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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

© Ronan Gladu


Fatigue générale, propagation des ondes aléatoire, une certaine usure était palpable dans les voix des pilotes de trimarans aujourd’hui. « Mais c’est la Route du Rhum, et c’est ça qui est sympa ! » s’exclamait François Gabart avec le sifflement strident de ses foils en arrière-plan sonore. De son côté, Yves Le Blévec était vigilant "à ne pas tomber en dette de sommeil"... Morceaux choisis.


François Gabart (SVR Lazartigue) « Tout va bien, le rythme est plutôt intense. C’est vrai que ça s’est bien enchaîné depuis le départ. On a eu des bords de près, puis le premier petit front avec pas mal de changements de configurations de voile, du près sur l’autre bord, puis du reaching, un second front aux Açores puis encore un reaching, très rapide celui-là, et maintenant le portant ! Mais c’est la Route du Rhum, c’est ça qui est sympa. A l’heure qu’il est je me pose la question de savoir si on est vraiment dans les alizés Le vent est encore irrégulier en ce moment, j’ai entre 13 et 20 noeuds, nous sommes assez proche du centre des hautes pressions. Il y a des moments pas simples lorsque le vent baisse et que le bord positionne mal le bateau par rapport à la houle qui reste Nord-Ouest. Mais ça va forcir maintenant. En terme de rythme, c’est assez similaire à 2018. La différence, c’est que la bateau est à 100%, donc je me donne à fond pour régater et je m’éclate alors qu’il ya quatre ans, j’ai fait toute la course en mode dégradé. la nuit dernière j’ai juste cassé le bout qui permet de remonter le foil bâbord; J’ai ralenti le bateau pendant deux à rois heures pour réparer. On a un peu hésité avec l’équipe lais il ya quand même beaucoup de tribord amures à faire jusqu’à l’arrivée, donc ça valait le coup, même si j’ai perdu pas mal de milles alors que j’étais content de mon décalage sous le vent de Charles. Je n’ai aucun plan miracle pour le doubler d’ici Pointe à Pitre. Il faut continuer à naviguer le plus proprement possible. Notre écart, c’est deux heures vol sous le vent de la Guadeloupe, c’est 40 milles que tu peux perdre ou gagner.


Yves Le Blévec (Actual Ultim 3) « Attraper l’alizé prend un peu de temps, mais je n’ai aucun doute qu’on les aie d’ici la fin de la journée. Là, on joue sur la courbure de l’anticyclone pour exploiter au mieux la rotation du vent et on est du bon côté du système. Et quand on regarde la globalité de la flotte, on est plutôt chanceux. Le plus compliqué pour moi a été le golfe de Gascogne. Je n’avais pas l’impression d’avoir une super vitesse, on n’a pas tiré les bords à l’endroit et ça a créé un décalage important tout de suite. Du coup, on ne pouvait pas aller chercher ensuite ce que les premiers ont fait. On a fait une stratégie un peu plus conservatrice en allant au Sud avec Francis. Le bateau est en forme, je n’ai aucun problème majeur, de petits imprévus comme d’hab’ qui sont facilement absorbables, mais moi, depuis le départ, je passe un peu par tous les états. C’est dur et fatigant. Le plus facile à compter depuis le départ de cette Route du Rhum, ce sont les heures de sommeil ! Les temps ouverts sont très courts et rares, c’est vraiment pas facile de trouver les bons timings pour ça et la gestion du sommeil est un sacré dossier. C’est vraiment au centre de mes préoccupations car je ne veux pas me laisser dépasser. Je ne suis pas certain que l’alizé sera beaucoup plus propice au repos car il y a toujours beaucoup à faire et veiller les grains mais ce sera sympa de naviguer vite et dans la bonne direction. Globalement, les trois premiers sont plus rapides tout le temps, ce sont des bateaux plus récents et bien développés. Je fais ma course et j’ai la même position depuis le début. Je choisis mon rythme et fais ma course. Si je les rattrape, c’est qu’ils auront de sacrés problèmes ce que je ne leur souhaite pas ! »


Erwan Le Roux (Koesio) « J’ai grappillé des milles car ils avaient moins de vent dessous, donc c’est bien, ça fait plaisir d’être en positif avec les petits copains. J’ai dormi allongé cette nuit en dormant sur mon matelas, ça faisait longtemps. Il fait un peu plus chaud, c’est cool. Là, je navigue encore à 60° du vent et j’ai l’alarme qui sonne tout le temps J’essaie de faire avancer le bateau au mieux pour attraper l’alizé. Avec la mer, le bateau part en surf au près et le pilote n’agit pas correctement. Le bateau lève la patte tout le temps J’ai la télécommande dans mon fauteuil et je régule à l’écoute de grand-voile. Le timing pour les alizés, c’est demain après-midi. Le temps de glisser sous l’anticyclone, il nous faut encore 24 heures. Il reste encore tout un Atlantique à traverser. J’ai 60 milles de retard sur Arkema qui va vite au portant et la tâche ne sera pas simple. Il faudra tirer les bons bords. Il reste quasiment 2000 milles et il peut encore se passer beaucoup de choses »

  • 14 nov. 2022
  • 4 min de lecture

© Ronan Gladu


Fatigue générale, propagation des ondes aléatoire, une certaine usure était palpable dans les voix des pilotes de trimarans aujourd’hui. « Mais c’est la Route du Rhum, et c’est ça qui est sympa ! » s’exclamait François Gabart avec le sifflement strident de ses foils en arrière-plan sonore. De son côté, Yves Le Blévec était vigilant "à ne pas tomber en dette de sommeil"... Morceaux choisis.


