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From October 20 in Saint-Malo | From November 6 in Guadeloupe

Pink Poppy Flowers

C’est un horizon encore lointain pour les concurrents de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Ce moment où ils découvriront la terre face à eux, la Guadeloupe qui se dessinera au bout de leur étrave. Pourtant, tous savent qu’il restera encore beaucoup à faire. Le contournement de l’île est particulièrement délicat : il faut passer la tête à l’Anglais, virer de bord à la bouée de Basse-Terre, traverser le Canal des Saintes... Il convient de résister aux courants, aux dévent, aux caprices de la météo et à la fatigue qui ronge.  Il faudra tenir, donc, jeter ses dernières forces dans la bataille et conserver un maximum de sang-froid et de concentration avant de franchir enfin la ligne d’arrivée. Enfin, ils pourront prendre une profonde inspiration, ressentir la chaleur antillaise et savourer leur retour à terre.


Tous contribueront ainsi à écrire la foisonnante histoire qui relie la Route du Rhum à la Guadeloupe depuis 1978. Les Guadeloupéens ont été aux premières loges des grandes transformations de la course au large : l’émergence des multicoques, la folie des Orma, les foils sur les IMOCA , la nouvelle ère des Ultim… À eux aussi, les émotions les plus fortes, la victoire fondatrice de Mike Birch (1978), l’arrivée triomphale de Florence Arthaud (1990), le doublé de Laurent Bourgnon (1994, 1998), le duel Joyon-Gabart (2018), le record de Charles Caudrelier (2022)... Des exploits qui ont marqué l’histoire, fait chavirer les cœurs et suscité des vocations des deux côtés de l’Atlantique. 


« Cette course est le rêve de nous tous, s’enthousiasme Victor Jean-Noël, président de la Ligue de voile de Guadeloupe. C’est le rêve de ceux qui souhaitent naviguer, de ceux qui admirent ces femmes et ces hommes qui traversent l’Atlantique, de ceux qui se disent : « pourquoi pas moi ? » Ulysse Pozzoli (Earwen, Class40) fait partie de ces Guadeloupéens qui seront sur la ligne de départ : « J’ai grandi avec tous ces grands marins et, depuis, mon objectif a toujours été de participer à la Route du Rhum », raconte-t-il.


Le village de La Marina
©Alexis Courcoux - Le village de La Marina

« Un moment de fête et de partage qui rassemble »

« La Route du Rhum, c’est la plus grande des courses au large, poursuit Ulysse. C’est un moment de fête et de partage qui rassemble. Nous avons tous eu beaucoup d’admiration et de respect pour ces marins qui vont au bout de cette incroyable aventure ».  En accueillant avec ferveur et passion ces femmes et ces hommes de mer, les Guadeloupéens ont tissé au fil du temps un rapport fort avec la course au large. Et progressivement, plusieurs d’entre eux ont sauté le pas en devenant acteurs de la course.


Aux côtés d’Ulysse, Rodolphe Sepho (Rêve de large, Class40), Yannick Rebuffat (Mussulo40, Class40) et David Ducosson (Trilogik, Vintage Multi) se préparent à disputer la prochaine édition depuis la Guadeloupe. À cette liste s'ajoutent Keni Piperol (Drépavoile, Class40) installé en métropole mais aussi Thibaut Vauchel-Camus (Solidaire en Peloton, Ocean Fifty) et Damien Seguin (Arkea Handicap International, Vintage Multi) qui ont grandi en Guadeloupe. « Il reste encore beaucoup à faire mais on voit que la voile rassemble les Guadeloupéens, que ce soit avec la voile traditionnelle, le canot saintois ou la course au large », poursuit Ulysse.


Cérémonie d'arrivée en Guadeloupe
©Alexis Courcoux - Cérémonie d'arrivée en Guadeloupe

« Vivre des émotions fortes avec tous les Guadeloupéens »

Pour les Guadeloupéens, la Route du Rhum – Destination Guadeloupe est « bien plus qu’un événement sportif », rappelle Rodrigue Solitude, directeur du Comité du tourisme. C’est un marqueur de l’identité guadeloupéenne, un formidable moyen de faire rayonner notre archipel. La force de la course réside surtout dans le fait que les Guadeloupéens se sont pleinement approprié la course ». En matière de retombées économiques et de rayonnement, l’événement participe en effet à fédérer la population mais aussi à susciter  « des désirs de voyage ». « L’enjeu essentiel dépasse la fréquentation ponctuelle, poursuit Rodrigue Solitude. Ce qui compte, c’est la puissance d’exposition offerte par la Route du Rhum aux îles de la Guadeloupe ». 


