- 17 nov. 2022
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Stan Thuret (Everial)
[Les mots du large] Alors que le tête de flotte a désormais parcouru la moitié du parcours théorique pour rejoindre Pointe-à-Pitre, les solitaires progressent désormais dans des vents plus favorables. Les gennakers et les spis commencent à sortir des sacs à voiles. Aux abords des Açores, la course prend une nouvelle tournure. La plupart des ceux qui avaient dû faire escale à Ponta Delgada ont repris la course, notamment Axel Trehin. Le skipper de Project Rescue Ocean, qui déplorait une très sérieux problème au niveau de son gréement, est reparti après avoir équipé son bateau avec le mât de Matthieu Perraut (Inter Invest), contraint, lui, d’abandonner. Preuve que le souffle de la solidarité est toujours à l’œuvre et ne faiblit pas malgré la tourmente des avaries de ces derniers jours qui a malmené le gros des troupes. Au 8e jour de course, les affaires reprennent aux quatre coins de la flotte, comme le racontent les mots du large reçus depuis hier soir…
Baptiste Hulin (Rennes / Saint-Malo / Parenthèses de Vies) : « Je repars plus motivé que jamais » « L'équipe technique a fait un super travail pour effectuer les réparations nécessaires en un minimum de temps. Je repars plus motivé que jamais en direction de Pointe-à-Pitre avec des aériens et une antenne toute neuve. À très vite ! »
Simon Koster (Banque du Leman) : « j’ai un spi en l’air… » « Est-ce qu’on as trouvé la porte vers les alizés ?En tout cas pour la première fois sur la traversée, j ai un spi en l’air, c’est trop bien ! Est ce que c’est les alizés ? Non pas encore tout a fait, mais on s’en approche. À voir si le passage dans la vent faible au Sud s’ouvre comme prévu. La mer est toujours perturbée dans cette zone autour des Açores, pas toujours simple à gérer. Ni pour le pilote, ni pour le matériel ou le bonhomme, espérons que ça s’arrange en faisant du Sud. Je sens que demain matin, ça vas être test des panneaux solaire sur le pont pour sauver le méthanol de la pile a combustible pour la nuit. Et accessoirement séchage géneral, si ça ne mouille pas trop… »
Antoine Carpentier (Redman) : « Au reaching, les deux pieds sur le frein… » « La rotation est enfin arrivée ! On n’est plus au près ! Par contre ça tape encore on est face à la mer de l’ancien vent. On est au reaching, les deux pieds sur le frein pour ne pas casser, pas maintenant ça serait trop bête … Encore quelques heures et la mer sera rangée et on pourra lâcher les chevaux ! La nuit est bien mouvementée. Virement de bord, envoi du gennak non sans mal pour le binôme Redman /Antoine. Ça failli être la catastrophe , le gennak s est déroulé pendant que je l’envoyait mais pas complètement ! J ai dû l’affaler comme il était, récupérer l’amure qui était en milieu de bout dehors, soit un mètre devant l’étrave du bateau ; le tout avec un bateau qui sautait dans les vagues tel un pur sang en furie ! Défaire les tours de la galette et renvoyer la voile déroulée ! Mais bon encore une fois ça l’a fait, décidément j’ai eu beaucoup de réussite depuis le début ! Petite sieste de 20 minutes, les alarmes sonnent, il faut réajuster le cap, les réglages , remettre de la bâche. Le vent est très instable en intensité, ce qui rend le choix de voile très compliqué ! Je suis tenté d’envoyer le spi, le temps que je me décide et le vent remonte en intensité et refuse à nouveau ! Pas simple … Ne pas s’emballer, pourtant quelque chose me dit que beaucoup se joue cette nuit ! Les leaders sont plutôt lents depuis le passage du front ! Ils ont de l’avance, ce qui les met dans une situation où ils n’ont pas à prendre de risque… Les poursuivants eux ont faim, alors on met les bouchées doubles ! Je penses à Simon, qui a aussi des moyennes élevées. Xavier est très Nord, je me demande comment il va faire pour redescendre de la haut … Bref, je prends le temps d’écrire pour ne pas m’endormir et être prêt au bon moment pour envoyer le spi ! Il est 4 h UT il fait nuit noire, sans étoiles sans lune, le pilote barre le bateau d’une main de maître. Vivement le lever de jour que je puisse vérifier que tout est ok pour envoyer mon spi… »
Morgane Ursault-Poupun (Médecins du monde) : « Tout est harmonieux… » « Ce soir , le ciel s'est paré d'un milliard d’étoiles. Je me sens minuscule, sous la voie lactée. Le bateau à peine gité, glisse sur une mer belle, peu agitée. Tout est harmonieux, nous ne faisons qu'un, nous sommes la nature. »
Maxime Cauwe (Wisper) : « Fini le mode dahu » « Entre le gazole partout et autres petits soucis, la vie n’était pas simple. Promis je reprends un bon rythme surtout que normalement le bateau devrait se remettre à plat à la fin de la journée. Fini le mode dahu. Je n'avais pas trop le choix de la stratégie après mon arrêt à Camaret, donc je fais mon max pour combler mon écart latéral avec les autres, pas simple mais la course est longue. La descente après le second front, même si ça restait du près est moins dure grâce aux températures qui remontent et à l'état de la mer qui s'améliore ! Et ça c'est cool. Ça m'a permis de prendre un peu de repos aussi. D'ailleurs ça se confirme bien : plus je dors plus je vais vite !! J'ai encore des soucis d'alternateur mais pour l'instant ça passe. Une dorsale à passer aujourd'hui avant d'être sûr d’avoir les alizés;;; et après on envoie le pépin, comme dirait l'autre ! »
