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From October 20 in Saint-Malo | From November 6 in Guadeloupe

Pink Poppy Flowers
Francis Joyon à côté du trophée de la Route du Rhum lors de l'édition 2022
©Arnaud Pilpré / Route du Rhum Destination Guadeloupe 2022

Qu’est-ce qui vous a poussé à participer à nouveau à la Route du Rhum ?

C’est une question que je me pose aussi (rires) ! Ce n’est pas forcément très raisonnable mais j’ai encore un petit grain de folie. J’en ai parlé récemment avec Loïck Peyron : lui était reparti avec un petit bateau. Moi, je préfère le faire à bord d’un grand bateau ! Plus sérieusement, je prends beaucoup de plaisir à l’idée d’y retourner à bord du bateau que j’ai conçu et avec lequel j’ai connu tellement d’aventures.

 

Avec cet Orma mis à l’eau en 1994, vous avez remporté la Transat anglaise (2000) et connu de nombreuses aventures… Comment résumez-vous votre lien avec ce bateau ?  

J’y suis très attaché. Ce qui est saisissant, c’est que ça n’a jamais été un bateau neutre. Tout est extrêmement fort en permanence et parfois difficile. Mais l’ennui et la tranquillité, il ne connaît pas !


« Sur cette Route du Rhum, le niveau sera très élevé »

 

Vous serez six skippers en Orma sur la ligne de départ… Quel regard portez-vous sur le retour au premier plan de ces bateaux ?

C’est une grande joie de savoir que cette classe reprend vie. Ce sont des bateaux extraordinaires. Le rapport surface de voile / poids en font des bateaux plus puissants que les Ultims. De plus, puisque nous avons tous des bateaux déjà existants, l’impact carbone est fortement réduit. À bord de mon bateau Oceans, je n’ai pratiquement pas changé la configuration initiale. Par ailleurs, il est conçu en fibre de verre et renforcé avec du carbone. À l’époque, c’était surtout une question de budget mais c’était une façon d’être à l’avant-garde pour être plus vertueux pour l’environnement.


Ce sont des bateaux avec lesquels le risque de chavirage est important. Où mettre le curseur ? 

C’est vrai que ce sont des bateaux très engagés. Pendant ma qualification (1200 milles parcourus en juillet, ndlr), j’ai eu l’impression que le pont était constamment recouvert par l’eau. Les Orma sont des multicoques qui vont très vite et qui peuvent être d’une violence incroyable. Lors de cette édition, le niveau va être très élevé. Mais difficile de savoir si tout se jouera dans les premiers jours ou s’il faudra attendre le contournement de la Guadeloupe.


« En prise directe avec les éléments »

Plus globalement, comment résumez-vous votre histoire avec la Route du Rhum ? 

Ça a toujours été des expériences fortes et intenses. Et je crois que c’est pour ça que j’y retourne. Ce sont de grands moments de passion et d’aventure. J’ai connu de très belles éditions et d’autres un peu moins heureuses (chavirage en 2002). Forcément, les éditions les plus inoubliables resteront ma première en 1990 et ma victoire en 2018. Pour moi, la Route du Rhum est une course extrême, même plus qu’un tour du monde. Dans un tour du monde, on est en effet dans la gestion alors que là, le marin est dans la recherche constante de performance !  


Il faut être prêt à souffrir, à se faire mal ? 

Oui, encore plus sur ces bateaux qui sont totalement inconfortables ! À bord, il n’y a pas une place pour se poser. Même entre deux winchs, ce n’est pas possible et surtout, on est trempé en permanence ! Mais ça fait aussi partie du charme de ces bateaux. À bord, on est en première ligne, en contact privilégié avec la mer et en prise directe avec les éléments.


« Être en harmonie avec la planète »

On a l’impression que vous ne vieillissez pas… Quel est votre secret ? 

J’en parlais récemment avec Charlie Cappelle. Ce qui l’explique, ce qui reste, c’est la passion. Je ne concours pas pour nourrir ma famille ou pour prouver quoi que ce soit. J’ai juste envie d’assouvir ma passion d’aller en mer, de faire une aventure extrême. J’ai l’impression que je n’ai pas encore épuisé toute mon énergie pour ça. C’est quelque chose qu’on ressent et qu’on explique difficilement avec des mots.


Votre participation porte également un message fort puisque votre bateau a été rebaptisé « Oceans »

Oui, c’est précieux de pouvoir naviguer et disputer des courses en étant en harmonie avec la planète. Nous ne pouvons pas nuire aux océans et à la vie animale. Ce sont des préoccupations que j’ai depuis mes 15 ans et nous voyons bien que la situation se dégrade de plus en plus. À nous de permettre aux bateaux d’être complètement autonomes en énergie, de veiller à limiter les risques de collision avec les cétacés. Et forcément, ça m’a donné encore plus envie de faire une action positive. 