Les pouvoirs publics s’y préparent, notamment au sein de la Région où « une équipe dédiée à la Route du Rhum a été constituée avec des spécialistes de l’événementiel », précise Aurélie Deglas, directrice de l’événementiel, de la promotion économique du territoire et cheffe de projet de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Les mairies, les collectivités territoriales, les chambres consulaires, le Comité du tourisme et les partenaires privés sont en ordre de marche afin de susciter une dynamique autour de l’épreuve. « Tous attendent la course avec impatience pour vivre des émotions fortes et permettre aussi des retombées pour tous les Guadeloupéens », souligne Aurélie.

L’implication de la Guadeloupe sera visible dès le départ, à Saint-Malo. Les visiteurs pourront en effet découvrir le pavillon des îles de Guadeloupe qui sera situé à proximité du ponton des IMOCA. Au sein de ce pavillon immersif de 950 m², il sera possible de faire le plein d’informations pour se rendre en Guadeloupe, de découvrir des produits d’artisanat local ou encore de s’immerger dans un espace dédié au rhum. Par ailleurs, l’animation d’un stand de snacking a été confiée aux élèves du lycée hôtelier du Gosier.



Au Mémorial ACTe, « faire dialoguer les mémoires et les récits de l’Atlantique »

De l’autre côté de l’Atlantique, à l’arrivée, plusieurs initiatives seront mises en place. La région Guadeloupe a notamment renforcé sa collaboration avec le Mémorial ACTe, lieu consacré à la mémoire et à l’histoire de l’esclavage, qui est situé face aux pontons d’honneur où accosteront les skippers. « Nous souhaitons saisir cette visibilité afin de faire dialoguer les mémoires et les récits de l’Atlantique », confie Isabelle Vestris, directrice générale du Mémorial ACTe. Objectif ? Que la Route du Rhum - Destination Guadeloupe soit « un moment de transmission, de partage et de mémoire ». Concrètement, le Mémorial ACTe « proposera un programme autour de la notion de Traversée » dans sa programmation et ses actions de médiation.


Le Mémorial Acte
©Alexis Courcoux - Le Mémorial ACTe

Trois villages pour que la fête soit totale

Des initiatives que les spectateurs qui se déplaceront aux arrivées pourront ainsi découvrir. En parallèle, tout a été organisé afin de vivre une expérience à part. Ils pourront ainsi profiter d’un village installé à proximité. Du 5 au 15 novembre, il permettra de ne rien manquer des arrivées, de se restaurer mais aussi de profiter des concerts qui auront lieu chaque soir.

Par ailleurs, lors du premier week-end des arrivées (du 5 au 8 novembre), un village sera mis en place à Basse-Terre. Des expositions, des stands dédiés à la restauration et des concerts auront également lieu. Enfin, la Région a décidé, comme il y a quatre ans, d’installer un troisième village à la marina de Bas du Fort à Pointe-à-Pitre. À vocation pédagogique, il permettra de découvrir l’économie bleue, les métiers de la mer et la nécessité de préserver les écosystèmes marins. De nombreux élèves des écoles aux alentours y sont attendus. Il y a quatre ans, plus de 300 000 spectateurs avaient assisté aux arrivées de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. 



 

 

  • Jul 2
  • 4 min read

The two categories, which are part of the DNA of the Route du Rhum-Destination Guadeloupe, are evolving. The goal: to favor the boats and skippers who have made history in the race. And it's working. On the boat side, there are four ORMA trimarans, the only IMOCA to have won two Vendée Globe races, and numerous other boats that have contributed to writing the legend of offshore racing. As for the skippers, the public will appreciate the participation of a former winner (Francis Joyon), renowned skippers (Jean Le Cam, Damien Seguin, Éric Péron), as well as knowledgeable amateurs eager to live out a dream.


Trimaran Flo at the start of the 2022 Route du Rhum - Destination Guadeloupe
©Ewan Lebourdais / Trimaran Flo au départ de l'édition 2022 de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe

You might have to rub your eyes to believe it. Alongside the technological marvels that are the Ultims, IMOCAs, Ocean Fifties, and Class40s, there are older boats, legends of yesteryear, hulls with a history that thrilled enthusiasts in their time. The Vintage Multi and Mono classes are anything but a nostalgic revival. It's history brought back into the present, an opportunity to breathe new life into legendary boats and excite all lovers of the sport. The name change – from "Rhum Multi" and "Rhum Mono" to Vintage Multi and Vintage Mono – is therefore anything but a semantic shift. Race director Francis Le Goff sums it up in his own way: "The initial principle behind these categories is to encourage the return of the boats and skippers who helped write the history of the Route du Rhum." A reality and a spirit instilled in both multihulls and monohulls by the skippers who have committed themselves. "What's interesting is that we're seeing boats returning that competed in, or even won, the Route du Rhum in their time."


