- 13 nov. 2022
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© Philippe Poupon
Le début de course n’aura pas été de tout repos pour Philippe Poupon. Après une première escale technique à Port-la-Forêt le 10 novembre pour réparer son chariot de grand-voile, Philippe Poupon a été contraint de se dérouter vers La Corogne (Espagne). Après une escale technique d’un peu moins de 24 heures, Flo a repris la mer hier après-midi. Voici le récit de son début de course, reçu par email ce dimanche matin.
« Bonjour à tous. Tout va bien à bord du Flo ce matin du 13 novembre. J’ai eu quelques soucis en début de course. La première nuit, au nord des côtes du Finistère, je me suis aperçu que le chariot de tête de la grand-voile s’était arraché du mât. C’est un vieux modèle des années 1990. Un check-up complet lors de sa préparation n’a pas suffi. Ce modèle ne se fait plus et nous aurions dû changer entièrement le rail sur le mât pour un nouveau système de chariot. On pensait que ça tiendrait, et ben non ! », raconte Philippe Poupon, qui a donc fait escale à Port-la-Forêt le 10 novembre pour réparer. « Nous avons la logistique du chantier de Michel Desjoyeaux, son tender, et des bouées de mouillages à l'extérieur du port pour éviter les manœuvres de port. Tanguy et Gaby, mes équipiers, sont venus me rejoindre. Je connais la manip’ pour l’avoir déjà utilisée lors du convoyage du Flo vers la Bretagne. Nous avons rajouté quatre chariots classiques, le tout brélé avec des latchings. Ça nous a pris quatre heures, pas eu le temps d’aller boire une bière au café de la Hune ».
Reparti en début de soirée, Philippe Poupon a mis le cap sur le cap Finisterre après avoir tiré des bords dans la baie de Concarneau. « La nuit est belle, le ciel est clair. C’est la pleine lune. Un bonheur ! Ma lampe qui éclaire les voiles aperçoit un problème sur l'enrouleur de trinquette. Une nouvelle escale s’organise à La Corogne (Espagne). Tanguy organise l'arrêt dans la marina. Le chef de port est un fan, il se rappelle de mes escales lors des Figaro, et il a poster d'un Fleury Michon dans sa chambre…Jacques, de chez Iroise Gréement, prend sa voiture, récupère des pièces, et un copain sur la route pour le seconder au volant. La traversée du golfe est rapide. Il ne faut pas trainer sur la route. J’arrive vers 11h00 dans le port qui me rappelle beaucoup de souvenirs avec mes collègues de la Solitaire du Figaro. C’était une escale habituelle. Le temps est calme. Le bateau vient de se poser le long d’un ponton réservé. On a dégréé la trinquette qui part chez le voilier, légèrement abimée. Jacques et Éric s’occupent de l’enrouleur. Ce sont de simples vis qui se sont desserrées. Dans la baie, de nombreux dériveurs s’entraînent. C’est jour de régate. De l’Optimist au Finn, ça navigue en Espagne ! On renforce la drisse de grand-voile qui a lâché juste avant l’arrivée. Je quitte le ponton à 16h00. Même pas le temps d’aller boire une cerveza au bar du Yacht Club. Je remercie mes amis. Cap sur la Guadeloupe. Je passe au nord du DST. Le ventemonte à 35 nœuds. Je réduis la grand-voile à trois ris et enroule la trinquette à moitié. Je réduis la vitesse, le bateau tape, ça fait mal. Virement de bord au petit matin, cap vers le sud. Ma route sera celle de la sagesse. Une zen attitude. Le Flo est content de refaire cette route, 32 ans après. Ça lui rappelle des souvenirs. Bon vent à tous ! ».
