Le sacre des "Vintage", quand la légende devient durable
- il y a 3 jours
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La Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2026 s’apprête à vivre un tournant historique. Pour cette nouvelle édition, les traditionnelles catégories Rhum Mono et Rhum Multi s'effacent pour laisser place aux classes Vintage Mono et Vintage Multi. Plus qu’un simple changement de nom, il s’agit d’une véritable profession de foi : réconcilier le patrimoine maritime de la course avec les impératifs écologiques de demain.
Qu’est-ce que les catégories Vintage ?
Ces nouvelles catégories regroupent des voiliers de légende qui ont marqué l'histoire de la course au large mais ne répondent plus aux jauges ultra-technologiques des IMOCA ou des Ocean Fifty actuels.

Vintage Mono : Monocoques ≥ 39 pieds (souvent d'anciens IMOCA de 60 pieds des années 2000).

Vintage Multi : Multicoques entre 38 et 79 pieds. Cette catégorie marque notamment le grand retour des trimarans ORMA, ces "formules 1 des mers" qui ont fait vibrer le public dans les années 90.
Pourquoi avoir créé ces catégories ?
L'objectif de l’organisateur est de valoriser le patrimoine matériel du Rhum. Plutôt que de voir ces bateaux mythiques finir leur vie à terre ou s'exporter hors d'Europe, la course leur offre une seconde carrière sportive. C'est une manière de retrouver "l'âme" de la reine des transatlantiques en mélangeant des marins d'exception et des machines historiques.
Un défi écologique : Le "Refit", champion de la décarbonation
Au-delà de la nostalgie, la catégorie Vintage répond à un défi environnemental majeur : la durabilité des navires de compétition.

Des chiffres qui parlent : -60% d'empreinte carbone
Le principal levier écologique de cette catégorie Vintage est le réemploi. La construction d'un bateau neuf est la phase la plus polluante de son cycle de vie. À titre de comparaison, des initiatives de "refit" (rénovation complète) sur un monocoque montrent qu'il est possible de prolonger la vie d'un bateau de 10 à 15 ans avec une empreinte carbone réduite de 60% par rapport à l'achat d'une unité neuve. (Source : Reboat)
Le laboratoire des matériaux de demain
L'avis de course impose à la catégorie Vintage des garde-fous : si un bateau est modifié à plus de 50% de sa masse, il doit respecter des critères d'éco-conception. Cela pousse les skippers à innover : Certains expérimentent des voiles en fibres de lin et d’ortie. L'utilisation de résines biosourcées et de fibres naturelles devient une alternative concrète au tout-carbone.
Donner une seconde vie : l’âme de la classe Vintage
La règle est claire pour favoriser la sobriété : les pièces d'occasion (utilisées depuis plus de 4 ans sur d'autres voiliers) ne sont pas comptabilisées dans le quota de modification. C'est une incitation directe à l'économie circulaire : on répare, on réutilise, on n'extrait pas de nouvelles ressources.
"Rien que le fait de reprendre un vieux bateau, qui existe depuis 30 ans, est plus respectueux de l’océan." - Francis Joyon
En somme, les catégories Vintage prouvent que la performance ne se mesure pas qu'à la vitesse de pointe, mais à la capacité d'un projet à durer. En 2026, la Route du Rhum - Destination Guadeloupe ne se contentera pas de traverser l'Atlantique ; elle montrera que les légendes du passé sont les meilleures alliées d'un futur décarboné.






















































