- 12 nov. 2022
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Rémy Gérin - FAIAOAHE © DR
Le répit météorologique, annoncé ce matin, aura été finalement de courte durée pour la flotte des Rhum qui navigue au gré des fronts qui se succèdent. Plus au sud et proche des côtes ibériques, les Olden Goldies bénéficient de conditions beaucoup plus maniables.
Rhum Multi : Money Time Brieuc Maisonneuve (CMA Ile-de-France - 60000 Rebonds), le plus septentrional des Rhum Multi, doit déjà faire face à un deuxième front allant forcissant en fin de journée jusqu’à 30 nœuds. Des conditions toniques dans lesquelles la vigilance est de mise sur ces bateaux allégés et donc beaucoup plus volages. Lucide, le Normand reste concentré et attentif à la partie qui se joue sur le grand échiquier de l'Atlantique : “Côté stratégie, c’est un peu le money time pour cette option. Tout dépendra de la vitesse à laquelle on va traverser cette partie un peu molasse et ce soir, on va retoucher le front en espérant qu’il ne soit pas trop violent. J’ai l’impression que le passage des Açores va être aussi être un petit morceau. Le but du jeu c’est de ne pas se cramer, de dormir. Je suis content. La nuit dernière, j’ai réussi à dormir. Il faut essayer de faire la balance entre aller vite et ne pas non plus se mettre complètement dans le rouge”. Plus au sud, Gilles Buekenhout (Jess) a semé hier soir ses camarades de jeu. “Jess marchait deux nœuds plus vite que Lodigroup et moi-même”, constatait Marc Guillemot (METAROM MG5). Une échappée qui laisse le skipper trinitain philosophe car à l’approche du nouveau front qui s’annonce, “la priorité est de sortir à 100% de cette vague de dépression et d’être bien en forme, le bateau autant que le bonhomme, pour attaquer la partie plus alizés si on en trouve un peu”. Les quatre Oldies Goldies (Acapella, Moxie Bati-Armor, Happy, Château du Launay) ont, eux, choisi, une route moins tumultueuse proche du Cap Finisterre. Thomas Lurton (Moxie Bati-Armor) vient d’opérer un grand plongeon dans le sud à l’est du DST (dispositif de séparation du trafic, ndlr) Finisterre. Guidé par son routeur de père qui veille sur lui comme le lait sur le feu, le jeune quiberonnais de 25 ans, va pouvoir poursuivre sa progression le long de la péninsule ibérique dans des conditions très maniables.
Rhum Mono : disparités flagrantes Peu de changement en tête de la flotte des monocoques, qui, elle aussi, tente de se frayer un passage au milieu des fronts. 250 milles séparent en longitudinal, un Wilfrid Clerton (Cap au Cap Location) déterminé de Jean-Pierre Dick (Notre Méditerranée - Ville de Nice) : “Encore une fois, jusqu’où on va pousser la limite par rapport au bateau et au bonhomme ? Pour le moment on n’en sait rien. Mais tant que ça tient, on fera… avec un objectif qui est très clair : jouer le podium et la gagne. Je sais qu'on a les compétences, le bateau pour, et je suis préparé pour ça physiquement et dans le dur. Dans ma tête c’est très clair.” Qu’on se le dise, le Rochelais n’est pas venu sur la Route du Rhum - Destination Guadeloupe pour jouer les seconds couteaux.
Toujours dans la catégorie Rhums Mono, les méridionaux profitent de conditions plus favorables, comme en témoignait Rémy Gérin à bord de FAIAOAHE ce midi : “Très beau début de journée, grand soleil, au près, par 13/16 kn, le bateau passe bien dans la vague et cavale.” Le trinitain en a d’ailleurs profité : “première douche chaude, talc dans les chaussettes, vêtements secs, œufs durs (hier c'était oeufs brouillés mais j'ai trop galéré à laver la casserole...) et pain croustillant sorti du four : Que du bonheur ! “
Laurent Etheimer (Happy) “En approche du DST du cap Finisterre, il y a du monde par ici ! Heureusement, l’AIS existe et les conditions sont plutôt clémentes. A bord, la vie s’organise sur ce petit bateau. C’est plutôt ambiance humide mais pour l’instant, tout fonctionne bien mis à part le système de communication. J’ai vu qu’hier, j’étais prévu pour une vacation mais mon téléphone satellite fonctionne mal, voire pas !! Je vais essayer de comprendre pourquoi à terre tout fonctionnait bien et en mer pas moyen”.
Jean-Sébastien Biard - JSB Déménagement “Cela fait 36 heures que j’ai pris un «second départ» ; actuellement à 85 milles dans le sud Ouest de sein, cap au 230 sur la route encore lointaine des Açores : grand-voile haute et solent bâbord amure 7,5 nœuds à 70 du vent. Le rythme des siestes s’installe à bord après plusieurs manœuvres de réductions de voilure et lâchés de ris. Triste journée pour mes proches et moi : difficile d’être loin des siens pour les obsèques de mon beau-père ce jour, Jean, à qui je dédie ma course”.