Vintage Multi, "legendary skippers and boats"


One of the major attractions of the 2026 Route du Rhum-Destination Guadeloupe will undoubtedly be the presence of four ORMA trimarans, those legendary multihulls from the 1990s and 2000s. And on board will be renowned skippers: the winner of the 2018 edition, Francis Joyon ( Pour les Océans ), Damien Seguin ( Arkéa-Handicap International) , Éric Péron ( French Touch Oceans Club ), and Gilles Lamiré ( Groupe GCA ). "What's interesting is that it will compress the time frame," explains Francis Le Goff. "The first boats could arrive between the Ultim trimarans and the Ocean Fifty trimarans."


In short, if the conditions aren't too harsh, they can expect to cross the Atlantic in 8 to 10 days. "With well-known skippers, legendary boats, and a short race, it's going to generate a lot of interest from the public and the media." However, the challenge isn't without its dangers. "We know these boats are unpredictable, and there have been many incidents in the past," Francis Le Goff points out. "It will require constant vigilance from the skippers, but also from the race management."

Within the Vintage Multi class, there are also two other big names in offshore racing: Roland Jourdain (We Explore) and Marc Guillemot (Dazeilad). Both skippers are committed to an eco-responsible approach. "Bilou" will indeed be competing in the race with his boat made of flax fiber, while Marc Guillemot has salvaged several components from other boats (the spar from Jean Le Cam's IMOCA, Damien Seguin's daggerboards, the rudders from a former Jérémie Beyou boat, etc.). Also noteworthy in this category is the presence of the ever-present Charlie Capelle ( Acapella – Proludic – La Chaîne de l'Espoir, Vintage Multi) . The oldest competitor in this edition, at 71 years old, he is indeed participating in the race for the 7th time aboard a small 38-foot trimaran (the minimum size required to start, according to the Notice of Race). This is a boat inspired by the first winner of the Route du Rhum, Mike Birch.


Trimaran Acapella during the Route du Rhum parade - Destination Guadeloupe 2022
©Arnaud Pilpré / Trimaran Acapella lors de la parade de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2022

Vintage Mono, knowledgeable enthusiasts, and beautiful stories


Here again, the category remains true to the DNA of the Route du Rhum. "There are many amateurs, passionate sailors who want to compete in a major race while facing the challenging conditions of autumn," explains Francis Le Goff. "And then there are also some legendary boats." Among them is the former Kriter VIII, the "Grand Cigare," designed by Michel Malinovski and famous for its three consecutive Route du Rhum victories in 1982, 1986, and 1990. Wilfried Clerton, who participated in the last two editions, will be at the helm. Hugo Lefort will be aboard the Cigare Rouge, launched in 1991 by Jean-Luc Van Den Heede, which has three Vendée Globe races under its belt (Catherine Chabaud, Joe Seeten, Karen Leibovici). Architect Christophe Bachmann also has a renowned boat, Grain de Sable . This is the former Adrien with which Jean-Luc Van den Heede had beaten the round-the-world record against the prevailing winds, a monohull which was later taken over by Maud Fontenoy.


Titouan Caradec aboard his vintage monohull "Eurvad"
©Elisa Neve / Titouan Caradec à bord se son Mono Vintage "Eurvad"

Tanguy Caradec's Route du Rhum (Eurvad) will be followed with great interest, as he follows in the footsteps of his father, an offshore racing legend who tragically died during the 1986 edition. Tanguy will be at the helm of a 50-footer, as will Patrick Isoard ( USHIP for Enfants du Mékong ) and Titouan Pilliard ( Use it Again for Youth ). The latter, son of Romain, who is also competing in the Vintage Multi class, is taking on a formidable challenge at just 20 years old. In any case, the competition in this category promises to be fierce, especially since Jean Le Cam, who has undertaken the restoration of a Swan 59 for the occasion, will also be a contender.


Kieran Le Borgne, who competed in his first Route du Rhum-Destination Guadeloupe four years ago in the Class40, has also embarked on a restoration project by acquiring a legendary former IMOCA. This is Aito , the only boat to have won two Vendée Globe races under the PRB banner, first with Michel Desjoyeaux in 2000-2001 and then with Vincent Riou in 2004-2005. "Kieran is a pioneer in his own way: we can expect that in the future, other skippers will want to take the helm of older generation IMOCAs." Like the 26 skippers competing in the Vintage Mono and Vintage Multi classes this year, they will contribute to the vitality of a category where giving a second life to legendary boats is so valued.

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