- 19 nov. 2022
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© Roland Jourdain
Ce samedi à la mi-journée, les concurrents toujours en lice dans la catégorie Rhum Mono et Rhum Multi bénéficiaient de conditions différentes en fonction de leur positionnement. La partie de la flotte proche de la dorsale anticyclonique, à l’instar de Jean-Pierre Dick (Notre Méditerranée – Ville de Nice) et Gilles Buekenhout (Jess), solides leaders en Rhum Mono et Rhum Multi, touchait en effet moins de vent que les sudistes. Ces derniers, à l’instar de Catherine Chabaud, bénéficiaient quant à eux d’un alizé plus soutenu, mais rallongent leur route vers la Guadeloupe. De son côté, David Ducosson (Trilogik – Dys de Cœur), à nouveau victime de problèmes techniques malgré deux escales, fait route vers La Corogne (Espagne).
En Rhum Multi, la flotte est très étirée entre le sud-ouest de l’anticyclone des Açores pour les leaders et l’ouest des Canaries pour les derniers. Si le petit groupe de tête emmené par Gilles Buekenhout (Jess), Roland Jourdain (We Explore) et Loïc Escoffier (Lodigroup) touchait un alizé moins soutenu que ceux positionnés à l’ouest des Canaries à la mi-journée, ce dernier bénéficiait néanmoins de bonnes conditions de navigation dans un vent de sud-est. Et d’un meilleur angle de progression sur la route directe. De leur côté, ceux qui étaient à l’ouest des Canaries à l’instar de Philippe Poupon (Flo), bénéficiaient d’un alizé plus soutenu, mais se détournaient un peu de l’orthodromie. Ce qui les forcera donc à tirer à bords alors que la tête de flotte devrait pratiquement rester sur le même bord. Selon les prévisionnistes de Météo Consult, cette situation, qui ne devrait pas changer la donne in fine, va persister globalement toute la journée et les écarts pourraient se resserrer dans le trio de tête. Demain, la dorsale qui descendra sur les nordistes devrait profiter à Roland Jourdain et Loïc Escoffier. A noter que David Ducosson est à nouveau victime de problèmes techniques à bord de Trilogik – Dys de Cœur. «Un des pilotes déconne encore un peu. Je suis sur celui de secours qui a l’air de bien marcher. Pour l’instant ça va. J'ai aussi cramé l’éolienne cette nuit dans un grain. Elle n’a pas supporté», expliquait-il à la vacation de ce matin. Le skipper guadeloupéen fait actuellement route vers La Corogne.
Du côté des Rhum Mono, la flotte est encore plus étirée, entre Jean-Pierre Dick, qui bénéficiait d’un bon angle et progressait sur l’orthodromie à un peu plus de 8 nœuds à la mi-journée et Fabio Gennari (Bella Donna – Race For Pure Ocean), situé au nord des Canaries. Plus au sud que Jean-Pierre Dick, Catherine Chabaud (Formatives ESI Business School pour Ocean as Common), qui accusait cet après-midi 171,4 milles de retard sur le leader, touchait quant à elle davantage d’alizé et progressait 3 nœuds plus vite que le skipper niçois. Cependant, les écarts devraient rester les mêmes au final car sa route est moins directe.
Pour le gros de la flotte qui est au niveau Canaries, ceux qui sont au nord de Madère bénéficient de vents portants et d’une situation plus favorable qu’Arnaud Pennarun (Viabilis – Pen Duick III & ACH pour les enfants de Robert Debré), qui est proche de l’anticyclone. Alors que ceux évoluent au nord des Canaries sont dans une situation assez similaire à celle des Rhum Multi, avec des empannages à faire pour gagner dans l’ouest tout en conservant de la vitesse.
Toujours selon les prévisionnistes de Météo Consult, il faudra s’attendre à un renforcement de l’alizé pour tout le monde en début de semaine et à une mer agitée à forte avec une houle de 2 à 3 mètres. Et à une augmentation des vitesses moyennes.
Ils ont dit :Roland Jourdain (We Explore): «Goooodddd Moooorning ! Alors, commençons par la carte postale avec la vraie image du gars sur l'eau. Tout pareil que celui qui est en solo quelques jours à l’appart' puisque sa femme est partie voir sa cousine Hortense à Dijon pour les vacances. Pourquoi donc se changer, se laver et perdre un temps fou à toutes ces futilités, qui en plus consomment les ressources en eau de la planète ? On est donc sur la tenue vestimentaire « durable », c’est-à-dire la même depuis le début : costume / bleu de travail / pyjama - en modèle unique de la maison Cotten depuis 1964 (l'année de ma naissance en plus) sur une fine couche de mérinos haut et bas qui, non seulement te régule à merveille, mais en plus fait par miracle disparaître les odeurs, surtout les tiennes quand tu es tout seul. Ah ! Merveilleux animal que ce mérinos. Peut-être que j'en adopterai un. Et pour finir sur le sujet, la tenue de plage devrait arriver demain. Nous ne sommes pas encore sous les chaleurs alizéennes, mais dans cette transition entre notre automne et leur toujours été. Techniquement, il s'agit de trouver un chemin pour passer sous l'anticyclone des Açores. Et c'est parfois un peu compliqué… comme toutes les théories quand on les pratique. Vent instable en force et en direction. Donc changement de voiles et réglages. Donc transpiration et retour au mérinos. Mais cela ne m'a pas empêché de trouver des occasions pour dormir comme un bébé, pour ne pas dire comater, ces temps derniers. Un scandale tellement c'était bon. Les augures ont parlé et semblent nous faire arriver We Explore et moi, dans la nuit du 23 matinée du 24. Si longtemps après les Ultims et pourtant déjà ! C'est bien court pour amortir tout le temps passé à imaginer, créer et préparer en amont ! Quinze jours pour apprécier l'instant c'est si peu ! La mer m'a appris à appréhender l'inconnu avec optimisme. Ça ne se passe jamais comme prévu et finalement on trouve une solution. Le chemin m’a mené jusqu’à Explore. Parce que l'énergie collective, même si le chemin est pavé d'embûches, est la seule forme d'avenir de l'espèce. Mais l'important là-dedans, c'est justement le chemin. Bonne nouvelle, le vent est deux fois plus fort que prévu. Et là aussi le chemin est plein de nids de poule. Il ne faudrait pas que mon spi millésime 2008 me lâche dans une vague… déjà que la cuvée 2006 m’a quitté hier au bout d'une heure de service ! La performance environnementale a ses petites contraintes !»
Christophe Bogrand (Château du Launay) : «Tout va pour le mieux ! Le soleil a fait des miracles à bord de Château du Launay. Et la femme de ménage a tout rangé ! A très vite.»
Fabrice Payen (Ille-et-Vilaine Cap vers l’inclusion) : «Un grand merci à tous : partenaires, équipe, amis, proches, pour vos messages concernant l’âge du capitaine ! Journée ventée hier ponctuée d'empannages suivant les rotations de l'alizé, les empannages (virement de bord vent arrière pour les débutants) sont toujours délicats par vent fort. Le passage de la grand-voile, s'il est trop violent, peut occasionner des dégats, d'où l'intérêt d'être bien organisé dans la méthode ! La nuit a été éprouvante avec un vent qui s'est renforcé et qui oscillait en permanence entre 25 et 32 nœuds. Heureusement, j'avais bien anticipé hier en fin de journée et mis en place une voile plus petite prête à être déroulée au cas où, et du coup elle m'a bien servi. Je suis passé sous la barre des 2000 milles pour l'arrivée au nord de la Guadeloupe, c'est un beau cap de franchi ! Merci à tous pour votre énergie communicative !»
