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À partir du 20 Octobre à Saint-Malo  |  Du 06 Novembre en Guadeloupe

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Vendredi Ă  06 h 04 minutes (01 h 04 heure locale), Yves Le BlĂ©vec a franchi en cinquiĂšme position la ligne d’arrivĂ©e Ă  Pointe Ă  Pitre de la douziĂšme Ă©dition de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Son temps de course est de 08 jours, 15 heures, 49 minutes et 1 seconde. Il a effectuĂ© les 3542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe Ă  Pitre Ă  la vitesse de 17,04 noeuds sur l’orthodromie (route directe). Il a en rĂ©alitĂ© parcouru 4553 milles Ă  la vitesse moyenne de 21,91 noeuds


Son écart au vainqueur Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) est de 1 jour 20 heures, 01 minutes et 36 secondes.


« Je vais aller vite, je vais tenir une belle cadence, mais mon jeu n’est pas d’essayer de les suivre. Je me prĂ©pare psychologiquement Ă  ça » nous confiait Yves Le BlĂ©vec avant le dĂ©part de Saint-Malo. Avec un bateau performant (l’ancien Macif) mais pas autant que les quatre autres trimarans volants, le skipper d’Actual Ultim 3 avait un plan de bataille bien en tĂȘte au dĂ©part de Saint-Malo. Mais Yves n’a jamais pu s’accrocher Ă  la roue des leaders, sans doute surpris par le rythme imprimĂ© par Charles Caudrelier et moins inspirĂ© dans ses choix de trajectoire Ă  travers le Golfe de Gascogne. Et tout va trĂšs vite en Ultim 32/23. Avec 250 milles de retard au passage du premier front, Actual Ultim 3 Ă©tait condamnĂ© Ă  vivre une autre course que celle du trio de tĂȘte qui creusait son avance Ă  chaque nouvelle frontiĂšre mĂ©tĂ©o. En arrivant au ponton, le trinitain rendait hommage au trio de tĂȘte et insistait "sur le stress Ă©norme qu'engendre la vitesse sur ces machines". Le duel qui a opposĂ© le skipper Ă  Francis Joyon aura nĂ©anmoins donnĂ© du sel Ă  cette transat. Lorsque Actual Ultim 3 finit par doubler Idec Sport dans l’alizĂ©, on pense que le plus dur est fait. Mais la perte du grand gennaker trois jours avant l'arrivĂ©e limite les performances du bateau et Yves Le BlĂ©vec termine finalement cinquiĂšme de sa premiĂšre Route du Rhum - Destination Guadeloupe en Ultim 32/23. Un peu déçu de sa place au classement mais pas amer, il conserve la satisfaction d'avoir conduit son trimaran Ă  bon port, ce qui sur ces machines, reste en soi une performance. VoilĂ  ce qu'il disait au ponton Ă  son arrivĂ©e : « Je ne peux pas commencer la confĂ©rence de presse sans parler de François et Alex. Je suis effondrĂ© par ce qui s’est passĂ©. On fait toute l’annĂ©e des stages ISAF, des contrĂŽles de sĂ©curitĂ©, nous sommes trĂšs sensibilisĂ©s Ă  cet aspect de notre sport