À travers la bannière « Océans », vous soutenez en effet deux associations guadeloupéennes…   

Oui, il s’agit de l’École de la mer et l’IGREC Mer. La première sensibilise les plus jeunes au respect du monde marin. Elle propose des animations, des ateliers, des sorties en milieu naturel. De son côté, IGREC Mer s’attache à soigner les tortues marines blessés, à restaurer les coraux et sensibiliser tous les publics. Ce sont des projets qui permettent de rapprocher les jeunes et les Guadeloupéens de la mer et d’en découvrir toutes les richesses. C’est gratifiant de disputer une course pour la bonne cause. Même si l’équilibre financier est encore un peu délicat – je recherche quelques mécènes ou partenaires supplémentaires -, je trouve ça particulièrement agréable. Et c’est une belle source de motivation ! 

* Initiative Guadeloupéenne pour la restauration des écosystèmes marins.


Article présenté par ZEISS

  • Feb 24
  • 3 min read

In 2022, he discovered the Route du Rhum - Destination Guadeloupe in an IMOCA. He will return in 2026, but Guirec Soudée is currently focused on one of the most radical challenges in modern ocean racing: he is currently circumnavigating the globe, in reverse, solo, in an Ultim trimaran. With Guirec Soudée, nothing is ever quite as expected. And that is precisely why he naturally finds his place in the Route du Rhum - Destination Guadeloupe.

Guirec Soudée at the helm of his Ultim MASCF
©Armel Vrac

Going against the grain, literally

A round-the-world voyage “in reverse” is more than just a slogan. It means sailing against the prevailing winds, confronting westerly depressions instead of using them, and dealing with cross seas and more unstable weather. Going against the grain of the routes dictated by global circulation, Guirec Soudée prioritizes challenge and resilience in the face of the elements.

Aboard the Ultim MACSF, a robust trimaran built for high performance, the objective is clear: to add his name to the lineage of skippers who have made sailing against the prevailing winds a field of exploration. The benchmark solo record against the prevailing winds remains that of Jean-Luc Van Den Heede (122 days 14 hours in a monohull). The challenge is immense. It is also perfectly aligned with the Breton skipper's career path.


Guirec Soudée, an adventurer turned runner

Before being a pure product of offshore racing, Guirec Soudée is an adventurer-skipper. His taste for the open sea was forged far from the classic circuits, in challenging voyages, extraordinary projects, and crossings that built an uncommon physical and mental resilience.

What's striking about him isn't just his audacity. It's his luminous determination. He doesn't choose the easy path. He chooses the route that forces him to push his limits. This blend of raw enthusiasm and methodical tenacity has become his signature.

Offshore racing provides him with a framework. He brings to it a dimension of adventure.


The MACSF Ultim gliding across the ocean
©Armel Vrac

Where does it stand?

Alone against the elements, Guirec Soudée is currently in the midst of his round-the-world voyage in reverse. This challenge is not a simple expedition: it's a high-precision undertaking, unfolding mile after mile. Sailing against prevailing winds and currents demands a unique understanding of weather patterns, meticulous management of fatigue, and constant vigilance to protect his Ultim trimaran in often choppy, head-on seas.

Every day spent at sea is a laboratory. It's not a media stunt, but a thorough preparation where every optimized system and every storm weathered enriches his expertise. By confronting the "impossible" today, he reduces the element of uncertainty tomorrow. And while he charts his course against the current, his gaze is already fixed on the horizon of 2026.


2022: Learning about Rum

During the 2022 edition of the Route du Rhum - Destination Guadeloupe, Guirec Soudée discovered the unique intensity of the solo transatlantic race between Saint-Malo and Guadeloupe. A legendary start, demanding weather, a dense fleet, constant pressure.

There he learned the discipline of the pace, how to manage the weather transitions of the Atlantic, and the sometimes unpredictable brutality of the Bay of Biscay. A first participation that laid a solid foundation.

The Route du Rhum - Destination Guadeloupe is never just a simple crossing. It's a revelation.


2026: Returning with a new world

In 2026, Guirec Soudée will once again be at the starting line in Saint-Malo. This time, with the experience of a Vendée Globe and a round-the-world race against the current in his legs and in his mind.

This return is not anecdotal. It is part of a logical trajectory: to confront adventure with pure performance, to transform extreme experience into strategic efficiency on a benchmark transatlantic race.

The Route du Rhum - Destination Guadeloupe has always attracted skippers who dare to dream big. Skippers capable of combining cutting-edge technology, total commitment, and a sense of exploration. Guirec Soudée belongs to this rare category: that of skippers who don't simply follow the route, but question the very meaning of the journey.

To sail against the world, then line up in Saint-Malo facing the Atlantic. There's an almost self-evident logic to it. The Route du Rhum - Destin was born from the dream of great skippers and great adventurers. In 2026, one of them will return with, in his wake, a challenge that will have redefined his own map of what's possible.


Follow Guirec on his reverse world tour ⬇️


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