois fois et je me suis mis à l’arrêt complet pour essayer de comprendre ce qu’il se passait. Un capteur d’angle de mât était défectueux. Je viens juste de repartir. Justine (Mettraux) était 15 milles derrière moi et maintenant elle est juste à côté. Tout le gain que j’ai pu faire hier en naviguant fort reste à refaire. C’est un peu frustrant mais je suis hyper content d’être là où je suis, je suis dans le match avec les autres. L’objectif est plus que rempli, je suis content. C’est hyper intense, nous avons des alizés qui sont parfois assez soutenus. Nos bateaux sont durs à vivre quand ça va vite. Le sommeil qu’on avait en retard après le début de course n’est pas récupéré dans les alizés. On va tous arriver bien cramés. C’est chouette de batailler à coups d’empannages. J'ai un peu l’impression de faire une régate à la journée dans une baie. Si j’arrive à avoir un pilote qui fonctionne bien je vais me remettre à fond. Je n’ose pas imaginer un regroupement des sept bateaux de devant derrière la Guadeloupe. Ça m’irait bien personnellement mais pour ceux de devant ça ferait un peu mal. Mais c’est le jeu de la Route du Rhum, on prendra ce qu’il y aura. J’ai hâte d’arriver, ça commence à être pesant de tirer sur les écoutes comme des barbares. »


Benjamin Dutreux (Guyot Environnement-Water Family)


« Dans les derniers jours j’ai pas mal cravaché, je donne vraiment tout avec le bateau. Même si je ne me fais pas trop d’idées, j’essaye de rattraper le groupe des sept de devant. Il y a énormément de gros grains, le vent est hyper irrégulier, ce n’est pas facile de naviguer dans ces conditions. Stratégiquement je me pose la question de conserver ma place et de contrôler les concurrents de derrière, ou au contraire trouver l’opportunité de tenter une dernière attaque même s’il ne faut pas trop se leurrer. Je vais faire ma route et m’éclater jusqu’au bout, et on verra bien le résultat. Je pense qu’il reste quelques empannages à caler pour le groupe de devant. Pour moi un peu moins, cela dépendra de la stratégie que j’entreprends. J’apprends beaucoup de choses sur le bateau. Je tire un bilan positif de la course pour le moment même si je l’ai encore mauvaise pour la dorsale, j’ai manqué de lucidité. C’est un peu dur pour le moral car les autres sont passés nickel et je suis vraiment resté arrêté dans la dorsale. Ces dernières 48 heures je me suis éclaté, c’est la première fois que j’utilise le bateau au portant. Le bateau marche vraiment bien, avec des vitesses proches des premiers. Le duel entre Thomas (Ruyant) et Charlie (Dalin) est assez dingue. Je pense que Charlie savait qu’il était un peu moins à l’aise au portant et qu’il fallait creuser l’écart au maximum. Et en effet Thomas est bien revenu au portant. Il y a une sacrée bataille, c’est super beau à voir. Le finish va être haletant, jusqu’au bout il peut se passer plein de choses pour eux. Tout le monde se tire la bourre dans le groupe de devant, comme en Figaro, j’aurais aimé en être ! »


Nicolas Troussel (Corum L’Epargne)


« Il y a eu un regroupement une fois la dorsale passée. Nous sommes dans les alizés depuis deux jours. C’est un sprint presque tout droit jusqu’à la Guadeloupe avec sûrement quelques empannages à négocier. Il y a un peu de décalage en latitude entre les bateaux donc on va voir qui arrive à tirer son épingle du jeu pour finir derrière les 8-9 bateaux de devant. Hier on s’est croisé avec Romain (Attanasio), on s’est parlé un peu à la VHF. Depuis le début de la course on ne se quitte pas et on se retrouve tous les deux-trois jours. Normalement la prochaine fois ce sera du côté de l’arrivée. J’aurais préféré être un peu plus devant. Je manque un peu de repères par moments, c’est parfois un peu long de trouver les bons réglages. Ma préparation a été trop courte pour pouvoir prétendre à autre chose. J’ai eu un pépin d’étai de J2 qui m’a fait lâcher le paquet de tête. Mais je suis content d’être ici. Je me fixe comme objectif de finir dans le Top 10, ce ne sera pas facile car d’autres bateaux sont bien placés. La bagarre avec Romain continue. Il peut encore se passer pas mal de choses, on tire bien sur les bateaux, il faut aussi faire attention à ne pas casser. Je me sens en forme, j’arrive à me reposer un peu. L’idée est de faire marcher le bateau le mieux possible, de faire les meilleurs choix. Je suis à un peu moins de 3 jours de la Tête à l’Anglais. »

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