 138 bateaux partent faire une transat en solitaire hyper engagĂ©e, tout se passe trĂšs bien et lĂ , avec une bricole en baie, nous avons deux morts. La sĂ©curitĂ© est importante pour tous et j’ai beaucoup pensĂ© Ă  François et Alex. MĂȘme si les nouvelles sont trĂšs mauvaises, je souhaite ĂȘtre mis au courant pendant la course, c’est une rĂšgle que l’on s’est fixĂ© avec le team car je ne vois pas qui mieux que moi est capable de dĂ©cider de ce que je suis capable ou pas d’encaisser. Ça a envahi mes pensĂ©es mais le fil de la course Ă©tait lĂ  et ça n’a pas perturbĂ© ma progression. J’ai pensĂ© possible de conjurer le sort de ce bateau sur la Route du Rhum 2018 et de doubler Francis mais il ya trois jours, j’ai eu trois pannes assez majeures dans le bateau qui sont arrivĂ©es en mĂȘme temps sans aucun lien entre elles. Avec l’équipe, nous en avons rĂ©solu deux mais la troisiĂšme Ă©tait mon grand gennaker qui s’est dĂ©chirĂ© de maniĂšre incroyable. J’ai Ă©tĂ© obligĂ© de ralentir, m’arrĂȘter et finir avec le J1, un petit gennaker. Francis Ă©tait revenu au mĂȘme niveau que mois et ensuite, j’allais un poil moins vite
 DĂšs le dĂ©part, les leaders sont enchaĂźnĂ© trĂšs vite avec des Ă©carts de vitesse importants au prĂšs entre les bateaux. Je suis parti avec un ris alors que ça passait grand-voile haute, j’étais un cran derriĂšre. Les autres Ă©taient bord Ă  bord, ils ont trĂšs bien naviguĂ© et je suis impressionnĂ© du niveau d’attaque avec ce que ça peut comporter comme niveau de stress et de fatigue. J’ai Ă©tĂ© trĂšs fatiguĂ© et je voyais bien que j’étais Ă  la limite. A un moment donnĂ©, j’ai compris que je n’étais pas loin d’un seuil de fatigue avec le risque de faire des conneries Ă©normes et prendre de trĂšs mauvaises dĂ©cisions. Je suis hyper content d’arriver. Le franchissement de la ligne est un aboutissement. Boucler ce parcours Ă©tait l’objectif numĂ©ro un et c’est une satisfaction trĂšs intense. Sur ces bateaux, entre plaisir et douleur, c’est trĂšs partagĂ©. Les machines sont trĂšs exigeantes et arriver Ă  les dompter fait partie du plaisir de naviguer. Cette sensation d’ĂȘtre au niveau de la machine, le plaisir est lĂ . Les deux derniers jours Ă©taient les plus sympa. Ça allait un peu moins vite avec ma configuration de voile mais ça marchait bien quand mĂȘme et j’ai pu contempler le spectacle. Regarder les Ă©traves qui dĂ©valent, cette machine qui court sans arrĂȘt sur la mer, c’est extraordinaire »