François Gabart (SVR Lazartigue) « Tout va bien, le rythme est plutôt intense. C’est vrai que ça s’est bien enchaîné depuis le départ. On a eu des bords de près, puis le premier petit front avec pas mal de changements de configurations de voile, du près sur l’autre bord, puis du reaching, un second front aux Açores puis encore un reaching, très rapide celui-là, et maintenant le portant ! Mais c’est la Route du Rhum, c’est ça qui est sympa. A l’heure qu’il est je me pose la question de savoir si on est vraiment dans les alizés Le vent est encore irrégulier en ce moment, j’ai entre 13 et 20 noeuds, nous sommes assez proche du centre des hautes pressions. Il y a des moments pas simples lorsque le vent baisse et que le bord positionne mal le bateau par rapport à la houle qui reste Nord-Ouest. Mais ça va forcir maintenant. En terme de rythme, c’est assez similaire à 2018. La différence, c’est que la bateau est à 100%, donc je me donne à fond pour régater et je m’éclate alors qu’il ya quatre ans, j’ai fait toute la course en mode dégradé. la nuit dernière j’ai juste cassé le bout qui permet de remonter le foil bâbord; J’ai ralenti le bateau pendant deux à rois heures pour réparer. On a un peu hésité avec l’équipe lais il ya quand même beaucoup de tribord amures à faire jusqu’à l’arrivée, donc ça valait le coup, même si j’ai perdu pas mal de milles alors que j’étais content de mon décalage sous le vent de Charles. Je n’ai aucun plan miracle pour le doubler d’ici Pointe à Pitre. Il faut continuer à naviguer le plus proprement possible. Notre écart, c’est deux heures vol sous le vent de la Guadeloupe, c’est 40 milles que tu peux perdre ou gagner.


Yves Le Blévec (Actual Ultim 3) « Attraper l’alizé prend un peu de temps, mais je n’ai aucun doute qu’on les aie d’ici la fin de la journée. Là, on joue sur la courbure de l’anticyclone pour exploiter au mieux la rotation du vent et on est du bon côté du système. Et quand on regarde la globalité de la flotte, on est plutôt chanceux. Le plus compliqué pour moi a été le golfe de Gascogne. Je n’avais pas l’impression d’avoir une super vitesse, on n’a pas tiré les bords à l’endroit et ça a créé un décalage important tout de suite. Du coup, on ne pouvait pas aller chercher ensuite ce que les premiers ont fait. On a fait une stratégie un peu plus conservatrice en allant au Sud avec Francis. Le bateau est en forme, je n’ai aucun problème majeur, de petits imprévus comme d’hab’ qui sont facilement absorbables, mais moi, depuis le départ, je passe un peu par tous les états. C’est dur et fatigant. Le plus facile à compter depuis le départ de cette Route du Rhum, ce sont les heures de sommeil ! Les temps ouverts sont très courts et rares, c’est vraiment pas facile de trouver les bons timings pour ça et la gestion du sommeil est un sacré dossier. C’est vraiment au centre de mes préoccupations car je ne veux pas me laisser dépasser. Je ne suis pas certain que l’alizé sera beaucoup plus propice au repos car il y a toujours beaucoup à faire et veiller les grains mais ce sera sympa de naviguer vite et dans la bonne direction. Globalement, les trois premiers sont plus rapides tout le temps, ce sont des bateaux plus récents et bien développés. Je fais ma course et j’ai la même position depuis le début. Je choisis mon rythme et fais ma course. Si je les rattrape, c’est qu’ils auront de sacrés problèmes ce que je ne leur souhaite pas ! »


Erwan Le Roux (Koesio) « J’ai grappillé des milles car ils avaient moins de vent dessous, donc c’est bien, ça fait plaisir d’être en positif avec les petits copains. J’ai dormi allongé cette nuit en dormant sur mon matelas, ça faisait longtemps. Il fait un peu plus chaud, c’est cool. Là, je navigue encore à 60° du vent et j’ai l’alarme qui sonne tout le temps J’essaie de faire avancer le bateau au mieux pour attraper l’alizé. Avec la mer, le bateau part en surf au près et le pilote n’agit pas correctement. Le bateau lève la patte tout le temps J’ai la télécommande dans mon fauteuil et je régule à l’écoute de grand-voile. Le timing pour les alizés, c’est demain après-midi. Le temps de glisser sous l’anticyclone, il nous faut encore 24 heures. Il reste encore tout un Atlantique à traverser. J’ai 60 milles de retard sur Arkema qui va vite au portant et la tâche ne sera pas simple. Il faudra tirer les bons bords. Il reste quasiment 2000 milles et il peut encore se passer beaucoup de choses »

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