  • 18 nov. 2022
  • 4 min de lecture

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Vendredi Ă  06 h 04 minutes (01 h 04 heure locale), Yves Le BlĂ©vec a franchi en cinquiĂšme position la ligne d’arrivĂ©e Ă  Pointe Ă  Pitre de la douziĂšme Ă©dition de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Son temps de course est de 08 jours, 15 heures, 49 minutes et 1 seconde. Il a effectuĂ© les 3542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe Ă  Pitre Ă  la vitesse de 17,04 noeuds sur l’orthodromie (route directe). Il a en rĂ©alitĂ© parcouru 4553 milles Ă  la vitesse moyenne de 21,91 noeuds


Son écart au vainqueur Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) est de 1 jour 20 heures, 01 minutes et 36 secondes.


« Je vais aller vite, je vais tenir une belle cadence, mais mon jeu n’est pas d’essayer de les suivre. Je me prĂ©pare psychologiquement Ă  ça » nous confiait Yves Le BlĂ©vec avant le dĂ©part de Saint-Malo. Avec un bateau performant (l’ancien Macif) mais pas autant que les quatre autres trimarans volants, le skipper d’Actual Ultim 3 avait un plan de bataille bien en tĂȘte au dĂ©part de Saint-Malo. Mais Yves n’a jamais pu s’accrocher Ă  la roue des leaders, sans doute surpris par le rythme imprimĂ© par Charles Caudrelier et moins inspirĂ© dans ses choix de trajectoire Ă  travers le Golfe de Gascogne. Et tout va trĂšs vite en Ultim 32/23. Avec 250 milles de retard au passage du premier front, Actual Ultim 3 Ă©tait condamnĂ© Ă  vivre une autre course que celle du trio de tĂȘte qui creusait son avance Ă  chaque nouvelle frontiĂšre mĂ©tĂ©o. En arrivant au ponton, le trinitain rendait hommage au trio de tĂȘte et insistait "sur le stress Ă©norme qu'engendre la vitesse sur ces machines". Le duel qui a opposĂ© le skipper Ă  Francis Joyon aura nĂ©anmoins donnĂ© du sel Ă  cette transat. Lorsque Actual Ultim 3 finit par doubler Idec Sport dans l’alizĂ©, on pense que le plus dur est fait. Mais la perte du grand gennaker trois jours avant l'arrivĂ©e limite les performances du bateau et Yves Le BlĂ©vec termine finalement cinquiĂšme de sa premiĂšre Route du Rhum - Destination Guadeloupe en Ultim 32/23. Un peu déçu de sa place au classement mais pas amer, il conserve la satisfaction d'avoir conduit son trimaran Ă  bon port, ce qui sur ces machines, reste en soi une performance. VoilĂ  ce qu'il disait au ponton Ă  son arrivĂ©e : « Je ne peux pas commencer la confĂ©rence de presse sans parler de François et Alex. Je suis effondrĂ© par ce qui s’est passĂ©. On fait toute l’annĂ©e des stages ISAF, des contrĂŽles de sĂ©curitĂ©, nous sommes trĂšs sensibilisĂ©s Ă  cet aspect de notre sport
 138 bateaux partent faire une transat en solitaire hyper engagĂ©e, tout se passe trĂšs bien et lĂ , avec une bricole en baie, nous avons deux morts. La sĂ©curitĂ© est importante pour tous et j’ai beaucoup pensĂ© Ă  François et Alex. MĂȘme si les nouvelles sont trĂšs mauvaises, je souhaite ĂȘtre mis au courant pendant la course, c’est une rĂšgle que l’on s’est fixĂ© avec le team car je ne vois pas qui mieux que moi est capable de dĂ©cider de ce que je suis capable ou pas d’encaisser. Ça a envahi mes pensĂ©es mais le fil de la course Ă©tait lĂ  et ça n’a pas perturbĂ© ma progression. J’ai pensĂ© possible de conjurer le sort de ce bateau sur la Route du Rhum 2018 et de doubler Francis mais il ya trois jours, j’ai eu trois pannes assez majeures dans le bateau qui sont arrivĂ©es en mĂȘme temps sans aucun lien entre elles. Avec l’équipe, nous en avons rĂ©solu deux mais la troisiĂšme Ă©tait mon grand gennaker qui s’est dĂ©chirĂ© de maniĂšre incroyable. J’ai Ă©tĂ© obligĂ© de ralentir, m’arrĂȘter et finir avec le J1, un petit gennaker. Francis Ă©tait revenu au mĂȘme niveau que mois et ensuite, j’allais un poil moins vite
 DĂšs le dĂ©part, les leaders sont enchaĂźnĂ© trĂšs vite avec des Ă©carts de vitesse importants au prĂšs entre les bateaux. Je suis parti avec un ris alors que ça passait grand-voile haute, j’étais un cran derriĂšre. Les autres Ă©taient bord Ă  bord, ils ont trĂšs bien naviguĂ© et je suis impressionnĂ© du niveau d’attaque avec ce que ça peut comporter comme niveau de stress et de fatigue. J’ai Ă©tĂ© trĂšs fatiguĂ© et je voyais bien que j’étais Ă  la limite. A un moment donnĂ©, j’ai compris que je n’étais pas loin d’un seuil de fatigue avec le risque de faire des conneries Ă©normes et prendre de trĂšs mauvaises dĂ©cisions. Je suis hyper content d’arriver. Le franchissement de la ligne est un aboutissement. Boucler ce parcours Ă©tait l’objectif numĂ©ro un et c’est une satisfaction trĂšs intense. Sur ces bateaux, entre plaisir et douleur, c’est trĂšs partagĂ©. Les machines sont trĂšs exigeantes et arriver Ă  les dompter fait partie du plaisir de naviguer. Cette sensation d’ĂȘtre au niveau de la machine, le plaisir est lĂ . Les deux derniers jours Ă©taient les plus sympa. Ça allait un peu moins vite avec ma configuration de voile mais ça marchait bien quand mĂȘme et j’ai pu contempler le spectacle. Regarder les Ă©traves qui dĂ©valent, cette machine qui court sans arrĂȘt sur la mer, c’est extraordinaire »

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